Dans la première famille, l'ensemble
est l'image réciproque par une application
, une contrainte, d'une partie
d'un autre espace métrique
(même notation pour les métriques de
et
), ce qui s'écrit

En général,
est « plus simple » que
. Alors, on aimerait pouvoir prendre

où
est une constante positive indépendante de
. Cette fonction
est en effet souvent plus facilement calculable que
, en tout cas si l'on peut évaluer
et si la distance à
se calcule plus facilement que la distance à
. La borne d'erreur de Hoffman et les bornes d'erreur de Robinson obéissent à ce modèle.
La première borne d'erreur non triviale a été obtenue pour la distance à un polyèdre convexe. On suppose donc donné un polyèdre convexe
de
, écrit sous la forme suivante

où
est une matrice réelle et
. On note
le cône convexe des vecteurs
tels que
. Pour une norme
sur
(pas nécessairement la norme euclidienne), on cherche à estimer la distance de
à
, qui est définie par

Pour
, on note
le vecteur de
dont la composante
est
. On introduit également une norme
sur
.
En 1952, Hoffman a démontré le résultat suivant.
Si l'ensemble considéré est donné par

où
est
-convexe, en général, on ne peut pas avoir une borne d'erreur du type de celle de Hoffman, c'est-à-dire

sans hypothèses supplémentaires. Des contre-exemples sont donnés par Lewis et Pang (1997[2]), mais on peut aussi considérer le cas du singleton
,
, avec
et
, qui est l'intersection de deux disques tangents extérieurement. L'estimation ci-dessus ne peut avoir lieu en des points de la forme
, car
et
, si bien qu'il faudrait trouver un
tel que
, ce qui ne peut pas avoir lieu pour des
arbitrairement petits.
Il s'avère donc nécessaire d'avoir une hypothèse de qualification de contraintes pour avoir une borne d'erreur linéaire, c'est-à-dire de la forme ci-dessus, ou de prendre une borne d'erreur non linéaire, de la forme
, avec un
.
La borne d'erreur de Robinson (1975[3]) concerne un ensemble convexe défini par des contraintes (ou fonctions) convexes et satisfaisant une condition de Slater. Le cadre est très général, en particulier, la dimension des espaces vectoriels n'est pas supposée finie.
De manière plus précise, on suppose donnés deux espaces normés
et
, dont les normes sont toutes les deux notées
, un ensemble convexe
, un cône convexe fermé non vide
et une fonction
-convexe
. On s'intéresse à une borne d'erreur pour l'ensemble

On suppose que
satisfait la condition de Slater suivante :

où
est la boule unité fermée de
. La borne d'erreur de Robinson majore la distance
d'un point
à
dans l'espace
par un multiple de la distance

de
à
dans l'espace
.
Bornes d'erreur de Robinson — Dans les conditions et avec les notations ci-dessus, on a

Si, de plus,
est borné de diamètre
, alors

La première borne d'erreur de Robinson ne fait intervenir
dans la définition de
, ni par la distance de
à
, ni par le rayon
, mais par l'intermédiaire du point de Slater
. Dans la seconde borne d'erreur, c'est le diamètre
qui prend en compte la présence de
dans
. Un intérêt de la seconde borne d'erreur est de ne plus faire intervenir le point de Slater
.
Ces bornes d'erreur ont été étendues au cas d'ensembles non convexes (voir ci-dessous).
Voir Guoyin Li (2013[4]).
Voir Auslender et Crouzeix (1988[5]). Extension à un Banach réflexif par S. Deng (1997[6]).
Voir S. Deng et H. Hu (1999[7]), Azé et Hiriart-Urruty (2002[8]).
Le cadre est le suivant. On suppose que
et
sont deux espaces de Banach, que
est une fonction Fréchet différentiable et que
un convexe fermé non vide de
. On s'intéresse à une borne d'erreur pour l'ensemble (non nécessairement convexe) suivant

La condition de qualification de Robinson en
s'écrit

où
est l'opérateur prenant l'intérieur. On note ci-dessous
la distance de
à
et
la distance de
à
.
Cette borne d'erreur est locale (estimation de la distance pour
voisin de
), du fait de la non convexité potentielle de l'ensemble 