Blida (Liban)

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Blida
Administration
Pays Drapeau du Liban Liban
Gouvernorat Nabatieh
District Marjayoun
Géographie
Coordonnées 33° 08′ 18″ nord, 35° 30′ 29″ est
Localisation
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Blida
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Blida

Blida est une municipalité libanaise située dans le caza de Marjeyoun et le gouvernorat de Nabatieh. Elle s'élève à une altitude de 630 mètres au-dessus du niveau de la mer et s'étend sur une surface de 13.3 km².

Sous l’Empire ottoman, la municipalité de Blida relevait du caza de Marjayoun, et de l’un des huit mouhafazats (gouvernorats) du Liban. Blida est à 118 kilomètres de Beyrouth, la capitale. Sa superficie est de 1330 hectares (13,3 km²).

Selon E. H. Palmer, le nom Belidet signifie "le petit village"[1].

Histoire

Empire ottoman

La mosquée du village est reconstruite par Nasif al-Nassar (en) après la bataille du lac Houla (en), en 1771[2].

En 1881, le rapport du Palestine Exploration Fund le décrit comme un village construit en pierre, avec une mosquée et peuplé d’environ 150 musulmans, situé sur une crête, avec des figuiers, des oliviers et des terres cultivables. Une citerne et une bonne source à un mile au sud-est du village fournissent l‘eau[3].

XXe siècle

À la fin de la Première Guerre mondiale, la création du Liban coupe Blida de son environnement économique et social : les relations avec la Syrie sont coupées ; ceci est aggravé après 1948, toutes les relations avec la Palestine sont coupées[4]. Sa position à proximité de la ligne bleue en fait un village stratégique, d’autant qu‘elle n’a jamais été délimité précisément autour de Blida[4]. La politique de colonisation israélienne vise aussi le sud du Liban, et c’est à cette politique que Blida est confrontée depuis 1948[4].

Blida est occupé par Israël lors de la guerre israélo-arabe de 1948 : les habitants doivent fuir, mais peuvent revenir au bout d’un an. Ils perdent néanmoins environ 80 % de leurs terres cultivables, qui se retrouvent en Israël et sont saisies par l’État hébreu[4]. La ligne bleue passe à côté du village, et n‘a jamais été délimitée précisément. Les forces armées libanaises ont notamment émis des réserves sur le tracé provisoire proche de Blida, à cause d’un puits à l’importance symbolique et pratique essentielle. Ceci concerne une bande de terrain de quelques dizaines de mètres[5].

À partir des années 1960, le village subit des raids, des attaques et des infiltrations israéliennes[4]. Dans les années 2000, ces violations de la frontière par air et par terre sont presque quotidiennes[4].

Dans les années 1970, le toit de la mosquée est réparé et un minaret est construit[2]. Blida est occupée une deuxième fois par Israël en 1978, puis à partir de 1982. L’occupation dure vingt-deux ans au total[4].

XXIe siècle

En décembre 2008, l’armée israélienne kidnappe deux habitants du village, les frères Ismaïl, alors qu’ils travaillaient dans leurs oliviers près de la frontière. Des dobermans sont utilisés lors de cette opération, qui mordent sévèrement les deux hommes. Ils sont libérés le lendemain, après interrogatoire[4].

En 2009, la médiation de la FINUL permet d’obtenir un accord en faveur des habitants de Blida, qui peuvent désormais aller s’occuper de leurs oliviers sur leurs terres qui se retrouvent du côté israélien de la ligne bleue. Cet accord est resté en application jusqu’en mars 2011[5].

Au printemps 2013, la FINUL offre une citerne de stockage d’eau potable de 400 m³ au village[4].

En 2014, la municipalité commence de restaurer le puits, qui a une grande importance symbolique pour le village (il est lié au récit de fondation dans lequel Moïse intervient). La FINUL s’y oppose immédiatement, une partie du sous-sol n’étant pas situé au Liban : les travaux sont donc suspendus. Plusieurs manifestations des villageois ont lieu vers le puits pour affirmer leur revendication, la principale en mai 2014[4]. Les travaux reprennent en décembre 2016, lorsque la position du Hezbollah vis-à-vis de la guerre civile syrienne est mieux définie. L’achèvement des travaux donne lieu à une grande fête, célébrés comme une victoire sur Israël[4].

Guerre du Liban (depuis 2023)

Le déclenchement de la guerre de Gaza s’accompagne d’une offensive israélienne contre le Hezbollah au Liban, appelée guerre entre Israël et le Hezbollah. Le village de Blida est particulièrement touché : en octobre 2024, un quart des maisons étaient détruites et plus de la moitié partiellement détruites, soit 77 %[2]. Les infrastructures essentielles ont été détruites par Israël : la mosquée historique du prophète Shuaib, réservoir et réseau d’eau, réseau d’électricité, les télécommunications, les cimetières, les trois écoles, les lieux de culte chiites, ainsi que les commerces et les station-services[6]. La mosquée a été bombardée le 28 avril 2024, sans dégâts majeurs. Entre le 5 et le 14 octobre 2024, elle est totalement détruite au bulldozer[2].

Le 21 février 2024, un combattant et deux secouristes du Hezbollah sont tués à Blida par un bombardement israélien[7]. Le 17 avril, les combats entre l‘armée israélienne et le Hezbollah font trois morts dans les rangs de la milice[8]. Le 14 septembre, deux bâtiments de Blida sont détruits par un bombardement israélien[9]. Le 17 septembre, deux combattants du Hezbollah sont tués par l’armée israélienne à Blida[10]. Visé par des tirs d’artillerie israélienne dans la journée, Blida est le théâtre d’un combat entre des paramilitaires du Hezbollah et l’armée israélienne le 8 octobre 2024[11]. D’autres combats ont lieu sur les hauteurs de Kanaan, le 13 octobre[12]. C’est dans cet intervalle de temps (entre le 5 et le 21 octobre 2024 au moins) que l’armée israélienne a détruit au bulldozer des dizaines de maisons et arraché des arbres[2].

Malgré l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah en novembre 2024, le village est toujours la cible de bombardements et d’incursions israéliennes. Le village a aussi subi des bombardements chimiques qui ont détruit toute vie[13].

La mosquée Al-Nabi Shu'ayb de Blida, qui a une histoire vieille de mille ans, a été détruite[2].

Dans la nuit du 29 au 30 octobre 2025, l‘armée israélienne, dans le cadre de son opération de nettoyage du Sud-Liban, fait une incursion à Blida et abat l’employé municipal, qui dormait à la mairie, son domicile ayant été démoli lors d’un bombardement israélien[14], un an après le cessez-le-feu jamais respecté par Israël[15]. Le 11 février 2026, une famille qui était parvenue à se réinstaller au village est chassée de nuit à la grenade, puis sa maison détruite à l’explosif. Mais 300 des habitants du village sont retournés y vivre (début 2026)[6]. Actuellement, ces quelques centaines de personnes vivent sous occupation administrée par drones, lancés depuis le poste israélien d’al-Bayyad, construit en territoire libanais. Le 18 novembre 2025, un civil a été abattu par drone[16].

Le 18 avril 2026, au cours de sa guerre contre le Hezbollah, Israël instaure une ligne jaune au nord de la frontière internationalement reconnue. Cette ligne jaune crée une zone tampon sous occupation israélienne de 62 villes et villages, dont Blida[17],[18],[19].

Démographie

En 2014, les musulmans représentaient 99,68% des électeurs inscrits à Blida. 98,55% étaient chiites[20].

En 2024, de 9000 à 11 000 habitants sont enregistrés à Blida, dont de 1000 à 2000 y vivent à l’année. Les autres résident principalement à Beyrouth ou à l’étranger[4].

Enseignement

Établissements d’enseignementBlida (2005–2006)Liban (2005–2006)
Écoles22788
Écoles publiques21763
Écoles privées01025
Élèves des écoles publiques200439 905
Élèves des écoles privées0471 409

Lieux et monuments

Voir aussi

Notes

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