Conseil représentatif des institutions juives de France
association française de luttre contre l'antisémitisme
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Le Conseil représentatif des institutions juives de France, anciennement le Conseil représentatif des israélites de France (CRIF)[1] est une association d'intérêt général représentative, qui fédère différentes tendances politiques, sociales ou religieuses présentes dans la communauté juive de France. Il fédère plus de soixante dix associations dont le Fonds social juif unifié et l'Alliance israélite universelle. Au niveau international, il est affilié au Congrès juif mondial.
| Fondation | |
|---|---|
| Origine |
issu de la Résistance juive en France |
| Type | |
|---|---|
| Forme juridique |
Association déclarée |
| Objet social |
Défendre les droits et intérêts de la communauté juive de France |
| Domaine d'activité |
Autres organisations fonctionnant par adhésion volontaire (France) |
| Objectif |
Représenter la communauté juive en France Lutter contre l'antisémitisme |
| Siège | |
| Pays |
| Président |
Yonathan Arfi (depuis ) |
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| Affiliation | |
| Site web |
| RNA | |
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| SIREN | |
| OpenCorporates |
Il représente la communauté juive auprès des pouvoirs publics. Il est parfois qualifié de lobby juif ou de lobby pro-israélien[2],[3].
Histoire
Fondation
Le CRIF est fondé en 1944 et est issu du Comité général de défense juive, créé dans la clandestinité dès dans la France occupée. Selon la première charte élaborée, son objectif premier est alors le sauvetage des Juifs réfugiés en France, alors gravement menacés par l'occupation par l'Allemagne nazie. Cette structure rassemble la plupart des divers mouvements activistes juifs athées de l'époque (communistes, bundistes et sionistes), avec la participation du Consistoire central israélite de France, instance religieuse historique officielle du judaïsme français. Ils rédigent une charte commune, qui sera le programme politique juif français pour l’après guerre[4].
Dès sa forme primitive, il tend à unifier l'ensemble de la communauté juive. Dirigé par Léon Meiss le président du Consistoire central, le premier groupe réunit des personnalités telles que Léo Glaeser, Joseph Fisher, Chil Najman, Nahum Herman, Zvi Levin, Michel Topiol, Joseph Frydman, F. Schrager, Henri Adam, Claude Kelman, Adam Rayski[5].
À l'issue de la guerre, le CRIF se structure et établit ses premières passerelles politiques, notamment avec des organismes tels que le Congrès juif mondial et l’American Jewish Committee.
En 1954, le Consistoire central obtient que les statuts du CRIF mentionnent que le président du Consistoire central préside aussi le CRIF[6]. Toutefois, seuls Leon Meiss de 1944 à 1950 et Alain de Rothschild de 1976 à 1982 cumulent les deux fonctions. En 1981, la présidence des deux institutions est dissociée[7].
Soutien à l'État d'Israël et dénonciation du soutien au Hamas
À ses débuts, le CRIF comprend une grande pluralité de points de vue sur la question sioniste. Les communistes, initialement très présents au sein de l’organisation, estiment notamment que « la question sioniste ne devrait pas figurer dans la charte du CRIF »[8].
D'après le chercheur Thomas Vescovi, le « franco-judaïsme » a laissé place au « franco-sionisme » au cours des années 1970. Cette évolution est symbolisée par la nouvelle charte du CRIF, adoptée en 1977, qui définit l’« appartenance du Juif français au peuple juif en Israël et en diaspora ». Désormais résolument « prosioniste », selon Charles Enderlin, l’organisation « demande aux autorités françaises de soutenir l’État d’Israël ». Dans les années 1980 pourtant, le président du CRIF Théo Klein se situe dans une ligne plus critique, mais ne remet pas en cause l'orientation générale de l'organisation[9].
Dans les années 1990, le CRIF soutient le processus de paix avec les Palestiniens. Son président, Henri Hajdenberg, rencontre en 1999 Yasser Arafat alors Président de l'Autorité nationale palestinienne, suscitant l’hostilité du premier ministre d'Israël Benyamin Netanyahou, qui refusera de recevoir la délégation du CRIF. Jacques Kupfer, président du Likoud de France, se montre également hostile aux dirigeants du CRIF, qu’il appelle la « petite frange des adorateurs d’Oslo ». L’échec du sommet de Camp David, en juillet 2000, suivi par le déclenchement de la seconde Intifada et par l’élection de Roger Cukierman à la tête du CRIF, modifient radicalement cette approche[8].
Entre 2000 et 2005, le CRIF rappele que la lutte contre l'antisémitisme est une « lutte nationale ». Roger Cukierman déclare sur RTL : « les Juifs sont les sentinelles de la République et des valeurs de la République. Nous sommes à l'avant-garde. Quand on s'attaque aux Juifs, peu de temps après on s'attaque à la liberté, à la démocratie »[10].
Le président du CRIF s'en est pris à plusieurs partis de gauche, dont le Parti communiste français les accusant sur la Radio France internationale le de soutenir le Hamas : « c'est que je ne comprends pas que des hommes politiques qui font partie du consensus démocratique de notre pays, et là je pense à Marie-George Buffet - Besancenot et la Ligue communiste révolutionnaire ça fait longtemps qu'ils sont sur le terrain, puissent défendre un mouvement qui est reconnu comme un mouvement terroriste » par leurs participations aux manifestations contre la guerre de Gaza. Marie-George Buffet lui répond deux jours plus tard : « Monsieur le président (…) vous savez que vous trouverez toujours les communistes à vos côtés dans ce combat contre l'antisémitisme, comme dans celui contre le racisme. Mais vous avez assimilé la position du Parti communiste français à celle du terrorisme international. Cela n'est pas acceptable ». Quelques semaines plus tard, la dirigeante du PCF ne sera pas invitée au dîner annuel du CRIF[11].
Henri Hajdenberg, président de 1995 à 2001, explique ce repli par « la seconde Intifada et la montée consécutive de l'antisémitisme dans certaines banlieues, l'attentat de New York du 11 septembre 2001, les discours antisionistes et antisémites de ben Laden, la prise de pouvoir par le Hamas et les tirs de roquettes sur les civils israéliens après le désengagement de Gaza, et les déclarations du président iranien appelant à la destruction d'Israël, niant la Shoah et tentant de doter son pays de l'arme nucléaire ». « Depuis dix ans, l'idée qu'Israël est de nouveau menacé dans son existence se propage dans la communauté juive ». Au moment de la seconde Intifada, des Juifs de France ont pu avoir le sentiment d'être insuffisamment protégés contre les violences antisémites, accusant le gouvernement Jospin de « laxisme ». Les questions sécuritaires ayant marqué l'élection présidentielle de 2002, les voix des Juifs se sont reportées vers la droite. Le CRIF est courtisé par Nicolas Sarkozy avant l'élection présidentielle de 2007 et il en est resté un interlocuteur attentionné. Le vice-président du CRIF Meyer Habib assure les relations entre le président français et Benyamin Netanyahou, dont il est l'un des plus influents conseillers[12]. En 2010, les Verts et le PCF ne figuraient ainsi pas parmi les invités au dîner annuel du CRIF[13].
Après que l'ancien Premier ministre Raymond Barre a défendu Maurice Papon et Bruno Gollnisch, stigmatisant le "lobby juif", le Crif s'est dit ""scandalisé", accusant Raymond Barre de "rejoindre l'extrême droite"[14].
En 2009, l'écrivain et journaliste Jean Daniel dénonce ce qu'il considère être dans certains cas de la part du CRIF une « solidarité inconditionnelle et aveugle avec l’extrême droite de l’État d’Israël », et Jean-François Kahn (sous son pseudonyme François Darras) écrit que le CRIF « est tombé entre les mains de courants alignés sur la droite israélienne la plus intransigeante », rappelant que « le Crif n’a pas toujours été ce qu’il est devenu »[15].
En , Meyer Habib permet l'élection au comité directeur de Gilles-William Goldnadel, avocat de personnalités comme Anne Kling, responsable du parti régionaliste et identitaire Alsace d'abord et de l'essayiste italienne Oriana Fallaci. Ce vote entre deux candidats marqués à droite illustre l'évolution du CRIF depuis dix ans, unanime pour rejeter l'initiative JCall.[Quoi ?] Pour Mediapart : « le temps où le CRIF prenait le contre-pied de la politique israélienne et organisait des rencontres avec des personnalités du monde arabe paraît loin »[13].
Les Études du CRIF rappellent la fonction de la barrière de séparation israélienne édifiée entre Israël et les Territoires palestiniens occupés : « protéger la vie et l’intégrité physique des populations civiles israéliennes de toutes les confessions, sans infliger à cette fin des souffrances indues aux populations directement affectées par l’installation de cette barrière[16] ».
Le , Richard Prasquier est réélu face à Meyer Habib par 106 voix contre 61[17] et, à l'issue de son mandat, Francis Kalifat est élu pour lui succéder le [18].
En , le CRIF soutient l'annonce du président Donald Trump de vouloir implanter à Jérusalem l'ambassade américaine en Israël et demande au président Emmanuel Macron de faire de même alors que ce dernier juge la position américaine « regrettable »[19].
Selon Jacques Lewkowicz, président de l'Union des juifs pour la résistance et l'entraide, « on entend parler systématiquement au Crif d’un attachement indéfectible à l’État d’Israël, comme quand le PCF défendait de manière indéfectible l’URSS, sans aucun recul, sans aucune nuance ! »[20].
Le 7 novembre 2023 et à la suite du Attaque du Hamas contre Israël d'octobre 2023, le CRIF dont son président Yonathan Arfi participe à la marche pour la République et contre l'antisémitisme appelée par les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet.
Avant les élections législatives de 2024, le CRIF demande de voter contre le Rassemblement national et la France insoumise[21].
En 2025, le CRIF appelle le gouvernement français à ne pas reconnaitre d’État palestinien. Alors qu'Emmanuel Macron avait évoqué la possibilité d'une telle reconnaissance, l'organisme critique un retour des « vieux démons de la politique arabe de la France [et dénonce l’]opposition frontale et assumée avec Israël »[22].
Défections
En , le Consistoire central israélite de France se retire du Crif après avoir demandé, sans succès, une meilleure représentation au sein du CRIF[23].
En 2009, l'Union des juifs pour la résistance et l'entraide (UJRE), mouvement né dans la Résistance et cofondateur du CRIF, décide de suspendre sa participation. Dans une lettre ouverte à son président Richard Prasquier, elle déclare s'inquiéter « d’un positionnement politique du Crif en rupture avec ses valeurs fondatrices », considère que la direction s'en prend au caractère « représentatif et pluraliste » en n'invitant plus ni les Verts, ni le PCF au dîner annuel et déclare que le CRIF doit « retrouver son rôle et sa représentativité dans la société française ; pour défendre les intérêts moraux des Juifs de France et contribuer, à partir des valeurs qui le fondent, au processus de paix au Proche-Orient, seul moyen de garantir la sécurité et le développement d’Israël et le droit, jadis reconnu par le Crif lui-même, du peuple palestinien à un État »[24].
En , c'est l'ancien président du CRIF Théo Klein qui rompt avec celui-ci, reprochant à Richard Prasquier de participer à la campagne contre le journaliste de France Télévisions Charles Enderlin dans l'affaire Mohammed al-Durah, en utilisant le site et la lettre d'information du Conseil pour relayer les propos diffamatoires et condamnés comme tels à plusieurs reprises par la justice française[25].
Fonctionnement
Le CRIF est composé des organes suivants :
- un Bureau exécutif ;
- un Comité directeur ;
- des commissions spécifiques ;
- une assemblée générale représentant toutes les associations membres ;
- des sections régionales.
Le président du CRIF est élu par l'assemblée générale pour un mandat de trois ans, renouvelable une seule fois.
Présidents

- Léon Meiss : 1944-1950 ;
- Vidal Modiano : 1950-1969 ;
- Ady Steg : 1970-1974 ;
- Jean Rosenthal : 1974-1976 ;
- Alain de Rothschild : 1976-1982 ;
- Jean-Paul Elkann : par intérim à la suite de la mort d’Alain de Rothschild ;
- Me Théo Klein : 1983-1989 ;
- Jean Kahn : 1989-1995 ;
- Me Henri Hajdenberg : 1995-2001 ;
- Roger Cukierman : 2001-2007 ;
- Richard Prasquier : 2007-2013 ;
- Roger Cukierman : 2013-2016 ;
- Francis Kalifat : 2016-2022[18].
- Yonathan Arfi : depuis le [26].
La France et l'antisémitisme : une question sensible
Dans un billet, le directeur de L'Arche, Meïr Waintrater, rappelle[Quand ?] que ni les chiffres de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, ni les « sondages d’opinion où la grande majorité des Français déclarent qu’ils ne sont pas antisémites » ne reflètent seuls la réalité et que voir les actes antisémites comme une conséquence de la guerre de Gaza n'est pas acceptable[27].
Antisémitisme et racisme : cause commune
Le , le CRIF et le Conseil représentatif des Français d'outre-mer (CReFOM) signent un mémorandum commun afin d’unir leurs forces contre le racisme et l’antisémitisme[28]. Celui-ci prévoit la création d'une commission paritaire entre les deux organisations afin de définir les actions communes. Le CRIF et le CReFOM souhaitent créer un mémorial commun en Île-de-France à la mémoire des victimes de la Shoah et de l'esclavage[29].
Controverses et polémiques
Polémiques de 2012 et 2015
Selon Conspiracy Watch, à partir de 2012 se répandent sur les réseaux sociaux des appels à la « séparation du CRIF et de l’État ». Conspiracy Watch en fait état en 2017 en jugeant que c'est « un mot d’ordre marqué au coin du complotisme anti-juif le plus éculé » et l'observe chez des personnalités telles que François Burgat ou Tariq Ramadan[30].
En 2012, l'Union juive française pour la paix qualifie le CRIF de « lobby pro-israélien » faisant pression pour censurer[31],[32] toute critique et accusation de violation des droits de l’homme en Israël[33]. Puis en 2015, le président du CRIF Roger Cukierman est critiqué par SOS racisme[34] et le Conseil français du culte musulman pour avoir déclaré : « toutes les violences, et il faut dire les choses, sont commises par des jeunes musulmans […], bien sûr c’est une toute petite minorité de la communauté musulmane ». Ils lui reprochent par ailleurs l'expression "islamo-fascisme" et d'avoir qualifié Marine Le Pen « d'irréprochable juridiquement parce qu’elle n’a jamais été condamnée »[35].
Le , après la marche blanche qui suit le meurtre de Mireille Knoll, le président du CRIF Francis Kalifat est critiqué par nombreuses personnalités politiques de tous bords, certaines estimant qu'il ne représente pas les Juifs de France, car il a refusé la venue de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon au motif que les antisémites seraient « surreprésentés » à l’extrême gauche et à l’extrême droite[36]. Daniel Knoll, fils de la victime ne se dit « pas sur la même ligne que le CRIF », déclare que « tout le monde était bienvenu » à la marche blanche, ajoutant : « le Crif fait de la politique, moi j'ouvre mon cœur »[36],[37],[38].
La ministre de la Justice, Nicole Belloubet et le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, indiquent ne pas partager la position du CRIF. Les remous conduisant à l'exfiltration de Jean-Luc Mélenchon sont déclenchés par un groupe de la Ligue de défense juive (LDJ), menée par son chef de file Eliahou, un proche à la fois du CRIF et de l'extrême-droite, selon l'enquête de StreetPress[39],[40].
Francis Kalifat prend ensuite ses distances avec la « prétendue » LDJ et condamne les huées qui ont accueilli Le Pen et Mélenchon, mais déclaré que la première préside « un parti fondé par les nostalgiques de Vichy » et accusé le second d'avoir félicité des manifestants pro-palestiniens en quand « des groupes sortaient de ces cortèges à Paris ou à Sarcelles pour attaquer les synagogues »[41].
Polémique avec Dominique de Villepin
Le , le président du Crif Yonathan Arfi réagit sur BFMTV[réf. nécessaire][42] aux propos de Dominique de Villepin, dénonçant trois jours plus tôt la pression exercée sur les artistes qui souhaitent exprimer leur solidarité avec la Palestine[43], soumis à une pensée unique, souhaitée par les actionnaires, sous peine de perdre leurs contrats[44]. Cette phrase, dépourvue de toute référence au judaïsme, est « travestie »[45] en reliant « finance » et « Juifs »[45] par la chaîne, qui allègue que Villepin aurait dénoncé « la domination de la finance juive sur les sociétés occidentales »[46], le bandeau en bas de l’écran affichant « “Domination” juive : de Villepin fait polémique »[46]. Contestée dès le lendemain[47], la chaîne présente immédiatement des excuses pour une « formulation inexacte et malheureuse »[48]. Le Conseil de déontologie journalistique et de médiation saisie, conclut en « qu’inventer des propos en les attribuant à un interlocuteur alors qu’il ne les a pas tenus est altérer un document » et viole donc la Charte de Munich. Le mois suivant, BFM est mise en demeure par l'Arcom car « les propos tenus par le présentateur et son invité, ainsi que le bandeau les accompagnant, traduisaient une présentation factuellement inexacte »[49],[50]. Yonathan Arfi maintient cependant son analyse sur ces propos de Villepin en 2023, les assimilant à "une rhétorique complotiste ou antisémite" lors de son discours du au 39ème dîner du CRIF, qui vise principalement Villepin et Jean-Luc Mélenchon[51],[52] et dénonce le refus du gouvernement français "que soient exposés au Bourget les moyens qui ont permis de mener" l'opération de frappes contre la menace nucléaire iranienne, "faisant référence à la condamnation de l’accès de plusieurs stands israéliens lors de l'édition 2025 du salon de l’aéronautique et de l’armement[53],[54]. Villepin répond le lendemain, jugeant ces « propos gravissimes » car risquant « d'établir une confusion » entre « la politique du gouvernement de Netanyahou, l’État d’Israël et la communauté juive »[55] puis accuse plus généralement le Crif de pratiquer un « amalgame systématique » entre Juifs et Israéliens, « entre critique politique et haine raciale », en estimant qu'il « devrait se rappeler qu’il n’est ni une institution d’Etat, ni un ministère des Affaires étrangères israélien » et en lui lançant « vous croyez défendre une communauté ? En réalité, vous la mettez en danger. Vous étouffez la liberté d’expression. Vous divisez le pays »[56].