Cannabinoïde de synthèse

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Les cannabinoïdes de synthèse sont des substances psychotropes de synthèse, ayant un effet analogue aux cannabinoïdes naturels : ils se lient aux mêmes récepteurs, les récepteurs cannabinoïdes. Malgré cette analogie, ils peuvent être sensiblement plus forts et, de ce fait, bien plus addictifs que le THC issu du cannabis.

Un sachet de Spice, qui contenait en 2008 de l'herbe additionnée de cannabinoïdes de synthèse, notamment l'un des premiers découverts, le JWH-018.

Noms

Les cannabinoïdes de synthèse, associés à de l'herbe (de cannabis ou non), sont vendus sous divers noms : cannabis synthétique, spleen, buddha blue, pète ton crâne (PTC)[1], K2, Spice[2], etc. Il n'existe pas d'association cohérente entre les différentes appellations commerciales ou communes et un composé chimique précis.

Historique

Les premiers cannabinoïdes de synthèse sont issus de modifications du THC, effectuées pour mieux comprendre le système endocannabinoïde. La découverte des récepteurs cannabinoïdes à la fin des années 1980 a permis d'ouvrir de nouvelles perspectives.

Les premiers cannabinoïdes purement synthétiques sont issus des travaux du chimiste américain John W. Huffman[3]. Pendant près de 20 ans il a synthétisé avec son équipe plus de 400 composés, la série "JWH-x", dont un grand nombre de naphthoylindoles, naphthoylpyrroles et dibenzopyrane. Ils publient la première synthèse d'un cannabinoïde totalement artificiel en 1993.

En 2008, le premier cannabinoïde de synthèse est retrouvé dans un échantillon de drogue vendu comme "Spice" : c'est le JWH-018.

Chimie

On peut distinguer plusieurs grandes familles de cannabinoïdes de synthèse : ceux dont la structure reste chimiquement proche des cannabinoïdes issus du cannabis, et d'ailleurs souvent obtenus par hémisynthèse à partir de la plante. On y intègre notamment tous les dérivés du noyau benzochromène. Et ceux dont la structure chimique est totalement différente du THC et du CBD. Leur action commune sur les récepteurs cannabinoïdes n'implique en effet pas d'analogie structurale évidente. Parmi ces derniers, les dérivés du 3-carboxamide indazole sont les plus répandus parmi les stupéfiants analysés depuis le début des années 2020.

Effets

Du fait de sa composition chimique différente de celle du cannabis classique, le cannabis de synthèse était initialement indétectable dans les tests de dopage et aurait été, à ce titre, particulièrement prisé des sportifs et des militaires[4].

Entre 2010 et 2011, l'American Association of Poison Control Centers a rapporté 9 500 appels impliquant une toxicité par cannabis de synthèse (au moins 7 000 en 2015). Et, en Europe, des décès par overdose ont été rapportés, notamment, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. En outre, plusieurs études et revues de la littérature ont montré une association entre la consommation de cannabis de synthèse et la survenue d'hallucinations et de paranoïa, mais aussi d'infarctus du myocarde chez des adolescents[5].

Légalité

La légalité des cannabinoïdes de synthèse est un sujet en constante évolution, car les autorités doivent interdire les substances au fur et à mesure qu'elles sont inventées, comme c'est le cas en Suisse[6]. Ceci soulève des questions sur l'évolution du cadre légal. « Ce jeu du chat et de la souris entre producteurs/vendeurs et autorités a ses limites puisque les molécules sont souvent remplacées par d’autres lorsqu’elles sont interdites. Ce n’est donc pas une situation idéale et réfléchir à un autre type de régulation fait certainement sens » affirme Frank Zobel, directeur adjoint d’Addiction Suisse[7].

Notes et références

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