Borysthenes
divinité grecque du fleuve Dniepr
From Wikipedia, the free encyclopedia
Borysthenes ou Borysthène (en grec ancien : Βορυσθένης / Borysthénēs) était une divinité populaire des mythologies scythe et grecque de la région du Pont, dont le culte est attesté à Olbia du Pont, en Ukraine, par des sources archéologiques. Il est le père de Thoas de Tauride et de la nymphe Borysthenis[1].
| Borysthenes | |
| Une des divinités grecques des eaux | |
|---|---|
Borysthène sur une pièce de monnaie d'Olbia du Pont. | |
| Caractéristiques | |
| Nom grec | Βορυσθένης |
| Fonction principale | Dieu du fleuve Dniepr |
| Période d'origine | Antiquité grecque et scythe |
| Famille | |
| Conjoint | inconnu |
| • Enfant(s) | Thoas et Borysthenis |
| modifier |
|
Borysthène est aussi le nom antique du fleuve Dniepr. Ce cours d'eau est mentionné à différentes reprises par Hérodote et Pline l'Ancien.
Le fleuve chez Hérodote
Hérodote parle du fleuve Borysthène au Livre IV de ses Histoires[2], en particulier au chapitre 53, dans lequel décrit le fleuve et ses environs[3].
« Le Borysthène est le quatrième fleuve, et le plus grand de ce pays après l'Ister. C'est aussi, à mon avis, le plus fécond de tous les fleuves, non seulement de la Scythie, mais du monde, si l'on excepte le Nil, avec lequel il n'y en a pas un qui puisse entrer en comparaison. Il fournit au bétail de beaux et d'excellents pâturages. On y pêche abondamment toutes sortes de bons poissons. Son eau est très agréable à boire, et elle est toujours glaire et limpide, quoique les fleuves voisins soient limoneux. On recueille sur ses bords d'excellentes moissons ; et, dans les endroits où l'on ne sème point, l'herbe y vient fort haute et en abondance. Le sel se cristallise de lui-même à son embouchure et en grande quantité. Il produit de gros poissons sans arêtes, qu'on sale ; on les appelle antacées. On y trouve aussi beaucoup d'autres choses dignes d'admiration. »
Archéologie
Le dieu est présent sur les pièces de monnaie de la colonie d'Olbia du Pont (IIIe – Ier siècles av. J.-C.)[4]; et « Borysthène » est aussi le nom d'une série de monogrammes que l'on trouve sur ces pièces de monnaie[5].
Fonction
Pour François Cornillot, le nom du Borysthene est lié à celui du dieu indo-iranien du Feu dans l'eau Apam Napat. Il le décrit comme une « parfaite coïncidence onomastique » dont l'origine se trouve dans le mythe indo-iranien de l'identité entre le souverain et ce dieu. Les deux sont censés assurer la maîtrise et la garde du Xvarnah (en), un « divin fluide séminal porteur de victoire, prospérité, fécondité et fertilité », se trouvant au fond des bonnes eaux et émanant de la déesse-rivière Anahita[6]. L'étymologie du Borysthene *Vorü(x)ščana « le Fils de l'Elargisseur », correspond ainsi à Apam Napat qui est le fils du dieu que les Scythes nommaient Spārag ou Sfārag qui est à rapprocher du dieu slave Svarog et qu'ils tenaient pour le libérateur des eaux prisonnières, « l'Elargisseur » *worukŗt[6].
Postérité du nom
On retrouve ce nom dans l'appellation du philosophe cynique, Bion de Borysthène, originaire d'Olbia (mais on notera que Diogène Laërce écrit : « Dion était originaire de Borysthène »[7].
Il est à l'origine du nom Barbus borysthenicus (en), attribué en 1862 par le zoologiste Benedykt Dybowski à un poisson de la famille des barbus du Dniepr[8].
Galerie
- Deux pièces d'Olbia pontique avec le dieu fleuve Borysthène.
- Allégorie du Dniepr par J. J. Kändler, 1772.