Blue Stockings Society
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The Blue Stockings Society (en français « société des bas bleus ») est un mouvement social et éducatif informel de femmes anglaises du milieu du XVIIIe siècle qui mettait l'accent sur l'éducation et la coopération mutuelle.
La société est fondée au début des années 1750, entre autres par Elizabeth Montagu et Elizabeth Vesey, en tant que club de discussion littéraire, une révolution par rapport aux activités traditionnelles non intellectuelles des femmes. En effet, l'étude académique était réservée aux hommes et il était peu répandu qu'une femme s'instruise et échange sur la littérature et l'art.
Initialement, cette société informelle dépasse les confins de genre ou de position sociale, le trait principal étant les échanges entre les individus, créant une communauté intellectuelle. Toutefois, l’importance et la différence du cercle est que la pensée féminine y est encouragée et mise en valeur. En ce sens, ses membres partagent les principes de socialisation des salonnières françaises de la même époque comme Julie de Lespinasse, Suzanne Necker ou Marie-Thérèse Geoffrin[2].
Les femmes de ce cercle sont issues d'une position privilégiée avec une éducation plus élevée que la norme de l'époque. Elles ont souvent été encouragées et soutenues par des membres de famille ou des amis libéraux ce qui les place en mesure de développer leurs ambitions littéraires et culturelles. Cela leur donne accès à des ressources académiques et économiques afin d’approfondir leurs connaissances tout en ayant un support qui leur permet de se détacher des attentes sociétales[2].
Les membres ne sont par ailleurs pas exclusivement féminins, Montagu et Vesey accueillent dans leur salon autant hommes que femmes de la haute société comme William Pulteney, comte de Bath ou Lord Lyttelton, mais aussi des hommes instruits dans leur domaine comme l’acteur David Garrick et son épouse Eva Marie Weigel ou le botaniste, traducteur et éditeur Benjamin Stillingfleet qui a donné le nom au groupe[2]. Ce dernier n'étant pas assez riche pour se payer la tenue formelle qui incluait des bas de soie blanche, a assisté aux rencontres portant des bas de laine peignée bleue, lesquels faisaient habituellement partie de la tenue d'ouvriers. Le terme « bas bleus » faisait donc d'abord référence au caractère informel des rencontres, avant de devenir synonyme d'une femme instruite dans les années 1770, en référence à l'activité littéraire féminine du groupe[3].
Activités
Le cercle étant une société informelle, il ne possède pas de membres officiels et ne requiert pas de frais d'admissions. Il s'organise lors de rencontres, tel un salon, où sont échangées des recommandations de lecture et des réflexions sur des œuvres, aussi bien historiques que contemporaines. Elizabeth Montagu mentionne par exemple les mémoires des écrivaines françaises du XVIIe siècle telles que madame de Sévigné ou madame de Maintenon[4], mais elle participe aussi à la révision des écrits des autres membres du groupe[4]. Cette pratique encourage la culture littéraire et la critique, ce qui donne une organisation intellectuelle au cercle. Ce principe d’échange n’est pas nouveau puisqu’il se faisait déjà dans les instituons littéraires, mais celles-ci étaient réservées à la gente masculine comme le Literary Club qui partageait des membres avec la Blue Stockings Society et dont l'époux d'Elizabeth Vesey faisait partie. Ce qui est remarquable ici est la création d’un espace pour que les femmes puissent apprendre, échanger et diffuser leurs pensées[4].
Dès les années 1770 le cercle ne se limite plus aux confins de Londres et de ses membres initiaux. Les bluestockings deviennent alors ces personnes interagissant en société de façon plus large pour promouvoir la littérature et l'éducation des femmes dans toute l'Angleterre[5]. Pendant son existence, les membres de la Blue Stockings Society étaient reconnues pour leur intellect et leur participation à la vie culturelle du pays. Elles ont eu un impact en publiant elles-mêmes des ouvrages ou en étant mécènes et participant à la diffusion d’autres auteurs et artistes britanniques[2]. Dans cette même décennie le cercle intervient de plus en plus dans les discussions publiques puisque ses membres deviennent des poètes, peintres, journalistes actives et reconnues[6]. Leur influence est grandissante et se ressent dans les travaux littéraires de la fin du siècle, participant à défendre l'éducation féminine.
Postérité

À la fin du siècle, l’atmosphère de la Révolution Française répand une anxiété culturelle jusqu’en Angleterre et crée une méfiance envers la place que prennent les femmes dans les cercles sociaux et intellectuels. En démontrant publiquement leur envie d’apprendre et d’échanger sur des réflexions intellectuelles, les femmes membres de la Blue Stocking Society s’éloignent des critères voulus par la société. De plus, les approches politiques de certains membres comme Mary Wollstonecraft provoquent de la méfiance[4]. Les avis des contemporains divergent, certains relevant que le bas-bleuisme a permis de rendre l'instruction respectable pour les dames, tandis que d’autres regrettent l’empiètement des femmes dans la sphère masculine[2]. Au début du XIXe siècle le terme de bluestocking obtient une connotation négative. Les auteurs romantiques visent en effet à protéger l’emprise masculine sur les institutions littéraires en discréditant la participation des femmes de la Blue Stocking Society[2]. Des gravures
Membres notables
- Anna Laetitia Barbauld
- James Beattie
- Frances Boscawen
- Henrietta Maria Bowdler
- Edmund Burke
- Frances Burney
- Elizabeth Carter
- Margaret Cavendish-Harley, Duchesse de Portland
- Hester Chapone
- Mary Delany
- Sarah Fielding
- David Garrick
- Samuel Johnson
- Catharine Macaulay
- Elizabeth Montagu
- Hannah More
- Amelia Opie
- William Pulteney, 1er comte de Bath
- Clara Reeve
- Sarah Scott
- Sir Joshua Reynolds
- Catherine Talbot
- Hester Thrale
- Elizabeth Vesey
- Horace Walpole
- Anna Williams
- Mary Wollstonecraft