Blues for Bouffémont
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| Genre | Jazz |
|---|---|
| Label | Fontana, Black Lion |
Blues for Bouffemont parfois connu ou décrit dans certaines versions comme The Invisible Cage, est un album enregistré en studio, en France peu avant de revenir aux États-Unis par le pianiste américain de jazz Bud Powell avec Michel Gaudry à la basse et Art Taylor à la batterie. Bud Powell est mort le peu de temps après sa sortie du Sanatorium de Bouffémont, où il a passé trois ans[1].
Bud Powel vient jouer au Club Saint-Germain de Paris en 1957, accompagné de Pierre Michelot et Kenny Clarke[2]. En 1959, il s'installe en France à l'automne, où il a rejoint son ami Kenny et où il est apprécié et hébergé par le pianiste Francis Paudras, qui collabore à des revues de jazz et des émissions radio, et veille sur lui de crainte qu'il ne retombe dans la drogue[3]. Leur amitié a inspiré Autour de Minuit, de Bertrand Tavernier, qui contera en 1986 l'histoire d'un saxophoniste afro-américain qui vit à Paris dans les années 1950 à l'hôtel La Louisiane[4].
Cependant, il tombe gravement malade, nécessitant des soins d'urgence à l'hôpital Foch de Suresnes. Bud Powell, malade de la tuberculose, est arrivé très affaibli et très amaigri le , en chambre individuelle au Sanatorium universitaire Jacques Arnaud, un établissement situé sur la commune de Bouffémont, près de Paris, dans le département du Val-d'Oise[5]. Il est très choqué d'apprendre trois jours après, l'assassinat du président Kennedy. Philippe Koechlin écrit sur sa situation dans Jazz Hot, qui relate en un projet de film puis lance le à la Salle Wagram "six heures de concert" pour régler ses frais médicaux[6]. Bud Powell est ensuite interviewé à Bouffémont par le pianiste de jazz Henri Renaud, alors à la tête du département Jazz de CBS France[7].
Le docteur Joussaume, qui dirige le sanatorium, estime que le moral aidera à sa guérison. Powell joue fréquemment sur le piano de l'établissement, accepte d'y donner des concerts privés et y écrit Blues for Bouffémont[1],[8], titre de son dernier album avant son décès en 1966, année de sa sortie de Bouffémont[1].
De retour chez les Paudras, il retrouve rapidement son aisance au piano[9], et se prépare à un séjour au mois d’août sur la côte normande[9]. Mais une invitation, ce mois-là, à New York, en résidence à Birdland[9] (d'où il sera renvoyé)[9], modifie le cours des événements. Francis Paudras voyage avec lui et l'accompagne à New York[10] avec le projet de le ramener à Paris, mais Powell disparaît et il revient seul. Une nouvelle descente aux enfers est vécue par le pianiste, avec d’autres hospitalisations, qui mène à sa mort le [9].
Réception
| Périodique | Note |
|---|---|
| AllMusic (Ron Wynn) | |
| AllMusic (Scott Yanow) | |
| DownBeat | |
| The Penguin Guide to Jazz | |
| The Rolling Stone Jazz Record Guide | |
| The Virgin Encyclopedia of Jazz |
La réception de la critique a globalement été bonne. Ron Wynn a salué une musique « grouillante, parfois irrégulière mais toujours brûlante » tandis que Scott Yanow a jugé cet album « meilleur que prévu et probablement le dernier enregistrement valable [de Powell] ».
Un critique de Billboard a jugé Powell « vivant et en bonne santé » et souligné que « ses explorations à deux mains sont en grande partie ce qu'était le bebop. » [17]
Trevor Tolley, critique de Coda (en) a fait remarquer au contraire que « le doigté est mauvais : même lorsqu'il frappe les bonnes notes, il y a un manque de contrôle du ton et de l'emphase. » [18]
Jon Balleras, de DownBeat, a publié une critique plus mitigée, recommandant Like Someone in Love et Blues for Bouffemont mais critiquant le doigté des morceaux rythmés[13].