Béral Mbaïkoubou
From Wikipedia, the free encyclopedia
Béral Mbaïkoubou est un homme politique tchadien, né à N’Djaména le [1]. D’ethnie Ngambaye, l'une des composantes du groupe Saras qui peuple le sud du Tchad, Béral est originaire de Bébédjia dans la région du Logone Oriental. Élu député en 2011, il devient alors le plus jeune membre et le seul élu non-voyant de l'Assemblée. Le , il a été réélu au Parlement tchadien pour le 6ᵉ arrondissement de N'Djamena.
Né d'un père fonctionnaire d'état et d’une mère ménagère, Béral Mbaikoubou est le dernier d'une fratrie d'une sœur et de trois frères. À la suite de la varicelle[2], il a perdu la vue dès l’âge de trois ans.
À sept ans, Béral était recueilli et intégré au Centre des Ressources de Jeunes Aveugles (C.R.J.A) à N’Djamena. Ce centre a été créé en 1988 par un prêtre jésuite français, le père Jean Henri Williet (1922-2016)[3]. Il accueille des jeunes souffrant de handicaps visuels pour les mettre à l'école et leur permettre d'apprendre dans les mêmes conditions que les autres écoliers. Les devoirs et les exercices demandés par ses enseignants, Béral les transcrit lui-même à l'aide d'une machine à écrire. Outre I ‘apprentissage de l'écriture braille Béral Mbaikoubou sera initié à plusieurs pratiques parascolaires dont la poésie et la Guitare. Après sa réussite au Concours d'Entrée en 6e, il intègre le Lycée Sacré-Cœur de N'Djamena. En 2002, Béral Mbaikoubou fut le premier déficient visuel a décroché son baccalauréat de série littéraire (A4).
De 2002-2004, le jeune bachelier suivra une formation en communication et journalisme à l‘Institut Tchadien de Développement (ITD) de N’Djamena, formation sanctionnée par un Brevet de Technicien Supérieur (BTS) en communication et journalisme.
Triple passion - musique, écriture, politique
Musique
L’une des grandes passions de Béral Mbaïkoubou, c’est la musique. Avec comme nom de scène le Provocateur d’art, il évoque surtout des sujets politiques. Pendant plusieurs années, il donnait des concerts populaires, sans jamais enregistrer de disques avant de sortir deux albums en 2010 et 2014. Le premier, Le P.R., le fisc et les sans-esprits, avec P.R comme président de la République et sans-esprits pour désigner la population, Béral, dit s'inspirer de la trinité Père, Fils et Saint-Esprit du christianisme pour évoquer les relations entre le bas peuple et les pouvoirs publics. Dans le deuxième album, le Jardin des dingues[4], il traite toujours de la politique.
Ecriture
Béral Mbaïkoubou a publié quatre livres depuis 2008. Le premier livre Tchad, éloge des lumières obscures (Editions L'Harmattan, 2009) est co-écrit avec Succès Masra. Le deuxième ouvrage[5] est intitulé Panégyrique du je: discours sur la conscience de soi (Editions Ifrikiya, Yaoundé, 2012). Le troisième ouvrage porte le titre Les bons cons te font de bons ennuis: critique de l'imposture politique au Tchad (Editions SAO, 2015). Son dernier livre est Les pas laid de la démocratie (Editions SAO, 2017).
Béral Mbaïkoubou écrit aussi régulièrement des articles, par exemple pour le journal N'Djamena Hebdo.
Etudes philosophiques
En 2003 à Libreville au Gabon, Béral Mbaikoubou est lauréat d'un concours organisé par l'Organisation internationale de la Francophonie. La cérémonie de récompense, qui se déroule sous la présidence d'Abdou Diouf, Secrétaire général de l'OIF, lui permet de bénéficier d'une bourse d'études. En 2004, il entre à I‘Université Charles De Gaulle de Lille en France pour des études de philosophie, qu'il achève en 2009 avec un master en Philosophie morale et politique. Rentré dans la foulée dans le pays, le jeune diplômé dispense des cours de philosophie dans deux lycées privés de N’Djamena.
Engagement politique
En 2010, Béral adhère à un parti d'opposition, le Mouvement des patriotes tchadiens pour la République (MPTR). Sous la bannière de ce jeune parti fédéraliste, il est élu lors des législatives[6] de 2011, député de Moursal dans le 6e arrondissement municipal de la ville de N'Djamena. Béral était devenu ainsi le plus jeune député de cette législature, l'ayant intégrée à 30 ans et le premier député non-voyant de l'histoire politique du Tchad. Lors des sessions de l'Assemblée nationale, il rédige ses notes[7] en braille. L'écrivain tchadien, Renaud Dingamnaial a consacré à Béral un livre[8] intitulé “Béral Mbaikoubou, Les yeux du cœur ou comment un aveugle a conquis l’Hémicycle”. En il était nommé au Conseil National de Transition (CNT) du Tchad. Le , il est réélu au Parlement tchadien pour le 6ᵉ arrondissement de N'Djamena[9].