Camp Barkhale
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Camp Barkhale | ||
Chemin traversant le site néolithique de Camp Barkhale. | ||
| Localisation | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Nation | ||
| Région | Angleterre du Sud-Est | |
| Comté | Sussex de l'Ouest | |
| Type | Enceinte à fossés interrompus | |
| Protection | Scheduled monument (1967) | |
| Coordonnées | 50° 54′ 17″ nord, 0° 36′ 49″ ouest | |
| Superficie | 2,79 ha = 27 900 m2 | |
| Histoire | ||
| Culture | Néolithique | |
| Géolocalisation sur la carte : Angleterre
| ||
| modifier |
||
Le Camp Barkhale (en anglais : Barkhale Camp, [bɑːkheɪl kæmp]) est une enceinte à fossés interrompus du Néolithique, site archéologique situé sur Bignor Hill, dans les South Downs, dans le Sussex de l'Ouest, en Angleterre. Les enceintes à fossés interrompus sont construites en Angleterre à partir de peu avant 3700 av. J.-C. et jusqu’au moins 3500 av. J.-C. Elles se caractérisent par l’enclosure totale ou partielle d’un espace au moyen de fossés discontinus, séparés par des passages ou « chaussées ». Leur fonction demeure incertaine : elles ont pu servir d’habitats, de lieux de rassemblement ou d’espaces rituels.
L’enceinte de Camp Barkhale est identifiée pour la première fois en 1929 par John Ryle, puis relevée l’année suivante par E. Cecil Curwen, qui la mentionne comme site possiblement néolithique dans un article publié en 1930, première tentative de recensement systématique des enceintes à fossés interrompus d’Angleterre.
Un petit sondage est réalisé en 1930 par Ryle, puis une campagne de fouilles plus étendue est menée par Veronica Seton-Williams entre 1958 et 1961. Ces travaux confirment le relevé de Curwen et mettent au jour un assemblage lithique caractéristique du Néolithique. Peter Leach entreprend une nouvelle intervention avant le défrichement de la partie méridionale du site en 1978. Il examine plusieurs tertres à l’intérieur de l’enceinte et tente de reconstituer le tracé du fossé et du talus le long de la limite sud.
Aucun matériau exploitable pour une datation au radiocarbone n’est découvert, ce qui empêche une datation précise du site. Leach propose néanmoins une attribution au Néolithique ancien, entre 4000 et 3300 av. J.-C.
Le site appartient aujourd’hui au National Trust. Il est protégé en tant que scheduled monument depuis 1967.
Le Camp Barkhale est une enceinte à fossés interrompus[1], une forme de terrassement construite en Europe du Nord-Ouest, notamment dans les îles Britanniques méridionales, au Néolithique ancien[2],[3]. Les enceintes à fossés interrompus sont des espaces totalement ou partiellement délimités par des fossés séparés par des interruptions, ou « chaussées », laissées intactes, souvent associés à divers aménagements de terre et à des palissades[4].
L’usage de ces enceintes fait depuis longtemps l’objet de débats[2]. Les chaussées sont difficiles à interpréter d’un point de vue militaire, puisqu’elles offrent plusieurs points de passage permettant à d’éventuels assaillants de franchir les fossés et d’entrer dans l’enceinte, bien qu’il soit parfois proposé qu’elles servent de sorties pour permettre aux défenseurs de lancer des contre-attaques[5]. Des traces d’attaques observées sur certains sites étayent l’hypothèse d’habitats fortifiés[2].
Ces enceintes peuvent également servir de lieux de rassemblement saisonniers, utilisés pour l’échange de bétail ou d’autres biens, comme la céramique. Des indices montrent aussi qu’elles jouent un rôle dans les pratiques funéraires : des dépôts intentionnels de nourriture, de poterie et de restes humains sont placés dans les fossés[2]. Leur construction ne prend qu’un temps relativement court, ce qui implique un degré élevé d’organisation sociale, compte tenu de la main-d’œuvre nécessaire pour défricher le terrain, préparer les arbres destinés aux poteaux ou aux palissades, et creuser les fossés[4].
Plus de soixante-dix enceintes à fossés interrompus sont identifiées dans les îles britanniques[2], ce qui en fait l’un des types de sites néolithiques anciens les plus fréquents d’Europe occidentale[4]. Environ un millier d’exemples sont connus au total. Leur apparition se produit à des périodes différentes selon les régions d’Europe : les datations vont d’avant 4000 av. J.-C. dans le nord de la France à peu avant 3000 av. J.-C. dans le nord de l’Allemagne, au Danemark et en Pologne[4].
Dans le sud de la Grande-Bretagne, ces enceintes apparaissent peu avant 3700 av. J.-C. et continuent d’être construites pendant au moins deux siècles ; dans certains cas, elles restent utilisées jusqu’entre 3300 et 3200 av. J.-C[1],[2].
