Maurice Fombeure
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Cimetière de Bonneuil-Matours (d) |
| Nom de naissance |
Maurice Alphonse Jacques Fombeure |
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Poète, enseignant de littérature, dramaturge, écrivain, nouvelliste |
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- |
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La rivière aux oies, Les godillots sont lourds, A dos d'oiseau (d), Les Étoiles brûlées |
Maurice Alphonse Jacques Fombeure, né le à Jardres (Vienne) et mort le à La Verrière (Yvelines)[1], est un écrivain et poète français, ayant reçu le grand prix de poésie de l'Académie française[2].
Famille
Né le à Jardres[3], Maurice Fombeure est issu d'une famille d'agriculteurs du Poitou[4]. Sa mère, née Daillet, meurt treize jours après sa naissance[5] ; il va alors passer toute son enfance dans le hameau d'Augeron[6], sur la commune de Bonneuil-Matours (Vienne), chez ses grands-parents, en compagnie de son père[5], Louis Fombeure, qui est maire de Bonneuil-Matours de 1935 à 1947[7]. Il est l'époux de Carmen Javauges[3], poétesse, publiant sous le pseudonyme de Carmen Oriol[8] duquel naîtra un fils Jacques Fombeure (1937-1998)[9].

Maurice Fombeure est le cousin[10] du docteur Georges Fombeure[11] ophtalmologiste (1890-1948) collectionneur de porcelaine de Sèvres dont le legs est actuellement visible à la Manufacture et Musée nationaux - Sèvres[12] De nombreux poèmes et textes de Maurice Fombeure lui seront dédiés, en particulier "Ceux des pays de l'ouest".
Il est également cousin au 4e degré de Jean-Jacques Fombeur[13] Poète[14].
Jeunesse et Formation
Maurice Fombeure entame ses études secondaires au collège à Châtellerault, puis intègre l'École normale de Poitiers[5] en 1922. Durant cette période, il rédige ses premiers vers pour "Le diable dans le beffroi" [15] Revue estudiantine Poitevine. De 1926 à 1928[16] en collaboration avec Carmen Javauges, qui deviendra plus tard sa femme. ils multiplient les envois et entretiennent une correspondance soutenue avec Julien Lanoë et écrivent à des personnalités Jean Cocteau et André salmon qui leur retournent des encouragements.
En 1930[3] année de son mariage. il écrit La Rivière aux oies[17] son premier recueil de nouvelles[5], publié en 1932. La même année, ses écrits paraissent dans les cahiers de la NRF avec "Les moulins de la parole"[18]. Alors étudiant à l'École normale supérieure de Saint-Cloud[19], et âgé de seulement 24 ans, ses écrits évoquent une profonde nostalgie et se distinguent par un style différent de celui habituellement associé à l'ENS. Son premier ouvrage établit un thème central dans sa vie : l'attachement à la terre et à la paysannerie.
« Je sais bien aujourd’hui qu’en littérature, après un Ramuz, après un Pourrat, le vent souffle du côté des champs. Mais je n’y puis rien et je n’y suis pour rien » ou encore « J’ai longtemps erré. Je me sentais diminué, incomplet. Je portais mon village en moi comme une maladie dont on sait qu’on va mourir »
Paul Claudel[20] parlera de lui en 1942 en ces termes : "Il faut lire Maurice Fombeure, c'est quelqu'un qui parle français, un certain français, un certain vers français, clair et gai comme du vin blanc".
En 1931, Fombeure effectue son service militaire à Clignancourt au sein du 21e régiment d'infanterie coloniale, il est affecté comme secrétaire au bureau du chef de corps. De cette période naîtra "Soldat" en 1935, son premier succès d'édition chez Gallimard.
Il termine ses études en [21], et devient professeur de lettres. Il enseigne dans un premier temps à l'École normale d’instituteurs des Vosges à Mirecourt. Puis à Arras (Le souvenir d'Arras[22]) en 1934 où il s'installe au 9 rue de la République[23] ; là il se liera d'amitié avec Yves Demailly éditeur de la revue La Hune qui rééditera "Les moulins de la parole" au format poche et rejoindra La société littéraire des Rosati[24]. À cette période, Fombeure travaille sur son troisième recueil de nouvelles "La manille coinché"[23] et commence un roman inachevé " Rue de la Taupanne"[23]. Il demande ensuite sa mutation au collège Saint-Germain-en-Laye, puis au lycée Jean-Baptiste-Say dans le 16e arrondissement, et enfin s'installe définitivement au collège Lavoisier[5] en 1937[19]. Malgré ces changements, il reste profondément attaché à sa région natale, où il retourne l'été partageant ses vacances avec Siaugues Saint Romain d'où Carmen était originaire[25]. Le Poitou et la forêt de Moulière restent sa principale source d'inspiration[5].
À partir de 1938, il s'installe au 6 rue du Vieux-Colombier[26], près de la place Saint-Sulpice à deux pas de la brasserie Lipp[27] qui deviendra son quartier général jusqu'à la fin de son activité littéraire.
Seconde Guerre mondiale
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il fut mobilisé au sein du 57e régiment d'infanterie coloniale[28] avec le grade de sergent, grade bien en deçà de ses hautes études universitaires, mais justifié par un comportement agité lors de son service militaire[29], dont il a tiré un livre intitulé "Soldat"[30].
Déjà reconnu parmi un cercle restreint d'amateurs de poésie, il contribua dès les premiers mois de la guerre, avec Hyacinthe Chobaut, qui était dans ses foyers, à faire livrer des colis aux indigents de sa compagnie ainsi que des livres qu'il fit circuler auprès de ses camarades[31], de cette amitié récente de Chobaut s'ajoute celle d'un autre poète et Caporal-chef de circonstance, René Lacôte[15], avec lequel, il développera une relation amicale très forte et durable[32]. Fombeure le mettra en contact avec, entre autres, Léon-Paul Fargue et Jean Paulhan[15].[33]
Tirant profit de ses expériences de guerre, il rédigea ultérieurement un récit autobiographique intitulé "Les godillots sont lourds"[15], publié par les éditions Gallimard. Cet ouvrage couvre la période allant du jour de sa mobilisation jusqu'à sa libération, offrant un témoignage sur les événements vécus pendant cette période de l'histoire.
Durant la période d'occupation, il contribue activement aux Cahiers de l’École de Rochefort. C'est au cours de cette période troublée qu'il rédige son œuvre "Grenier des saisons", qui comprend l'un de ses poèmes les plus accomplis, intitulé "Solitude". Ce poème évoque avec une intensité particulière la douleur liée à la défaite française et à l'occupation de Paris[34].
« Je marche sans arrêt
Perclus de solitude,
Dans ces déserts mortels
Tout luisants de regards. »
— Maurice Fombeure solitude 1942[35]
Après guerre
En 1946, en collaboration avec Jean-Pierre Grenier, est publiée "Orion le tueur", une pièce de théâtre interprétée par la compagnie grenier et la compagnie Hussenot. Les dialogues et les chansons sont écrits par Maurice Fombeure. La première représentation a lieu en 1946 au Théâtre d'Iéna. C'est un succès critique, et la pièce est jouée jusqu'en 1948 à la Comédie des Champs-Élysées.voir sur gallica [36]
Figure éminente de la scène littéraire française jusqu'aux années 1960 et jury permanent du prix Cazes[37],[38] il s'est illustré dans divers domaines créatifs, tels que la littérature, la musique, le théâtre, la critique littéraire et la participation à de multiples jurys. Il anime des cercles littéraires notamment les « Poètes du mercredi »[39] à la brasserie Lipp[27] où il disposait d'une table attitrée, ainsi que pour sa contribution au groupe « De la Nouvelle Origine » au Café de la Régence. Fombeure n'était pas réputé pour sa sobriété, une caractéristique qu'il n'a jamais cherché à dissimuler et qui divertissait grandement son cercle d'amis, incluant des personnalités comme Robert Sabatier, Marcel Aymé[40], Jacques Prévert et Léon-Paul Fargue, qui ont partagé de nombreuses anecdotes savoureuses à son sujet.
Sa carrière a été notamment marquée par une collaboration remarquable avec Ervin Marton, photographe d'origine hongroise. Cette association a abouti à la création d'un ouvrage dédié à la Ville de Paris, intitulé Paris m'a souri. La collaboration entre Fombeure et Marton est devenue emblématique de l'effervescence culturelle parisienne, reflétant le talent et l'esprit de leur époque. De 1962 à janvier 1981, il a présidé le comité de lecture de la Revue de l'ACILECE.
Il obtient le grand prix de poésie de la Ville de Paris en 1958[réf. nécessaire]. Il est membre de l'académie Ronsard[41]. Malade, il cesse d'écrire à partir de 1966[5]. En 1980, il reçoit le grand prix de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre.
Maurice Fombeure meurt le , hospitalisé dans un centre de la Mutuelle générale de l'Éducation nationale, à La Verrière[42] et il est inhumé à Bonneuil-Matours[41].
En août 2001 Maurice Fombeure entre officiellement dans la liste des auteurs et compositeurs considérés comme classique par arrêté du JORF no 207 du 7 septembre 2001[43].

Prix, décorations et distinctions
Prix
- 1943 : Prix d'Académie pour "Arentelles"[44]
- 1980 : Grand prix de poésie de l'Académie française, pour l'ensemble de son œuvre[45],[2]
Décorations
Hommages
Paul Claudel dit de lui :
« Il faut lire Maurice Fombeure, c'est quelqu'un qui parle français, un certain français, un certain vers français, clair et gai comme du vin blanc, et aussi adroit et prompt dans son empressement dactylique que le meilleur Verlaine, la veine de François Villon et de Charles d'Orléans[5]. »
La Monnaie de Paris a édité une médaille dans sa collection littéraire : Maurice Fombeure 1949 Graveur : LANDRY Annette (1907-1995)[47]
Musée

Un musée lui est consacré à Bonneuil-Matours[21]. On y retrouve des originaux de ses œuvres ainsi que de nombreux effets personnels de l'écrivain.
Noms de lieux
- Une école porte son nom à Bonneuil-Matours (Vienne)
- Une rue porte son nom à Poitiers et à Châtellerault (Vienne)
- Une route Maurice Fombeure à Boulazac
- Un collège porte son nom à Ménigoute (Deux-Sèvres)[48].
- Une rue de Siaugues-Sainte-Marie (Haute-Loire), village de naissance de son épouse Carmen Javaugues (1907-1993)[49], connue comme poétesse sous le nom de plume de Carmen Oriol, et où le couple se rendait en villégiature, porte le nom de « rue Carmen et Maurice Fombeure »[50]


