Au XIXe siècle, le mouvement pangermaniste et antisémite de Georg Ritter von Schönerer choisit le bleuet comme emblème, d'où son surnom de « fleur prussienne »[1].
Lorsque le chancelier Engelbert Dollfuss interdit le parti nazi en Autriche en 1933, les sympathisants du nazisme adoptent le bleuet comme signe de reconnaissance discret, en substitution à la croix gammée prohibée jusqu'à l'Anschluss[1].
En Autriche contemporaine, le Parti de la liberté d'Autriche perpétue cette tradition jusqu'en 2017[2], ses députés arborant auparavant le bleuet à la boutonnière lors des sessions inaugurales du Parlement, notamment en 2006, 2008 et 2013, ce qui suscite plusieurs controverses[1]. Le FPÖ justifie le port de cette fleur comme symbole de la couleur du parti et des idéaux libéraux du Printemps des peuples, et réfute toute connotation nazie[2]. Pour l'historien Bernhard Weidinger, cette tradition démontre que le FPÖ « cultive une certaine ambivalence à l'égard du passé »[3]. En 2017, le FPÖ lui substitue une Edelweiss. Ce changement est interprété comme une tentative de normalisation de l'image du parti[2].
En 2019, André Poggenburg, ancien responsable régional de l'Alternative pour l'Allemagne en Saxe-Anhalt, choisit cette fleur comme logo de son nouveau parti d'extrême droite, Aufbruch der Deutschen Patrioten[4].