Caftan au Maroc
Vêtement long, semblable à un manteau, traditionnellement fermé à la taille par une ceinture.
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Le caftan au Maroc est une tenue traditionnelle, fruit d'un métissage culturel, et déclinée en plusieurs variantes après son introduction au Maroc.
Les historiens font remonter son origine aux Abbassides, avec des empreintes ottomanes, puis il est introduit en Afrique du Nord. Il est aussi rattaché à l’héritage andalou au XVe siècle.
Sous la forme d'une longue tunique, en général à manches longues, portée souvent avec une mdamma (ceinture), le caftan marocain se présente sous plusieurs styles et couleurs. Les variantes les plus connues sont celles de Fès et de Tétouan. Portée par les hommes et les femmes, c'est une tenue d’apparat des femmes marocaines lors de cérémonies. Le caftan marocain a gagné en popularité après son introduction dans le monde de la haute couture au XXe siècle.
Depuis le , le caftan marocain est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. Il est à noter qu'avec cette inscription l’UNESCO entend protéger un ensemble de pratiques culturelles mais n'identifie pas un pays comme étant le propriétaire de celles-ci.
Histoire
Origines
Le caftan au Maroc, fruit d'un métissage culturel, fait l'objet de multiples débats historiques voire politiques. Selon les historiens, il trouve ses « racines en Mésopotamie, puis sous les Abbassides et chez les Ottomans qui l'introduisent en Afrique du Nord ». La rivalité politique entre le Maroc et l'Algérie se traduit aussi par une appropriation culturelle du caftan, chacun en revendicant son origine[1],[2].
Selon l'l'Encyclopédie de l'Islam, le caftan a été introduit dans les États barbaresques par les Ottomans et répandu par la mode jusqu'au Maroc[3].
De même, pour El Khatib Boujibar, une archéologue et historienne de l'art marocaine, il est probable que le caftan soit arrivé au Maroc à travers l'Empire ottoman, en passant par l'Algérie[4]. Cela aurait été grâce au sultan saadien Abd al-Malik, qui avait vécu à Alger et Istanbul[4]. Durant toute sa période de règne au Maroc, Abd al-Malik avait officiellement reconnu la suzeraineté ottomane. Il s'habillait à la mode ottomane, parlait turc, réorganisait son armée et son administration en imitant les pratiques ottomanes, et attribuait des titres turcs ottomans à ses fonctionnaires[5]. La seconde moitié du XVIe siècle fut une période marquée par l'influence ottomane au Maroc, durant laquelle Ahmad al-Mansur, grandement influencé par la culture ottomane, adopta des costumes et des coutumes turques. Il introduisit les modes vestimentaires ottomanes, son armée adopta des costumes et des titres turcs, et les ambassadeurs notèrent même l'utilisation de poteries turques et de tapis turcs dans le palais Badi[6],[7],[8].
L'historienne de l'art, Rachida Alaouiet, associe aussi le caftan marocain à l’héritage andalou au XVe siècle[2].
Le caftan est à la base porté par de hauts fonctionnaires et des lettrés. C'est un héritage de l'Orient, une longue robe de drap, sans col et à manches larges[9]. Bien que le Maroc n'ait jamais été une province ottomane, on retrouve une influence turque dans certains vêtement masculin, dont le caftan, introduit par la corporation des barcassiers de Salé, probablement influencé par les corsaires de Tunis[10].
Caftan marocain contemporain
Haute couture
Le styliste marocain Amine Mrani évoque l'évolution nécécessaire de ce vêtement traditionnel : « les clientes marocaines veulent néanmoins du changement avec un caftan plus léger qui suit les dernières tendances de la mode internationale ». Même si les techniques ont des origines étrangères (soit balkaniques, soit ottomanes, soit européennes) et qu'elles sont introduites dans la mode marocaine qu'à la moitié du XXe siècle, elles sont présentées comme des « traditions millénaires ». Pour approcher cette clientèle internationale, des manifestations sont organisées dans les « grandes capitales de la mode ». Amine Mrani souhaite ainsi développer cet « artisanat haut de gamme marocain » maintenu avec le travail des multiples mâalems (maîtres-artisans)[11],[12].
Le caftan est entré dans la catégorie de la Haute-Couture dite « marocaine » en France. Des défilés internationaux de créateurs y sont organisés, avec l'emergence de stylistes locaux, d'origine marocaine[13]. À titre d'exemple, il est aujourd'hui possible de voir des Parisiennes adopter le caftan comme robe de soirée[14].
Lors de la fashion week 2020 à Paris, plusieurs défilés de caftans marocains sont organisés sous le thème « Les merveilles de la route de la soie », avec la participation de designers et stylistes marocaines telles que Samira Haddouchi, Houda Serbouti et Fatima-Zahra El Filali Idrissi[15],[16].
Aspects économiques
Selon Liberté, en Algérie, malgré le fait que le caftan marocain se vend cher, son succès peut s'expliquer par sa vente en prêt-à-porter, contrairement aux costumes traditionnels proposés sur commande, et son assimilation plus facile à un costume traditionnel local[17].
Selon El Hiwar, le caftan marocain est populaire en Algérie, en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient[18].
Expositions
- En 2008, Yves Saint Laurent et Pierre Bergé exposent, au sein de leur fondation, 36 caftans du XVIIIe au XXe siècle, accompagnés de broderies, de ceintures d'apparat et de bijoux, « chef-d'oeuvres » de l'artisanat marocain[19],[20].
Reconnaissances
Le Caftan marocain : art, traditions et savoir-faire *
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| Pays * | |
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| Liste | Liste représentative |
| Année d’inscription | 2025 |
| * Descriptif officiel UNESCO | |
| modifier |
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En 2022, l'Organisation du monde islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (ICESCO) inscrit le caftan marocain sur sa liste des sites patrimoniaux et culturels[2].
En , les autorités marocaines annoncent le projet du dépôt d'une demande d’inscription, auprès de Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), du caftan marocain comme un patrimoine culturel immatériel de l’humanité pour l’année 2025. En effet le dossier pour l'inscription du malhoun ayant été déposé en 2023, un délai de deux ans est obligatoire entre les demandes[1].
Selon Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la culture marocain, le caftan devient l’icône vestimentaire du Maroc au XI et XIIe siècle. Il est porté par des sultans réputé comme Ahmed al-Mansour ou Ismaïl ben Chérif. À partir du XIVe siècle le caftan devient aussi un vêtement féminin[1]. Courant 2024, l'Algérie et le Maroc se disputent la paternité du caftan[21]. La même année, le Maroc a représenté le caftan marocain lors de la semaine africaine au sein de l'UNESCO à Paris[22],[23].
Le , le Maroc obtient de l'UNESCO, la reconnaissance du caftan marocain comme un patrimoine culturel immatériel marocain sous le nom Art, tradition et savoir-faire du caftan marocain. Dans le dossier présenté, le Maroc met en avant le « savoir-faire des artisans et couturiers émanant des cultures arabes, amazigh [berbère] et juive »[24],[25].
Il est à noter qu'avec cette inscription l’UNESCO entend protéger un ensemble de pratiques culturelles mais n'identifie pas un pays comme étant le propriétaire de celles-ci[2],[26].
Différents types et styles de caftans
Chaque région du Maroc possède son propre style de caftans [2],[25].
Les artisans participant à la création d'un caftan sont nombreux. Ainsi tisserands, brodeurs, maîtres couturiers, orfèvres… interviennent en utilisant une technique souvent transmise au sein de la cellule familliale. Les coupes variaient entre celle de Fès, long et droit, et celle de Tétouan, court et ample. Les caftans sont souvent associés avec une mdamma (ceinture). De nos jours il n'existe plus de frontières entre les différentes « capitales » du caftan au Maroc[27],[28].
Les caftans sont souvent associés avec une mdamma (ceinture). Celle-ci est fréquemment décorée de métaux précieux et de pierres[2],[28].
Les caftans de Fès étaient principalement ornés de riches broderies et tresses de fils d'or, utilisant essentiellement des motifs floraux stylisés. Les couleurs sombres, comme le noir, le vert foncé, le bleu foncé et le violet, étaient initialement privilégiées puis ces couleurs deviennent plus vives. La technique pratiquée pour la broderie au fil métallique est le point de couchage[N 1]. Les caftans de velours décorés de broderies de fils d'or sont toujours en vogue pour les mariages et les évênements importants, à la fin du XXe siècle[30],[31].
Bibliographie
: Ce logo indique que la source a été utilisée pour l'élaboration de l'article.
- Jean Besancenot, Costumes et types du Maroc. Illustrés de soixante gouaches reproduites en facsimile et en camaïeu, Horizons de France, , 124 (64 pages de texte et de 60 planches de costumes représentant les différents costumes traditionnels marocains) (lire en ligne)

- Angela Jansen (en), La culture et ses dépendances. Chapitre 10. « Il n’y avait pas de mode au Maroc avant » : (re)créer l’histoire de la mode au Maroc, Presses de l’Ifpo, Centre Jacques-Berque, , 280 p. (ISBN 9782351595589, lire en ligne)