Canton de Lourdes-Est

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Lourdes-Est
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Hautes-Pyrénées
Arrondissement(s) Arrondissement d'Argelès-Gazost
Chef-lieu Lourdes
Conseiller général
Mandat
Josette Bourdeu
2008-2015
Code canton 65 12
Démographie
Population 10 653 hab. (2012)
Géographie
Coordonnées 43° 06′ 00″ nord, 0° 03′ 00″ ouest
Subdivisions
Communes 27

Le canton de Lourdes-Est est un ancien canton français situé dans le département des Hautes-Pyrénées et la région Midi-Pyrénées. En application du redécoupage cantonal de 2014 en France, le canton de Lourdes-Est se retrouve désormais dans le canton de Lourdes-2, qui correspond à l'ancien canton de Lourdes-Est augmenté de la commune d'Adé[1].

Vue sur une partie de la Baronnie des Angles depuis Bourréac : la plaine de Lézignan au premier plan avec le village d'Arcizac-ez-Angles, le donjon du château du village des Angles au deuxième plan, les crêtes de Germs-sur-l'Oussouet et celles de Sère-Lanso, le pic du Montaigu et le pic du Midi de Bigorre au fond.

Topographie

Le canton de Lourdes-Est est une entité territoriale au sein d'un ensemble plus large, le Pays de Lourdes, dont l'identité culturelle et économique est plus affirmée aujourd'hui que par le passé, en raison du rôle central exercé par la ville de Lourdes. Le Pays de Lourdes rassemble trois cantons : Lourdes-Est, Lourdes-Ouest et Saint-Pé-de-Bigorre.

Le canton de Lourdes-Est est à la fois un canton de piémont et de montagne, il associe des vallées, de hautes collines et des sommets montagneux. Il est limité :

Hydrographie

Deux bassins hydrographiques se partagent le territoire, celui de l'Echez qui se dirige vers le nord pour rejoindre l'Adour et celui du Neez, un affluent du gave de Pau qu'il rejoint en amont de Lourdes. De fait ces deux bassins correspondent plus ou moins aux deux entités historiques qui constituent le canton, la Baronnie des Angles pour l'Echez, l'Estrem de Castelloubon pour le Neez. Le lieu de passage entre les deux vallées se situe au col de Lingous.

Accès et réseau routier

Le canton de Lourdes-Est possède la singularité d'être à la fois très proche des grands axes de communication, et donc très bien desservi, et, en même temps d'être à l'écart ou à côté. Il est aux portes de la ville de Lourdes, en bordure de la Nationale 21 reliée à l'autoroute La Pyrénéenne à 10 km de Lourdes, et traversé par la D937 reliant Lourdes à Bagnères-de-Bigorre.

Il offre très rapidement le sentiment d'une rupture rapide, et d'une évasion vers de nouveaux horizons, pour peu que l'on s'engage dans une des routes départementales à lacets qui conduisent à de petits villages très « Vieille Bigorre », entourés de prés et de bois au-delà desquels s'ouvrent les grands espaces ouverts qui les dominent.

Les deux principales routes départementales qui traversent en profondeur le canton sont la D26, dans la vallée du Castelloubon, et la D7 en Baronnie des Angles ; toutes deux se rejoignent au col de Lingous :

  • La D26 dessert le Castelloubon en le reliant à la D13 et à la N21, au Pont Neuf, la porte du Lavedan, avant l'accès à la 4 voies de Lourdes-Argelès. La D13 dessert la vallée de Dabant-Aygues (rive droite du gave), les trois premiers villages traversés (Lugagnan, Ger et Geu) font partie du Castelloubon, ainsi que Berbérust-Lias accessible depuis Lugagnan par une route à flanc de montagne.
  • La D7 dessert la Baronnie des Angles selon un axe nord-sud, d'une part vers le sud en direction du col de Lingous et de la Croix Blanche à partir d'Arcizac-ez-Angles, d'autre part vers le nord en direction de Lézignan puis de Bourréac et de Paréac pour rejoindre au-delà la vallée de l'Echez et le marquisat de Bénac.

Histoire

Extrait de la carte de Cassini correspondant à la zone du canton de Lourdes-Est et à une partie de celui de Bagnères de Bigorre

Origine

Le canton de Lourdes-Est a été créé en 1973 par partition de l'ancien canton de Lourdes, créé en 1790, en deux cantons (Lourdes-Est et Lourdes-Ouest).

En sus de Lourdes, le canton associe deux territoires voisins qui jusqu'en 1789 ont formé deux entités historiques et administratives distinctes en tant que seigneuries différentes : la Baronnie des Angles d'une part et l'Estrem de Castelloubon d'autre part, ce dernier constituant une des sept vallées du Lavedan et relevant comme tel de la vicomté du Lavedan.

Sur le plan religieux, le village des Angles a été le siège d'un archidiaconé parmi les plus importants de Bigorre avec ceux du Lavedan et de Tarbes et d'un archiprêtré. Cette organisation religieuse est décrite par Jean Bourdette dans son livre consacré à la Baronnie des Angles intitulé Notice des Barons de Angles[2]

Toponymie

Toute la zone pyrénéenne a une toponymie abondante qui documente l'histoire locale, village par village. En raison de leur caractère très varié et très différencié, celle des villages du Pays de Lourdes dont fait partie le canton de Lourdes-Est, et du Lavedan en général, est particulièrement riche. Cette toponymie a été particulièrement développée du fait d'un enracinement paysan qui est à relier au système familial pyrénéen.

Une collecte de ce patrimoine culturel immatériel fait l'objet d'une activité associative dans des communes du canton de Lourdes-Est (Bourréac, Lézignan et Les Angles). Elle s'appuie à Lézignan sur la récente médiathèque de la communauté de communes de la Baronnie des Angles qui bénéficie d'un accès public à l'outil informatique.

Représentation

On retrouvera dans un livre[3] consacré aux conseillers généraux des Hautes-Pyrénées, de 1800 à 2007, une biographie de chacun de ces conseillers dont ceux du canton de Lourdes.

Conseillers généraux du canton de Lourdes-Est depuis la partition du canton de Lourdes en 1973, et jusqu'en 2015

Liste des conseillers généraux successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1973 1994 François Abadie PRG Directeur commercial
Maire de Lourdes de 1971 à 1989
Député de 1973 à 1981
Sénateur de 1983 à 2001
Secrétaire d'Etat au Tourisme
1994 2001 Philippe Douste-Blazy UDF Cardiologue
Maire de Lourdes de 1989 à 2000
Député Européen de 1989 à 1993
Député des Hautes-Pyrénées de mars à mai 1993 et de 1997 à 2002
Ministre
2001 2015 Josette Bourdeu PRG Infirmière libérale
Conseillère municipale de Lourdes
Vice-Présidente du Conseil Général
Maire de Lourdes (2014-2020)
Présidente de la Communauté de communes du Pays de Lourdes (2014-2017)

Conseillers généraux du canton de Lourdes avant la partition (1833-1973)

Liste des conseillers généraux successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1970 1973 François Abadie MRG Maire de Lourdes
1961 1970 Georges Béguère
(fils du précédent)
DVD Chef d'entreprise
1945 1960
(décès)
Antoine Béguère DVD Maire de Lourdes
         
1919 1940 Laurent Bouriot DVD Médecin - Maire de Lourdes
Nommé membre de la Commission administrative départementale[4]
Nommé conseiller départemental en 1943[5]
1909[6] 1919 Justin Lacaze
(1859-1926)
DVD Négociant
Maire de Lourdes (1904-1919 et 1925-1926)
1901[7] 1908
(décès)[8]
Baptiste Lapeyre
(fils de N.Lapeyre)
Républicain Avocat au barreau de Lourdes, conseiller d'arrondissement
1867 1901
(décès)[9]
Nestor Lapeyre Bonapartiste
puis Républicain
Maire de Lourdes
1839 1867 Pierre Dauzat-Dembarrère
(fils du précédent)
  Avocat à Paris, puis substitut à Lourdes
1833 1839
(décès)
Basile Dauzat   Ancien militaire, ancien député (1805-1815), ancien Sous-Préfet

sources : Les conseillers généraux des Hautes-Pyrénées 1800-2007, dictionnaire biographique, Archives départementales de Tarbes

Conseillers d'arrondissement du canton de Lourdes (de 1833 à 1940)

Le canton de Lourdes avait deux conseillers d'arrondissement.

Liste des conseillers d'arrondissement successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1833 1836 M. Couat   Négociant, propriétaire à Lourdes
1833 1839 M. Pailhasson   Pharmacien à Lourdes
1836 1842 Martin Latour   Avocat, maire de Lourdes
1839 1848 M. Dupont   Propriétaire à Lourdes
1842 1848 M. Latour-Brie   Juge d'instruction au Tribunal civil de Lourdes
         
1895   M. Vergez Conservateur  
1895   M. Gazagne Conservateur  
1898 1901 Baptiste Lapeyre Républicain
rallié
Avocat au barreau de Lourdes
         
    Auguste-Albert Vergez Républicain Médecin à Lourdes
    Delphin Camps Modéré Adjoint au maire de Lourdes
  1940 Léo Daurat Républicain Hôtelier, conseiller municipal de Lourdes
  1940 Alexandre Richard Républicain  
1940       Les conseils d'arrondissement ont été suspendus par la loi du 12 octobre 1940
et n'ont jamais été réactivés
Les données manquantes sont à compléter.

Composition

Communes

Le canton de Lourdes-2, anciennement canton de Lourdes-Est, est composé d'une partie de Lourdes et des 27 communes rurales suivantes :

Cartographie des cantons Lourdes 1 et Lourdes 2 : en jaune : Lourdes-1, en vert foncé : Lourdes-2

.

Les quartiers de Lourdes inclus dans le canton de Lourdes-Est se situent pour partie à l'est et au sud de la ligne de chemin de fer en partant de la gare, dans la direction de Tarbes, et correspondent pour l'essentiel, à la ville haute dont le quartier de la Mairie et des Halles, à l'exception de la Vieille-Ville (quartier du château fort). La ville basse et ses quartiers voués à l'hôtellerie et aux commerces d'articles religieux, ainsi que les sanctuaires, se trouvent dans le Canton de Lourdes-Ouest.

Communautés de communes

Le canton de Lourdes-Est comprend en totalité trois communautés de communes (celles de la Baronnie des Angles, du Castelloubon et de la Croix blanche) et une partie de la communauté de communes du Pays de Lourdes (une partie de la commune de Lourdes et les communes de Julos et Paréac).

Démographie

L'évolution des effectifs de population des communes de France, de 1793 à nos jours, peut être connue via le site Cassini de l'EHESS[10] complétée par les valeurs fournies pour 2009 par l'INSEE.On obtient les résultats suivants pour les communes du canton de Lourdes-Est :

Évolution du nombre d'habitants des communes du canton de Lourdes-Est
Commune 1806 1821 1861 1901 1921 1936 1968 1990 1999 2009
Les Angles 346328343227180177151145141133
Arcizac-ez-Angles 211250240189188195138157191265
Arrayou-Lahitte 237217317179163142988393101
Arrodets-ez-Angles 307260257212169155946281111
Artigues 56728453444130242925
Berbérust-Lias 19823820416215012669484054
Bourréac 22014011094766141467090
Cheust 310267279233185165108979486
Escoubès-Pouts 217231256189137110826896103
Gazost 400391502392325276159135117138
Ger 157121173189171151117118128173
Germs-sur-l'Oussouet 400497604607424327208122118119
Geu 158172192150119100105116145170
Gez-ez-Angles 11415010997874725232221
Jarret 225257250210144134121225219328
Julos 299324312223213189188218241337
Juncalas 296439401347252241214170193189
Lézignan 390432363405290241214431390379
Lugagnan 7289133181135123165173171168
Ossun-ez-Angles 143173177128715636193239
Ourdis-Cotdoussan 62765562433447535350
Ourdon 5710078655146179610
Ousté 1551561981581139562374645
Paréac 1561461641351109974756966
Saint-Créac 13619221020817414012911711592
Sère-Lanso 14714022116713812282645459
Total des villages du canton 5571612063925379421336692804283529543240
Lourdes ville (sur les deux cantons) 306133934310870887361152917939163001520315491

Entre autres on remarquera l'importance passée de Germs-sur-l'Oussouet située à la porte des estives locales ce qui en faisait un centre d'activités pastorales. Après avoir vu décliner fortement leur population tout au long du XXe siècle, presque tous ces villages ont aujourd'hui une population permanente qui se maintient, voire en augmentation, du fait de résidents permanents dont le lieu de travail est en ville, sur Lourdes ou sur Tarbes. L'accroissement majeur reste toutefois celui de la population temporaire qui résulte des résidences secondaires et des locations saisonnières.

Vie associative et culturelle

À l'échelle de chaque commune ou parfois de groupes de communes rurales, il existe une association qui organise des activités de loisirs et de vie collective dont la mention doit apparaître dans l'article consacré à chaque commune. Avec un rayonnement couvrant l'une ou l'autre des deux zones historiques et culturelles du canton, La Baronnie des Angles et le Castelloubon, on a :

  • Animation en Baronnie des Angles (ABA)
Char fleuri lors de la fête de la Terre organisée par la JAC, aux Angles en 1948

L'activité paroissiale porte sur la totalité du pays de Lourdes, donc sur les trois cantons de Lourdes-Est, Lourdes-Ouest et Saint-Pé de Bigorre. Elle est très vivante, indépendamment de la place occupée par les sanctuaires de Lourdes, et s'exprime dans un bulletin mensuel, A Nouste, bien documenté grâce à des contributions sur différents sujets écrites par des lecteurs dans chaque village. Dans l'après guerre, de 1946 à 1952, le canton de Lourdes a connu une forte activité de la JAC (Jeunesse agricole catholique) qui a contribué aux changements sociaux et techniques de l'agriculture et du monde paysan à cette époque. Elle se manifestait en particulier par l'organisation de Fêtes de la Terre.

Le patrimoine historique, architectural et environnemental

Les églises de villages et leurs retables bigourdans

Nombre d'églises du canton de Lourdes-Est comme d'autres villages de Bigorre, se distinguent par leurs retables et autel en bois doré, œuvres, pour la plupart, de la dynastie des Ferrère. Ne sont mentionnées ci après que les églises des villages du canton inscrites à l'inventaire des Monuments historiques (© MH) ou détenant des ouvrages inscrits. On doit y rajouter celui de l'ancienne église paroissiale Saint-Pierre, à Lourdes, présent dans la chapelle du château fort.

  • Geu : église Saint-Martin XIIe siècle, © MH.
  • Julos : église Saint-Pierre, XIIe et XVIIIe siècles, © MH. Autel, retable et tabernacle en bois sculpté : Le Reniement de saint Pierre, XVIIIe siècle, © MH.
  • Ourdis-Cotdoussan : église Saint-Jacques XVIIe siècle et 4e quart du XVIIIe siècle, © MH et Retable XVIIe siècle, © MH.
  • Escoubes-Pouts : église Saint-Jean-Baptiste. Sculpture, bas-relief, pierre de Lourdes, (La Crucifixion, Sainte Barbe, la Vierge de Pitié), XVIIIe siècle, © MH.
  • Juncalas : église Notre Dame. Maître-autel, tabernacle et retable, décoré de trois bas-reliefs : l'Assomption de la Vierge, la Vierge du Rosaire et Saint Michel, XVIIIe siècle, © MH.
  • Lézignan : église de la Toussaint. Maître-autel, tabernacle et retable de l'Assomption, avec les anges adorateurs, XVIIIe siècle, © MH.
  • Paréac : maître-autel, tabernacle, retable et sa toile représentant l'Assomption, XVIIIe siècle, © MH.

Trois lieux chargés d'histoire

  • Le château des Angles aux Angles

Le château fort des Angles, sur sa motte féodale, se trouve dans le village des Angles. Abandonné à partir du XVe siècle par les barons des Angles[11], le château laissé à l'abandon tomba en ruines. Passé dans le domaine public, le château y demeura jusqu'en 1980. De l'édifice perdu au milieu des taillis de châtaigniers ne restait qu'une bâtisse à l'entrée du site et le donjon, imposant encore, dont une partie était écroulée. En 1980, Jack Cernaix et son épouse parvinrent à racheter les ruines et le terrain à la municipalité de l'époque[12],[13]. Le donjon a été reconstruit, selon les plans des architectes des bâtiments de France, à l'identique de la construction originelle, ainsi que l'ancien logis qui est aujourd'hui un gîte rural. L'ensemble des bâtiments ainsi restaurés laisse une impression visuelle forte dans le paysage du territoire de la Baronnie au point que ce château en est redevenu un élément identitaire repris dans le logo de la communauté de communes de la Baronnie des Angles. On se reportera à l'article Baronnie des Angles, l'une des huit baronnies du Comté de Bigorre, pour l'histoire des barons des Angles attachée à ce château.

Elles se dressent sur un site remarquable, un piton calcaire isolé sur la rive droite du gave qui domine le village de Geu et la vallée d'Argelès de près de 100 m. Elles sont visibles depuis la nationale de Lourdes à Argelès-Gazost. À la base du piton, à l'est, se trouve une grande carrière qui exploitait le calcaire pour en faire de la chaux et maintenant pour la production de gravier (Sté Daniel). Le château qui contrôlait l'accès Nord de la vallée fut fondé au début du XIVe siècle par les vicomtes du Lavedan pour être le fief d'Arnaud, fils puîné du vicomte Raymond Garcie IV[14]. Jean de Béarn, commandant la place de Lourdes pour le roi d'Angleterre, s'en empara à la fin du XIVe siècle. La garnison anglaise abandonna le château en 1404 après l'avoir démantelé. Arnaud de Lavedan retrouva alors son bien et le releva de ses ruines. Le site fut ensuite occupé pendant deux siècles, mais le , il fut ravagé par le même tremblement de terre qui détruisit aussi le château de Castelloubon et l'abbaye de Saint-Savin. On accède aux ruines par le Sud, en empruntant un chemin qui part derrière l'église de Geu. Comme à Castelloubon, des falaises ou de très fortes pentes bordent l'édifice et l'accès sans précaution peut être dangereux. Il demeure les vestiges de plusieurs enceintes successives, parfois taillées dans le roc, et la base du donjon sur la partie la plus élevée de la colline. La partie la plus visible est un pan de mur d'une dizaine de mètres de longueur sur environ m de hauteur, au Nord. On ne peut que regretter l'état d'abandon mais l'impression laissée reste très forte.

Le château de Castelloubon a donné son nom à la vallée. Ce nom rappelle l'origine de sa fondation, au début du Xe siècle, par le premier vicomte du Lavedan, Mansion Loup, issu de la dynastie de Loup Ier de Vasconie[15] qui a donné les premiers ducs de Vasconie et comtes de Bigorre. Le château fut la résidence des vicomtes du Lavedan jusqu'au début du XIe siècle. Un tremblement de terre ravagea les bâtiments en 1660, entraînant l'abandon définitif du site et sa ruine. Visibles depuis la départementale, à hauteur de Cheust, les ruines dominent en nid d'aigle la vallée orientée est-ouest, du sommet d'un piton calcaire entouré de falaises abruptes et couvert de buis. L'accès est possible depuis Cotdoussan mais le parcours n'est pas tracé et peut être dangereux. Les vestiges d'un donjon rectangulaire sont encore bien visibles, ainsi que les murs d'une petite chapelle avec des restes de peinture, des portions relativement nettes de l'ancien mur d'enceinte et des traces de logis près du donjon.

Les vieilles maisons et fermes bigourdannes

Détails de charpente de grange-étable avec coyau à Bourréac

Des maisons paysannes ou de bourgeoisie rurale, construites aux XVIIIe et XIXe siècles, sont présentes dans la plupart des villages. Les éléments caractéristiques, outre les proportions harmonieuses du toit et des murs, sont les encadrements des portes et fenêtres en pierre de Lourdes, les toits d'ardoises avec coyau (voir le détail sur la photo), les portails de fer forgé, ainsi que des détails de cour de ferme tels que les abreuvoirs, les poulaillers et porcheries en pierre de taille, un marbre gris appelé pierre de Lourdes, et des clôtures en labàs (plaques de schiste dressées) issus des anciennes ardoisières ou en pierres sèches roulées par les glaciers, en zones morainiques.

Le tout témoigne d'une relative prospérité passée fondée essentiellement sur l'élevage ovin en rapport avec l'exploitation des estives, voire, dans quelques cas, dans le canton de Lourdes-Est, sur l'élevage du cheval tarbais pour la remonte, après 1870, ce dont rend compte surtout l'architecture d'anciennes fermes des villages de plaine autour de Tarbes, notamment dans le Canton d'Ossun. Les matériaux de construction étaient trouvés sur place mais aujourd'hui les ardoises doivent être importées d'Espagne tandis que la pierre de taille semblable à la pierre de Lourdes, utilisée en rénovation, vient désormais d'Arudy.

Le bâti au fil de l'eau : lavoirs, leytès, abreuvoirs, moulins et scieries

  • Lavoirs, leytès et abreuvoirs
  • Moulins et scieries

Les granges foraines et les prairies de fauche ou pâturées

Les granges foraines

Les granges foraines ou bordes sont des granges-étables éloignées de l'habitation et du siège de l'exploitation. On sait par les textes anciens qu'elles existent depuis longtemps[16]. La comparaison entre les plans cadastraux actuels et les plans cadastraux napoléoniens de 1809 montre que beaucoup sont déjà mentionnées à cette date. Mais la confrontation avec l'inventaire général de la richesse terrienne réalisé pour la seule Baronnie des Angles, maison par maison, dans chaque village, en 1738-1741[17], laisse à penser que beaucoup ont été construites dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Ces granges ont été conçues pour éviter de ramener le foin de toutes les prairies au siège de l'exploitation, face aux risques qu'une traction animale de chars de foin pouvait faire courir sur des parcours et chemins difficiles. Elles devaient aussi permettre le développement de l'exploitation à distance lorsque son extension n'était pas possible dans les villages à habitat groupé. De fait cette exploitation allait de pair avec un important travail itinérant et quotidien pour le soin aux animaux et le transport à dos d'homme du lait récolté sur place. Ces granges sont situées dans des prés, ou en limite de pré. Elles étaient destinées autrefois au stockage du foin et du regain récoltés dans ce pré, à un hivernage des animaux à la mauvaise saison et à leur mise à l'abri, la nuit. Leur conception générale est celle des granges étables du siège d'exploitation mais avec un moindre volume et sans recours à des éléments ornementaux comme la pierre de taille. Elles comprennent deux parties : le fenil à l'étage, une étable ou une bergerie en rez-de-chaussée plus ou moins haute qui recevait des brebis ou des vaches et leurs veaux en nombre variant selon l'espace disponible et le fourrage qui pouvait être récolté et stocké. Certaines, plus importantes, ont une partie habitation et une partie étable avec fenil, ce sont d'anciennes métairies, à l'écart du village. Une même exploitation peut avoir plusieurs bordes et il n'est pas de quartier dans un village du canton de Lourdes-Est qui n'en compte pas au moins une.

Leurs qualités esthétiques (toits d'ardoises avec outeaux plats généralement et murs en pierres) et souvent leur emplacement leur confèrent une importante valeur paysagère et patrimoniale. Une publication du Conseil d'architecture, urbanisme et environnement des Hautes-Pyrénées leur a été consacrée[18],[19]. Elles sont aujourd'hui inadaptées à la mécanisation et aux conditions techniques d'élevage et de stockage des fourrages, sauf à servir d'abri aux animaux qui pâturent à proximité. Leur entretien s'avère très souvent problématique et la situation de beaucoup est en péril. Heureusement certaines d'entre elles peuvent être sauvegardées en étant reconverties pour un usage de tourisme en conformité avec la réglementation consultable sur le site de la DDEA 65[20].

Les prairies : de la prairie de fauche irriguée d'autrefois à la prairie pâturée d'aujourd'hui

Les prairies pyrénéennes irriguées ont longtemps fait l'émerveillement des visiteurs tels Froidour, picard d'origine, qui, en 1685[21] a donné une description détaillée des « aménagements admirables de toutes les eaux qui sont sur les montagnes » et des « très agréables prairies » qu'elles desservent, ou encore Arthur Young, agronome et touriste anglais, qui, en 1787, livre une description enthousiaste de la vallée de Campan qui « offre le paysage le plus exquis dont mes yeux se soient jamais régalés »[22]. Les géographes en ont donné aussi une description et une analyse technique et ethnographique, Henri Cavailles en 1931[23], Michel Chevalier en 1956[24]. Pour Chevalier, en 1956, les pratiques d'irrigation n'ont guère changé au cours des siècles et il souligne qu'"il n'existe nulle part dans les Pyrénées de règlements locaux sur l'irrigation parce que presque partout l'eau abonde". Un seul élément suffit à expliquer tout cela : le travail humain. Il suffit de se reporter au tableau de la démographie dans cet article pour comprendre l'importance de la population paysanne d'autrefois et la situation d'aujourd'hui.

Cette époque est donc révolue, bassins et rigoles sont comblés, l'irrigation n'est plus pratiquée, ici comme ailleurs. Les prairies de fauche se concentrent désormais sur les espaces plans, là où la mécanisation rend possible le préfanage et le conditionnement en balles rondes. Les prairies de fauche pentues sont devenus des pacages mais elles offrent le charme des espaces semi-naturels pourvu que ces espaces restent ouverts. Le risque, avec la déprise, serait le passage à l'étape suivante, le stade de la friche herbacée qui précède celui de la friche ligneuse et la fermeture du paysage. Sur la relation entre la friche et le système social villageois pyrénéen on pourra se reporter à un travail de Claude Mercier en vallée d'Aure [25]. Ce risque est encore largement contenu dans le canton de Lourdes-Est du fait du maintien d'un élevage allaitant important soutenu par les aides communautaires.

Les sites panoramiques

Ils sont très nombreux et référencés sur une carte élaborée par le SIVOM du canton de Lourdes Est. On peut mentionner en particulier :

Faune et flore

Faune

On mentionnera en particulier la présence reconnue[26] du Desman des Pyrénées et de la loutre sur les rives du Neez.

Flore

Les activités

Notes et références

Voir aussi

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