Bourrasque (torpilleur)
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| Bourrasque | ||
La Bourrasque avant sa refonte de 1930. | ||
| Type | Torpilleur | |
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| Classe | Bourrasque | |
| Histoire | ||
| A servi dans | ||
| Chantier naval | Ateliers et Chantiers de France | |
| Lancement | août 1925 | |
| Armé | septembre 1926 | |
| Statut | Coulé le | |
| Équipage | ||
| Équipage | 142 hommes. 7 officiers et 135 marins. | |
| Caractéristiques techniques | ||
| Longueur | 105,70 | |
| Maître-bau | 9,60 | |
| Tirant d'eau | 4,30 | |
| Déplacement | 1.319 tonnes | |
| Propulsion | 2 hélices 2 turbines Parsons 3 chaudières du Temple |
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| Puissance | 33 000 ch[1] | |
| Vitesse | 33 nœuds (61,1 km/h) | |
| Caractéristiques militaires | ||
| Armement | 4 canons de 130 mm 2 canons AA de 37 mm 4 mitrailleuses AA de 12,7 mm 2 × 3 TLT de 550 mm |
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| Rayon d'action | 2150 nautiques (3980 km) à 14 nœuds. | |
| Pavillon | France | |
| Localisation | ||
| Coordonnées | 51° 15′ nord, 2° 33′ est | |
| Géolocalisation sur la carte : mer du Nord
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| modifier |
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La Bourrasque, est un torpilleur d'escadre français qui a donné son nom à une classe éponyme, la classe Bourrasque. Il a été construit à partir de 1923 aux Ateliers et chantiers de France à Dunkerque. Il est coulé le en participant à l'opération Dynamo.
La classe Bourrasque est un type de torpilleur d'escadre de la Marine nationale française. Cette série de 12 unités portant des noms de "coups de vents" est entrée en service entre 1926 et 1928. Une série de 14 unités très semblables, la classe "Adroit", a été mise en service entre 1928 et 1931.
Ces bâtiments à la silhouette caractéristique à "3 tuyaux" français étaient trop facilement identifiables à vue, ce qui était regrettable. Ils déplaçaient 1378 tonnes Washington, 1727 tonnes en ordre de combat. Ils avaient une longueur de 105,70 mètres, une largeur de 9,60 mètres et un tirant d'eau arrière de 4,30 mètres. Leurs 3 chaudières Du Temple et leurs 2 turbines Parsons fournissaient à leurs 2 hélices une puissance de 33.000 ch leur permettant une vitesse maximum de 33 nœuds. Leur rayon d'action était seulement de 2150 nautiques à 14 nœuds. Ces torpilleurs étaient réputés avoir les "jambes courtes", une distance franchissable insuffisante ce qui constituait un lourd handicap, notamment en service de guerre. Leur artillerie comprenait 4 pièces de 130mm, 2 superposées en chasse, sur l'avant du bloc passerelle et 2 autres en fuite, superposées elles aussi, sur le rouf plage arrière. Ils disposaient de 2 plateformes triples de tubes lance-torpilles de 550mm. Une refonte a été entreprise en 1930 : elle consistait à raccourcir les 3 cheminées et à remplacer le canon anti-aérien de 75mm par 2 affuts simples de 37mm, de chaque bord du roof, plage arrière. À cela s'ajoutaient 4 mitrailleuses simples de 13,2mm. Au cul du torpilleur était installé un système de largage de grenades anti-sous-marines. Leur équipage était de 148 hommes : 1 officier supérieur, le commandant, 6 officiers subalternes, 30 officiers mariniers et 111 quartiers-maîtres et matelots[2].
Histoire du torpilleur Bourrasque
La Bourrasque est mis sur cale le à Dunkerque. Elle entre en service en [3] date à laquelle, elle intègre la 1re division de torpilleurs.
Dès 1930 une refonte consista à réduire la hauteur des cheminées et à remplacer son canon de 75mm anti-aérien par deux affuts simples de 37mm eux aussi anti-aériens. En 1933 une autre refonte eut lieu dont bénéficia aussi ses sister-ships Ouragan et Orage. Par la suite, elle rejoindra successivement la 2e division de torpilleurs en 1934 puis la 4e division de torpilleurs en 1936 avant de patrouiller et d'escorter des convois en Manche et Atlantique, jusqu'en . La Bourrasque est dans le port de Rouen en février 1938[4].
Le , la Bourrasque, commandée par le capitaine de frégate Fouqué, arrive à Dunkerque en provenance de Cherbourg. Elle va participer à l'évacuation de militaires français lors de l'opération Dynamo. À 15 heures, le navire quitte le port avec à son bord entre 800 et 1100 hommes[3]. D'abord attaqué par des avions allemands, le torpilleur est touché. La cause : une explosion retentit à 16h45. Il peut s'agir d'une mine magnétique bien que le tir d'un obus soit également évoqué. Des militaires sont secourus par le torpilleur de 600 tonnes Branlebas puis par deux chalutiers britanniques. Cette perte entraîne la mort de 500 hommes[5].
Au total ce sont 800 militaires qui seront secourus. Dont 2 à 300 par les chalutiers anglais Ut Prosim et le Yorkshire lass qui, deux heures durant prendront tous les risques pour recueillir les victimes de la perte de la Bourrasque[6].
Extrait du journal de marche de l'état major du groupe de subdivisions de Lille qui était à bord du Branlebas :
Journée du 30 Mai
A l'invitation du capitaine de frégate chargé des embarquements, nous prenons place sur le "BRANLEBAS" les marins du Bataillon de côte sur la "BOURRASQUE" et un quart d'heure après les deux bâtiments repartent à toute allure "BOURRASQUE" en tête survolés par des avions ennemis volant bas.
Nous faisons route d'abord vers l'Est et en arrivant à hauteur de NIEUPORT quelques obus tirés de terre nous encadrent.
La "BOURRASQUE" vire alors vers le Nord en réduisant sa vitesse pour avaries de machine signale-t-elle. Mais elle a à peine franchi un nautique qu'une fumée blanche apparaît à son arrière, peu-à-peu elle s'enfonce, puis chavire, ayant heurté une mine.
Le commandant du "BRANLEBAS" fait stopper pour mettre les embarcations à la mer puis nous tournons autour du bâtiment naufragé tandis que les embarcations font le va et vient.
Un chalutier anglais coopère au sauvetage ainsi qu'une petite vedette blanche. Pendant cette opération à plusieurs reprises nous sommes survolés par des avions ennemis et notre D.C.A. entre en action.
Nous devons même par moment nous éloigner à toute vitesse du lieu du sinistre. Environ une heure après le naufrage, la "BOURRASQUE" fait explosion et s'enfonce presque entièrement. Devant l'insistance des avions ennemis et devant l'impossibilité d'approcher de l'épave nous nous éloignons sans avoir pu récolter les quelques survivants réfugiés sur celle-ci et en laissant dans l'eau certainement un nombre appréciable de malheureux.
L’épave de la Bourrasque se trouve par 25 mètres de fond, à la frontière entre la France et la Belgique, à 13 nautiques dans le nord-nord-est de Dunkerque, aux coordonnées : latitude 51° 14’ 964 N et longitude 02° 33’ 026 E. Elle n’a été identifiée qu’en 1984 par une plaque portant son symbole (tête de sanglier)[7].
Ironie du sort, c'est à Dunkerque que la Bourrasque a été construite et c'est devant Dunkerque qu'elle sera coulée.