Camille Senon

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Décès
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Nom de naissance
Marie Marguerite Senon
Nationalité
Camille Senon
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Nom de naissance
Marie Marguerite Senon
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Camille Senon, née le à Oradour-sur-Glane et morte le à Limoges[1], est une syndicaliste française.

Survivante du « tramway d'Oradour-sur-Glane » (), membre de l'Association des familles des martyrs d'Oradour-sur-Glane, elle est présidente nationale de l'Association du Souvenir des fusillés du Mont-Valérien (1975-1980), présidente nationale de l'Association nationale des familles des fusillés et massacrés de la Résistance française (1981-1986). Elle milite pour la mémoire de la Résistance et de la déportation.

Massacre d'Oradour-sur-Glane

Camille Senon est la petite fille de François Senon, cultivateur à Oradour-sur-Glane, et la fille de Martial Senon, ouvrier journalier, soldat gazé lors de la Guerre de 1914-1918 et revenu à Oradour-sur-Glane comme cantonnier. Tous deux sont tués le dans le massacre d'Oradour-sur-Glane perpétré par les Allemands de la 2e division SS Das Reich aux ordres du commandant Adolf Diekmann. Camille Senon ne doit qu'au hasard d'avoir échappé au massacre[2] de 643 enfants, femmes et hommes de la bourgade du Limousin ce jour-là.

Travaillant à Limoges, elle prend l'après-midi de ce le tramway[3] pour rentrer chez ses parents au Repaire, hameau voisin d’Oradour[4]. Elle accomplit le trajet depuis Limoges et arrive à son village natal alors que les soldats SS viennent d'y perpétrer leurs crimes[5].

Depuis ce jour, Camille Senon n'a de cesse de transmettre la mémoire de ces horreurs. Inlassablement elle accompagne les visiteurs, témoigne dans les écoles, dans la presse[6], manifeste contre le nazisme, contre les guerres et leur cortège de tueries, pour la paix entre les peuples :

« Aurai-je assez vécu pour tous ceux qui sont morts[7] ? »

Procès de Bordeaux (1953)

En 1953, Camille Senon témoigne[8] lors du procès des auteurs du massacre d'Oradour-sur-Glane, à Bordeaux[9]. Sur le banc de l'accusation ne se trouvent que vingt et un accusés sur les quelque cent soldats qui ont déferlé sur le village martyr, vingt et un comparants ayant appartenu au premier bataillon de la division Das Reich, division qui a laissé dans son sillage des traces sanglantes en Russie, avant de poursuivre son périple d'incendies, de fusillades et de pendaisons à partir de la région de Montauban.

Leurs chefs sont absents au procès, dont le chef de la division, le général Heinz Lammerding, qui avait reçu mission du maréchal Gerd von Rundstedt, chef du commandement suprême des armées allemandes du front de l’Ouest, de faire mouvement vers la Normandie, tout en prêtant main-forte aux unités de la Wehrmacht du Sud-Ouest et du Massif central « pour nettoyer ces régions des bandes communistes en frappant durablement l’esprit des populations et en agissant sans aucun ménagement. »

Sur les quatorze Alsaciens mis en accusation en 1953 au procès de Bordeaux, douze avaient été sans conteste incorporés de force, à l’âge de 17 et 18 ans. Ces « douze enfants de l’Alsace martyre » sont rejoints par un homme, emprisonné depuis la fin de la guerre, qui a été le seul à reconnaître, au cours du procès, qu’il avait participé au massacre. Enfin, le quatorzième homme, chef du groupe lors du massacre d’Oradour, reconnaît s’être engagé volontairement et sera jugé comme traître à sa patrie.

Le procès, qui suscite des polémiques violentes, son verdict puis l'amnistie votée précipitamment par les députés[10] laissent un sentiment amer d'injustice aux rescapés et aux familles des victimes qui considèrent qu'Oradour a été « tué deux fois ». Le criminel de guerre Lammerding, jamais extradé d'Allemagne, meurt « dans son lit » en 1971.

Après-guerre : militantisme syndical, politique et associatif

Ayant réussi le concours pour travailler aux PTT en 1945, Camille Senon y accomplit sa carrière. Nommée à Paris-chèques en 1950, elle devient une militante syndicaliste de la Fédération CGT des PTT. Secrétaire du syndicat des chèques postaux de Paris, une des plus grosses entreprises tertiaires de main d'œuvre féminine de la région parisienne[11] puis du syndicat des services financiers, elle est une des dirigeantes de la fédération « postale » de 1960 à 1975. Elle participe aux grèves qui secouent la profession en 1953, 1968 et 1974. Elle est en retraite en 1985.

Parallèlement à son activité de militante syndicale et au Parti communiste, auquel elle adhère en 1951, elle s'investit dans les associations des familles de victimes du nazisme. Membre de l'Association des familles des martyrs d'Oradour-sur-Glane, avec sa mère, dès la fin 1944, elle est longtemps active dans l'Association des familles de fusillés et massacrés de la Résistance, (aux côtés de Mathilde Gabriel-Péri), dont elle devient présidente, dans l'Association du Souvenir des Fusillés du Mont Valérien, et à la direction de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP).

En 2014, elle figure sur la liste du Front de gauche aux élections municipales de 2014 à Limoges[12].

Âgée de cent ans en 2025, elle témoigne sur la tragédie qu'elle a vécue[13].

Le , Camille Senon meurt à Limoges[14]. Sa disparition suscite de nombreux hommages dans la presse nationale, de L'Humanité au Figaro[15], et régionale. Ses cendres sont dispersées, selon sa volonté, dans le jardin du souvenir du cimetière d'Oradour-sur-Glane[16].

Publication

  • Camille Senon : survivante du tramway d'Oradour-sur-Glane : aurai-je assez vécu pour tous ceux qui sont morts ?, écrit avec la collaboration de Guy Perlier, Brive-la-Gaillarde, éditions Les Monédières, 2013 (ISBN 978-2-36340-048-2).

Reconnaissance

  • Le , une « Allée Camille-Senon » est inaugurée[17] à Saint-Junien (Haute-Vienne).
  • En sort un album de BD, Oradour 1944. L'Innocence assassinée (scénario : Jean-François Miniac ; dessin : Bruno Marivain ; supervision pour moitié : Robert Hébras ; éditions Anspach) dont Camille Senon, consultée au fil de la réalisation, est l'un des protagonistes principaux.

Décorations

Notes et références

Voir aussi

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