Bonneuil-Matours

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Bonneuil-Matours
Bonneuil-Matours
Le pont suspendu de Bonneuil-Matours sur la Vienne en mai 2013.
Image illustrative de l’article Bonneuil-Matours
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Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Vienne
Arrondissement Châtellerault
Intercommunalité Communauté d'agglomération Grand Châtellerault
Maire
Mandat
Franck Bonnard
2026-2032
Code postal 86210
Code commune 86032
Démographie
Gentilé Bonnimatois
Population
municipale
2 081 hab. (2023 en évolution de −1,09 % par rapport à 2017)
Densité 49 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 40′ 57″ nord, 0° 34′ 17″ est
Altitude Min. 51 m
Max. 141 m
Superficie 42,80 km2
Type Bourg rural
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Poitiers
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Chauvigny
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Liens
Site web https://www.bonneuil-matours.fr/

Bonneuil-Matours est une commune du Centre-Ouest de la France, située dans le département de la Vienne en région Nouvelle-Aquitaine.

Ses habitants sont appelés les Bonnimatois[1].

Géologie et relief

La région de Bonneuil-Matours présente un paysage singulier de plaines vallonnées plus ou moins boisées et de vallées. Le terroir se compose[2] :

  • de bornais (ce sont des sols brun clair sur limons, profonds et humides, à tendance siliceuse) pour 51 %, de terres fortes pour 10 % et de terres de brandes pour 9 % sur les plateaux du Seuil du Poitou,
  • de champagnes ou aubues (ce sont des sols gris clair, argilo-limoneux, sur craie et donc calcaires) pour 15 % sur les collines,
  • de calcaires pour 16 % dans les vallées et les terrasses alluviales.

Communes limitrophes

Hydrographie

La commune est traversée par 10 km de cours d'eau dont les principaux sont la Vienne sur une longueur de km et l'Ozon sur une longueur de km.

Climat

Historiquement, la commune est exposée à un climat océanique du nord-ouest[3]. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Poitou-Charentes, caractérisée par un bon ensoleillement, particulièrement en été et des vents modérés[4].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,7 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 727 mm, avec 11,1 jours de précipitations en janvier et 6,5 jours en juillet[5]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Biard à 23 km à vol d'oiseau[6], est de 12,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 695,3 mm[7],[8]. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d’émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en [9].

Urbanisme

Typologie

Au , Bonneuil-Matours est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[10]. Elle est située hors unité urbaine[11]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Poitiers, dont elle est une commune de la couronne[Note 1],[11]. Cette aire, qui regroupe 97 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[12],[13].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (50 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (50 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (46,1 %), terres arables (19,7 %), zones agricoles hétérogènes (17,7 %), prairies (12,6 %), zones urbanisées (2 %), eaux continentales[Note 2] (1,9 %)[14]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Risques majeurs

Le territoire de la commune de Bonneuil-Matours est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, feux de forêts, mouvements de terrains et séisme (sismicité modérée). Il est également exposé à deux risques technologiques, le transport de matières dangereuses et la rupture d'un barrage[15]. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle[16].

Risques naturels

La commune fait partie du territoire à risques importants d'inondation (TRI) de Châtellerault, regroupant 17 communes concernées par un risque de débordement de la Vienne et du Clain. Les événements antérieurs à 2014 les plus significatifs pour la Vienne sont les crues de (1 670 m3/s à Châtellerault), de (1 520 m3/s), de (1 500 m3/s), de (1 510 m3/s) et de (1 500 m3/s). Les crues historiques du Clain sont celles de 1873 (330 m3/s à Poitiers) et de (330 m3/s). Des cartes des surfaces inondables ont été établies pour trois scénarios : fréquent (crue de temps de retour de 10 ans à 30 ans), moyen (temps de retour de 100 ans à 300 ans) et extrême (temps de retour de l'ordre de 1 000 ans, qui met en défaut tout système de protection)[17],[18]. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1983, 1993, 1995, 1999, 2010, 2016 et 2018[19],[15]. Le risque inondation est pris en compte dans l'aménagement du territoire de la commune par le biais du plan de prévention des risques inondation (PPRI) de la « vallée de la Vienne "médiane" - Section Chauvigny/Cenon-sur-Vienne », approuvé le et par le PPRI « Vienne Communauté d’Agglomération de Grand Châtellerault (CAGC) », prescrit le [20].

Bonneuil-Matours est exposée au risque de feu de forêt. En 2014, le deuxième plan départemental de protection des forêts contre les incendies (PDPFCI) a été adopté pour la période 2015-2024[21]. Les obligations légales de débroussaillement dans le département sont définies dans un arrêté préfectoral du [Note 3],[22], celles relatives à l'emploi du feu et au brûlage des déchets verts le sont dans un arrêté permanent du [23],[24].

Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Bonneuil-Matours.

Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des affaissements et effondrements liés aux cavités souterraines (hors mines) et des tassements différentiels[25]. Afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, un inventaire national permet de localiser les éventuelles cavités souterraines sur la commune[26]. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie[27]. 83,8 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (79,5 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national)[Carte 2]. Depuis le , en application de la loi ÉLAN, différentes contraintes s'imposent aux vendeurs, maîtres d'ouvrages ou constructeurs de biens situés dans une zone classée en aléa moyen ou fort[Note 4],[28].

La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 1989, 1992, 2003, 2005, 2011, 2016 et 2017 et par des mouvements de terrain en 1999 et 2010[15].

Risque technologique

La commune est en outre située en aval des barrages de Lavaud-Gelade et de Vassivière dans la Creuse, des ouvrages de classe A[Note 5]. À ce titre elle est susceptible d’être touchée par l’onde de submersion consécutive à la rupture d'un de ces ouvrages[30].

Toponymie

Le nom de la ville proviendrait pour Bonneuil, de bonoialo. Ce mot est formé à partir du latin bonus et du suffixe gaulois ialo qui indiquent une clairière défrichée. Matours est une corruption du latin monasterium qui signifie : monastère[31].

Histoire

Le sous-sol en calcaire jurassique a longtemps constitué une importante source de revenus pour la population villageoise de Bonneuil-Matours. Le calcaire a été utilisé comme pierre de construction dès le XVIe siècle sur le lieu-dit les Fonds de Masseaux. Contrairement à ce que l’on peut découvrir dans d’autres communes du pays châtelleraudais (à Senillé, à Prinçay, ou à Thuré), les carrières ne furent pas creusées dans le sous-sol, mais continuèrent, comme à l’époque gallo-romaine, à être à ciel ouvert. Les pierres extraites, dite pierres de Damasseau, étaient acheminées par charrettes vers le port et embarquées sur la Vienne jusqu’à Châtellerault. Cette pierre dure fut ainsi utilisée pour la construction des piles du pont de Châtellerault mais aussi, au XIXe siècle pour l’édification des soubassements de l’église de Vouneuil-sur-Vienne.

Le travail des carriers était particulièrement difficile. Il demandait une grande force physique. À l’aide d’un pic à long manche, le carrier creusait dans le front de taille une saignée d’environ 60 cm de hauteur pour isoler le bloc à extraire. Il insérait ensuite dans ce sillon des coins en bois dur et sec avec un maillet. Ce coin était mouillé afin de gonfler et, ainsi, par pression, provoquer une rupture à l’arrière du bloc. Le bloc était, ensuite, débité en pierres de construction qui étaient chargées sur une charrette pour être stockées à l’air libre et séchées, avant d’être acheminée sur les bords de la Vienne.

Les carriers à temps plein étaient rares. C’étaient essentiellement des paysans qui travaillaient à la carrière l’hiver pour s’assurer un complément de revenu. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, cette activité disparut à la suite de l’importance de la mortalité masculine pendant la guerre, d’une désertification des campagnes et du fait, aussi, de la concurrence du ciment entrant dans la confection du mortier qui une fois durcit résiste au gel contrairement au tuffeau.

Bonneuil-Matours accueille favorablement les avancées de la Révolution française. Elle plante ainsi son arbre de la liberté, symbole d'affranchissement. Il devient le lieu de ralliement de toutes les fêtes et des principaux événements révolutionnaires[32].

En 1846, un pont suspendu est construit sur la Vienne : il donne passage aux véhicules allant jusqu’à 5,5 t[33]. Il est reconstruit en 1932 selon une nouvelle technique, avec des câbles à torsion alternative (deuxième pont suspendu au monde à utiliser cette technique aujourd’hui généralisée)[33].

Au début de la Seconde Guerre mondiale, des baraquements sont construits sur la rive gauche, au sud du pont suspendu, pour accueillir des réfugiés belges. Dès et jusqu’à 1944, ces baraquements sont occupés par différentes troupes allemandes. En 1944, c’est un des bataillons de réserve de la 17e division SS qui est installé à Bonneuil-Matours. Il mène diverses opérations contre la Résistance et les SAS de l'opération Bulbasket. En représailles à la mort du lieutenant SAS Stephens, tué à coups de crosse, le camp est bombardé le . C’est le 140e Wing qui est chargé de la mission : il envoie 14 Mosquitos des 21e (Royal Air Force), 464e (Royal Australian Air Force) et 487e squadrons (Royal New Zealand Air Force), armés de bombes américaines M-76 au napalm (c’est la première utilisation militaire du napalm en Europe) et de bombes explosives[34]. Ils sont escortés par 12 Mustang du 65e squadron de la RAF. Le bombardement se fait à 1 000 pieds[34], mais ne place aucun coup au but. Il semble que les aviateurs aient été trompés par les ombres des bâtiments, ou qu’ils aient cherché à épargner le bourg[35]. Cependant, un incendie est tout de même déclenché, et ravage toutes les constructions[36]. Les SS, qui revenaient d’une opération contre les maquis de l’Indre (Bélâbre, attaqué le ), s’abritent dans un fossé : les bombardiers effectuent un deuxième passage pour mitrailler les soldats[35]. Sur les 400 Allemands présents, les bilans varient entre 80 et 100 morts et blessés, à 200 morts pour le plus élevé. Le camp est abandonné[37].

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Liste des maires

Liste des maires successifs[38]
Période Identité Étiquette Qualité
novembre 1947 octobre 1954 Joseph Devergne    
octobre 1954 février 1965 Edmond Menecay    
mars 1965 mars 1983 Guy Granger[39] (1911-1996)   Peintre
mars 1983 juin 1995 Jean Bodin[40] (1923-2018)   Agriculteur
Officier du Mérite agricole
juin 1995 novembre 1997
(démission)
Pierre Tranchant[41] (1929-2011)   Secrétaire de mairie
novembre 1997 mars 2001 Bernard Marteau    
mars 2001 mars 2008 Jean-Luc Mathieu DVD  
mars 2008[42] mai 2020 Isabelle Barreau-Enon[43] (1964- ) UMP-LR Chef d'entreprise
Conseillère départementale du canton de Chauvigny (2015 → )
8e vice-présidente de la CA de Grand Châtellerault
mai 2020 en cours Franck Bonnard SE  

Instances judiciaires et administratives

La commune relève du tribunal d'instance de Poitiers, du tribunal de grande instance de Poitiers, de la cour d'appel Poitiers, du tribunal pour enfants de Poitiers, du conseil de prud'hommes de Poitiers, du tribunal de commerce de Poitiers, du tribunal administratif de Poitiers et de la cour administrative d'appel de Bordeaux, du tribunal des pensions de Poitiers, du tribunal des affaires de la Sécurité sociale de la Vienne, de la cour d’assises de la Vienne.

Services publics

Les réformes successives de La Poste ont conduit à la fermeture de nombreux bureaux de poste ou à leur transformation en simple relais. Toutefois, la commune a pu maintenir le sien.

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[44]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[45].

En 2023, la commune comptait 2 081 habitants[Note 6], en évolution de −1,09 % par rapport à 2017 (Vienne : +0,46 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 2301 3091 4521 2731 3051 4031 4271 4501 508
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 5111 5341 5311 4061 5151 4371 4191 3921 417
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 3061 3231 3141 2191 2331 1851 1561 1841 211
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
1 2271 1471 2361 5101 6421 7081 8871 9302 028
2014 2019 2023 - - - - - -
2 1122 0792 081------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[46] puis Insee à partir de 2006[47].)
Histogramme de l'évolution démographique

En 2008, selon l'Insee, la densité de population de la commune était de 47 hab./km2, 61 hab./km2 pour le département, 68 hab./km2 pour la région Poitou-Charentes et 115 hab./km2 pour la France.

Économie

Selon la direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt, il n'y a plus que 10 exploitations agricoles en 2010 contre 15 en 2000[48].

Les surfaces agricoles utilisées ont augmenté de 17 % et sont passées de 1 hectares en 2000 à 1 hectares en 2010[48]. Ces chiffres indiquent une concentration des terres sur un nombre plus faible d’exploitations. Cette tendance est conforme à l’évolution constatée sur tout le département de la Vienne puisque de 2000 à 2007, chaque exploitation a gagné en moyenne 20 hectares[49].

29 % des surfaces agricoles sont destinées à la culture des céréales (blé tendre essentiellement mais aussi un peu de maïs), 8 % pour les oléagineux (colza et tournesol), 27 % pour le fourrage et 27 % reste en herbes.

3 exploitations en 2010 (même nombre en 2000) abritent un élevage de bovins (676 têtes en 2010 contre 460 têtes en 2000). Les petits élevages d'ovins et de volailles ont disparu en 2010[48].

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

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