Broche celtique

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Fibule d'argent de l'ère viking faisant partie du trésor de Penrith.
La fibule pseudo-penannulaire de Tara (art irlandais, début du VIIIe siècle), l'une des plus célèbres, est décorée sur ses deux faces.

La fibule celtique ou broche pénannulaire (formée d'un anneau interrompu) est une pièce d'orfèvrerie qui se caractérise par sa taille importante. Quoiqu'on en trouve de semblables dans d'autres parties du monde, et à diverses époques (comme au Maghreb contemporain), elle est généralement associée au haut Moyen Âge britannique.

D'abord simples accessoires vestimentaires à l'âge du fer et l'ère romaine, les « broches » désignent les fibules de métal précieux richement décorées des élites d'Irlande et d'Écosse entre 700 et 900 de notre ère (« fibule » est le mot d'origine latine : il est employé dans la plupart des langues modernes d'Europe, hormis par les anglicistes). Ce sont des bijoux typiques d'orfèvrerie profane de l'art celtique final, ou, pour reprendre le terme des historiens, de l'art insulaire. Ces bijoux ont évolué vers des formes plus dépouillées tout au long de l'ère des Vikings dans les îles Britanniques jusqu'au XIe siècle, comme les broches à fleur de chardon (en anglais : thistle brooch).

Ces accessoires comportent une longue épingle coulissant à son extrémité autour d'un anneau. Dans les broches proprement penannulaires, l'anneau n'est pas complet : un intervalle permet de dégager l'épingle ; dans les broches dites pseudo-penannulaires, cet intervalle est comblé par un élément rapporté, amovible. Ce dernier type de broche est plus fragile que le premier.

Ces broches étaient portées par les hommes comme par les femmes, mais les hommes la portaient généralement à l'épaule, et les femmes sur la poitrine, l'épingle pointant vers l'extérieur ; une vieille loi irlandaise dit qu'en cas de blessure par l'épingle d'une broche, celui qui la porte n'est pas en tort si l'épingle n'est pas protubérante et si elle est convenablement recourbée[1],[2]. Les broches les plus ornementées reflétaient clairement le statut social élevé de leur propriétaire, et elles étaient portées aussi par le clergé, au moins en Irlande[3],[4], mais probablement davantage pour fermer les capes et d'autres manteaux de voyage, que des vêtements d'usage quotidien[5]. Le Senchas Mór, une loi bretonne, spécifiait que les fils des grands rois, lorsqu'ils étaient en nourrice, devaient porter des « broches dorées serties de cristal », les enfants de princes des broches d'argent[5].

Fixation

Imitation moderne, montrant comment on fixait les fibules[Note 1].
Fibule trouvée au Rock of Cashel (IXe ou Xe siècle).

Avec la broche pénannulaire, c'est-à-dire celle en forme d'un anneau interrompu, on plante l'épingle à travers un pli du tissu, et on en ramène l'extrémité à l'intérieur de l'anneau puis on tourne sa boucle en glissant sur l'anneau d'un quart de tour, de sorte que la pression du tissu la bloque[6].

Quant aux broches pseudo-pénannulaires, les choses sont moins simples et il n'y a pas d'accord sur la manière dont on les portait : sans doute cela variait-il d'une broche à l'autre. Tantôt des plis du tissu étaient engagés dans la boucle jusqu'à ce qu'on puisse les percer par l'épingle, puis le pli était étalé pour que l'épingle presse contre l'anneau : c'est la meilleure technique pour les broches dont l'épingle ne dépasse pas le diamètre de l'anneau ; tantôt on épinglait le tissu verticalement, laissant pendre l'anneau sur le tissu. La troisième méthode consistait à retenir l'extrémité de l'épingle par une chaînette ou un fil à l'anneau (l'anneau des broches pseudo-pénannulaires étant complet) : c'est probablement de cette façon qu'était fixée la broche de Tara[7]. Enfin dans quelques cas l'épingle, amovible, était fixée par un écrou ou un clou[8]. Si, pour certaines broches pseudo-pénannulaires comme celle de Londesborough (ci-dessous), l'épingle se fixe au-dessus de l'anneau, pour d'autres on doit la passer en travers de l'anneau (le chas de l'épingle devant) ; on a présenté la broche de Tara dans ces deux configurations[Note 2]. Ce dernier dispositif est le plus fréquent pour les broches tardives[9] (du IXe siècle).

Les spécialistes s'étonnent[1] que la broche pénannulaire, simple et efficace, ait évolué vers l'anneau fermé (broches pseudo-pénannulaires), bien qu'il soit assez clair que cela permettait de consolider la broche. Il faut dire aussi que dans plusieurs broches pénannulaires, l'espace entre les extrémités de l'anneau est à peine suffisant pour pouvoir engager l'épingle.

Histoire

Notes et références

Voir aussi

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