Bousculade du 11 mars 1918 à la station Bolivar
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| Bousculade de la station Bolivar | |
L'accès de la station, lieu du drame, ici en 2016. | |
| Type | Mouvement de foule |
|---|---|
| Pays | |
| Localisation | Station Bolivar, ligne |
| Coordonnées | 48° 52′ 50″ nord, 2° 22′ 30″ est |
| Date | 11 mars 1918 |
| Bilan | |
| Blessés | 31 |
| Morts | Entre 60 et 70 (nombre exact jamais déterminé) |
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La bousculade du 11 mars 1918 à la station Bolivar est un mouvement de foule meurtrier survenu durant la Première Guerre mondiale, dans la nuit du 11 au , à la station Bolivar du métro de Paris.
Alors que le 19e arrondissement de Paris subit un bombardement de l'aviation allemande, la population cherche à se réfugier dans la station, aménagée en abri antiaérien, mais se heurte à des portes d'accès ne s'ouvrant que vers l'extérieur. Dans la panique, de nombreuses personnes meurent étouffées ou écrasées contre les portes. Malgré le nombre important de victimes, qui n'a jamais été déterminé avec certitude, ce drame demeure aujourd'hui méconnu, s'étant confondu avec le lourd bilan des bombardements.
Durant toute la Première Guerre mondiale, l'armée allemande effectue des bombardements meurtriers sur la région parisienne. Les obus et torpilles sont d'abord principalement largués depuis des aéronefs et des dirigeables. À partir de 1918, les Allemands entreprennent également une large campagne de bombardements sur Paris à l'aide des Pariser Kanonen de Krupp, dits « Grosse Bertha », trois canons fixes à longue portés situées derrière les lignes ennemies, à 120 km de Paris[1].
Dès le début des raids aériens sur Paris, les autorités avaient pris la décision d'aménager en abri les stations de métro les plus profondes. Lors des bombardements, le trafic était immédiatement interrompu et l'alimentation électrique coupée, de façon que la population puisse se réfugier sur les voies[2].
Les faits

Le , vers 21 h, le système de lutte antiaérienne détecte des aéronefs allemands au-dessus de Paris, et donne l'alerte. Les tirs de la DCA inquiètent les habitants du quartier des Buttes-Chaumont, qui viennent chercher refuge dans la station Bolivar, alors située sur la ligne 7 du métro de Paris. Celle-ci est en effet aménagée en abri en raison de son importante profondeur[2].
Mais les stations de métro étaient alors dotées, au pied des escaliers d'accès, de portes d'entrée ou de sortie qui, de façon réglementaire, ne s'ouvraient que dans un seul sens[1]. Se heurtant à la partie des portes bloquées de l'extérieur, la foule paniquée s'agglutine à l'entrée de la station et cherche à forcer le passage. Les premiers venus se retrouvent alors pris dans une bousculade infernale et sont étouffés contre les portes[3]. Lorsque celles-ci finissent par céder sous la pression, la marée humaine se déverse jusqu'à la salle des billets et, dans une confusion extrême, certains meurent piétinés dans les escaliers[2].
L'alerte prend fin aux alentours de minuit. Le président de la République, Raymond Poincaré, est averti des dommages causés par l'attaque allemande, et se rend aussitôt auprès des victimes, qui ont été rassemblées dans la caserne du Château-d'Eau et à la chapelle Saint-Louis[3].
