L'hebdomadaire est antiparlementaire, antirépublicain, vivement anticommuniste, antidémocrate, «résolument antisémite», et «très favorable à l'Italie fasciste»[2]. Après le 6 février 1934, il se radicalise, comme le reste de l'extrême droite et une bonne partie de la droite, sans atteindre le fascisme musclé de Je suis partout et en conservant un ton léger. L'hostilité aux Juifs et aux étrangers s'affirme. Alors qu'il a souvent mis en garde contre le péril allemand, Candide approuve les accords de Munich, suivant l'évolution de la mouvance maurrassienne.
Imprimé en grand format (43 sur 60 cm), le journal tire à 80 000 exemplaires la première année, presque 150 000 en 1930, puis à 340 000 exemplaires au moins à partir de 1936 (465 000 même, cette année-là, selon le professeur Pierre Albert[3]). Il exerce une influence importante en politique dans les milieux conservateurs et réactionnaires et sa page littéraire est respectée au-delà: Albert Thibaudet, qui n'avait rien d'un homme d'extrême droite, y écrit (il meurt en 1936), ainsi que Georges Duhamel («Le parc national du silence», no373, ). À partir de 1936 surtout, Candide tente de convaincre ses lecteurs de l'imminence d'un coup d'État communiste en France.
En 1939, après la chute de la Seconde République espagnole, le journal s'oppose en des termes violents à l'arrivée de réfugiés sur le sol français: «Toute la lie, toute la pègre de Barcelone, tous les assassins, les tchékistes, les bourreaux, les déterreurs de carmélites, tous les voleurs, tous les pillards sacrilèges, tous les Thénardiers de l’émeute font irruption sur notre sol»[4],[5].