Breitspurbahn
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La Breitspurbahn (« chemin de fer à voie large ») est un projet de réseau ferroviaire à écartement de chemin de fer de 3 000 millimètres proposé en 1943 durant le Troisième Reich, devant être mis en œuvre à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Ce réseau, présenté en 1943, servi par une infrastructure gigantesque et parcouru par du matériel de taille impressionnante, doit relier toutes les régions du Grand Reich germanique jusqu'à la mer Caspienne pour y convoyer voyageurs et marchandises. Ingénieurs et bureaux d'étude continuent à travailler sur la Breitspurbahn, alors même que la situation politique et militaire du Reich se fragilise et peut faire douter de la réalisation du projet.
Dès les années 1920, l'idée d'un réseau ferroviaire à voie large semble évoquée en Allemagne[1]. En 1938, la modernisation du réseau ferré allemand, mise à mal par les conséquences financières de la défaite lors de la Première Guerre mondiale, est étudiée par la Deutsche Reichsbahn (DR). Plusieurs projets, prévoyant entre autres de faire rentrer des wagons de chemin de fer « classiques » dans des wagons d'un gabarit gigantesque (7 m de large) sont élaborés. En 1942, Adolf Hitler constate la disproportion entre les projets de modernisation du réseau routier (larges autoroutes) et le chemin de fer dont l'écartement des rails reste celui, « ridicule », d'une diligence anglaise[2].
Il demande donc aux dirigeants de la DR de préparer un projet permettant d'améliorer de manière significative la capacité de transport de marchandises (denrées alimentaires, charbon, etc.) et de voyageurs en Europe après la victoire du Troisième Reich et la création du Grand Reich germanique[3] ; ceci ne peut se faire qu'en construisant un réseau ferré à écartement large. Ces motivations économiques sont également, sans doute, une manifestation de la mégalomanie du chancelier allemand. Plus de 200 experts et scientifiques, dont Fritz Todt et Albert Speer, sont sollicités pour participer à ce projet[4]. De nombreuses firmes y contribuent aussi, comme Krupp, Siemens ou Henschel[2].
Les études continuent à être poussées alors même que la situation militaire de l'Allemagne se renverse — la bataille de Stalingrad (l'un des terminus prévus) est perdue lorsque le projet de réseau est établi en — ; des documents sont même postérieurs au débarquement de Normandie. Beaucoup de sources sont perdues en 1945 et celles qui sont disponibles ne permettent pas de savoir si le travail se poursuivait alors par devoir ou par conviction[5].



