Le site se trouve au bord de la Danube, à environ 8 km au sud-ouest de la garnison romaine la plus proche d'Albertfalva.
La première construction, en terre et en bois, remonte à l'empereur Domitien. Une unité de cavalerie, l'Ala I Tungrorum Frontoniana(de), y était stationnée pour protéger la population celte des Eravisces et avait été transférée depuis Aquincum, ville voisine. Le fort mesurait 178 × 200 m[2].
Il s'agissait d'un castrum conforme aux standards de nombreux autres présents le long du limes Pannonicus à la même époque, avec des angles arrondis et entouré d'un double fossé. À chaque angle se dressait une tour trapézoïdale. Le projet prévoyait également une défense particulière devant chacun des deux côtés longitudinaux des Porta principalis dextra et sinistra, flanquée de deux tours de 4 × 3,50 m de base. Le côté où se trouvait la Porta Praetoria faisait face à l'ennemi, en l'occurrence les Iazyges-Sarmates, sur la rive orientale du Danube. Lors d'une phase ultérieure de construction, le fort fut doté de deux tours intermédiaires supplémentaires sur chacun de ses quatre côtés, en saillie vers l'intérieur. À la fin du IIe ou au début du IIIesiècle, les deux tours situées de part et d'autre du secteur de la Porta Praetoria furent transformées en tours semi-circulaires en saillie. Ference Fülep a suggéré que la même chose pourrait également s'être produite pour les tours situées le long du côté opposé de la Porta Decumana, et donc pour les tours d'angle au nord-ouest et au nord-est[4].
Statue de Vénus à Campona (Nagytéteny).
Le camp fut gravement endommagé par les Iazyges sarmates vers 322, sous le règne de Constantin le Grand, et reconstruite peu après (peut-être sous le règne de Constantin II)[5]. À cette occasion, les tours furent reconstruites en forme de fer à cheval ou d’éventail, le fossé intérieur comblé, tandis que deux nouveaux fossés extérieurs furent creusés autour des murs, grâce notamment au soutien des vexillations de la Legio I Adiutrix stationnée à Aquincum.
À cette occasion ou immédiatement après, les deux entrées latérales, celles qui longeaient la Via Principalis, furent fermées. Il convient d'ajouter qu'à l'époque de l'empereur Valentinien Ier, probablement lors des campagnes militaires menées contre les Quades et les Iazyges] (374-375), des travaux de restauration furent entrepris sur la Porta Decumana en forme de U, comme l'ont révélé les fouilles de 2005 et les nombreuses tegula portant l'inscription au nom du gouverneur de Pannonie de l'époque, Terentius[6]. Enfin, l'archéologie moderne a démontré que cette forteresse était encore utilisée vers 400.
↑Zsolt Visy, Der pannonische Limes in Ungarn. Theiss, Stuttgart 1988 (ISBN3-8062-0488-8).
↑László Kocsis, Campona Castellum, in The Roman army in Pannonia, a cura di Zsolt Visy, Teleki Lázló Foundation 2003 (ISBN963-86388-2-6).
↑Ferenc Fülep, voce Campona, in Paulys Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft (RE), Supplementband XI, Stuttgart 1968, col. 357–368.
↑ Endre Tóth, Die spätrömische Militärarchitektur in Transdanubien, in Archaeologiai Értesitő 134, pp. 33-38; Adolf Lippold, Die Historia Augusta, Stuttgart 1998, p. 377; Péter Kovács, Annamatia Castellum, p.120.
↑Endre Tóth, Die spätrömische Militärarchitektur in Transdanubien, in Archaeologiai Értesitő 134, p.38 et 52.
Bibliographie
(en) László Kocsis, Restart of the research in the Roman castle of Campona in Nagytétény-Budapest, district XXII, (Preliminary report), (Wiederaufnahme der Grabungen am römischen Kastell Campona in Nagytétény-Budapest, XXII. Bezirk (Vorbericht)) in Specimina nova 16, 2002, S. 183–198.
Ferenc Fülep, Les Fouilles du camp romain de Nagytétény (Die Ausgrabungen am Kastell Nagytétény) in László Vértes (Hrsg.), Programme et discours des chercheurs hongrois à la Conference Archéologique de la Académie Hongroise des Sciences, Budapest, 1955, S. 213–221.
(hu) Zsolt Mráv, Campona Victrix. Győzedelmes Campona. Nagytétény a római korban, Magyar Nemzeti Múzeum, Budapest, 2022 (ISBN978-615-5978-74-6).
(de) Zsolt Visy, Der pannonische Limes in Ungarn, Theiss, Stuttgart, 1988 (ISBN3-8062-0488-8).