Représentant de l'aile droite de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), il préside la section régionale du parti en Saxe-Anhalt de 2014 à 2018 et dirige le groupe parlementaire AfD au Landtag de Saxe-Anhalt de 2016 à 2018. En 2018, un discours aux accents racistes le contraint à démissionner de ses fonctions. En , il quitte l'AfD pour fonder l'Aufbruch deutschen Patrioten (Éveil des patriotes allemands).
Formation
André Poggenburg naît le à Weißenfels, en Saxe-Anhalt[1]. Après l'obtention d'un diplôme professionnel de commerce en 1994, il dirige de 1996 à 2016 une entreprise spécialisée dans les radiateurs automobiles. Il obtient par la suite une reconnaissance professionnelle comme constructeur de réservoirs et d'appareils en 2009, puis une qualification de technicien en gestion d'entreprise par correspondance en 2010[1],[2].
Carrière politique
Poggenburg entre à l'Alternative pour l'Allemagne fin 2013[3],[4]. Il fonde la section locale de l'arrondissement du Burgenland et la dirige de 2013 à 2015, puis de 2017 à 2019[4],[2]. En , il devient président de la section AfD de Saxe-Anhalt, à l'issue d'un congrès où il l'emporte avec 62% des voix face à deux concurrents[3],[4]. Il siège au bureau fédéral du parti de 2015 à 2017[2].
Lors des élections régionales de 2016 en Saxe-Anhalt, il mène la campagne de l'AfD, qui obtient 24,3% des voix et devient la première force d'opposition au Landtag de Saxe-Anhalt, dont il prend la présidence du groupe parlementaire[4]. Son style de direction autoritaire, ses tentatives d'écarter les voix dissidentes et la radicalisation de son discours lui valent de vives critiques au sein même de son parti[4].
En , la direction de l'AfD adresse un avertissement à Poggenburg après la publication par le site Linksunten de messages au sein d'un groupe WhatsApp interne au parti dans lesquels il emploie le slogan «Deutschland den Deutschen» («L'Allemagne aux Allemands»), expression associée aux groupes néonazis, notamment le Parti national-démocrate d'Allemagne[5].
En , Poggenburg prononce un discours au sein duquel il qualifie les Turcs d'Allemagne de «conducteurs de chameaux» devant retourner «loin, loin, loin derrière le Bosphore, dans leurs huttes d'argile et avec leur polygamie», et désigne les personnes binationales de «racaille apatride»[6],[7]. Le politologue Hajo Funke(de) compare ce discours à ceux de Joseph Goebbels[6]. Le bureau fédéral de l'AfD adopte à l'unanimité un blâme formel contre Poggenburg[6]. Des membres de la faction régionale de Saxe-Anhalt lui retirent leur confiance lors d'une réunion confidentielle[7]. À la suite de cette affaire, Poggenburg démissionne de la direction régionale et de la présidence du groupe parlementaire de l'AfD en Saxe-Anhalt en [4],[7].
En , Poggenburg quitte l'AfD, qu'il accuse d'un tournant à gauche et d'avoir trahi ses promesses électorales, pour fonder sa propre formation, l'Aufbruch der deutschen Patrioten (Éveil des patriotes allemands). Le logo du nouveau parti reprend le bleuet, fleur associée au pangermanisme depuis le xixesiècle et utilisée comme signe de reconnaissance secret par les membres du parti nazi en Autriche dans les années 1930[8].