Gringoire

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Gringoire
Image illustrative de l’article Gringoire
Une de Gringoire signée Raymond Recouly (janvier 1938).

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Genre Politique, littéraire, nationaliste
Date de fondation 1928
Date du dernier numéro 1944
Ville d’édition Paris

Gringoire est un hebdomadaire politique et littéraire français de droite fondé en 1928 par Horace de Carbuccia assisté de Georges Suarez et de Joseph Kessel[1].

C'est l'un des grands hebdomadaires de l'entre-deux-guerres, selon une formule inventée par le journal Candide, et qui est reprise, non seulement par Gringoire, mais aussi par les hebdomadaires de gauche Vendredi et Marianne : une place importante accordée à la politique, une page littéraire de qualité, de grands reportages et de grands feuilletons (en l'occurrence avec Pierre Drieu la Rochelle et Francis Carco), des dessins satiriques (le principal dessinateur de Gringoire est Roger Roy), une présentation simple.

D'emblée, Gringoire est pamphlétaire. C'est même le principal trait commun d'un journal que Carbuccia lui-même définit comme « une macédoine ». Le marxisme et la gauche en général sont ses cibles favorites. Il représente le courant de droite qui appuie le gouvernement d'union nationale de Raymond Poincaré, avec un esprit ancien combattant qui imprègne le journal jusqu'à la fin. Gringoire mène des campagnes de presse contre le communisme, comme celle dirigée contre l'Allemand Hugo Eberlein.

La direction du périodique est alors suffisamment éclectique pour accueillir vers 1928-1930 des caricatures de Romanin, pseudonyme du sous-préfet Jean Moulin, radical et républicain irréprochable.

Après le 6 février 1934, suivant le mouvement général de radicalisation de la vie politique française, l'influence de l'Action française se fait sentir bien que Gringoire ne soit pas monarchiste. En , il se prononce contre les sanctions internationales imposées à l'Italie fasciste après son invasion de l'Éthiopie. Gringoire se montre favorable au régime italien, ainsi qu'à la dictature de Salazar au Portugal, tout en dénonçant le nazisme[2]. Son envoyé spécial en Allemagne, Xavier de Hauteclocque, signe plusieurs articles retentissants dénonçant le national-socialisme avant de mourir en 1935, peut-être empoisonné par les services hitlériens[2].

Ce périodique développe également une anglophobie de plus en plus marquée. Henri Béraud, rédacteur du journal, publie, dans l'édition du , un article humoristique intitulé « Faut-il réduire l'Angleterre en esclavage ? » De 1930 à 1936, le journal, d'abord germanophobe et nationaliste, glisse vers une hostilité à la guerre contre l'Allemagne en raison de la faiblesse militaire de la France au moment où le militarisme monte en Allemagne.

Romain Gary publia deux nouvelles dans Gringoire : L'Orage (le ), puis Une petite femme (le ), sous son véritable nom, Roman Kacew. Lorsque le journal, considéré comme « fortement orienté à droite, puis à l'extrême droite[1] », afficha des idées hostiles à l'arrivée en France de Juifs étrangers, Gary renonça à envoyer ses écrits, malgré l'importante rétribution versée à la publication (1 000 francs la page  six colonnes  en 1935)[1].

Du nationalisme au vichysme

Notes et références

Voir aussi

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