Cardinal protecteur
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Un cardinal protecteur était un cardinal auquel était demandée une sollicitude spéciale auprès des institutions de la curie romaine en faveur d'un Ordre ou d'un institut religieux, d’une confrérie, église, université, ou même d’une ville ou nation. La fonction vit le jour au XIIIe siècle. En le pape Paul VI décida de ne plus nommer de protecteur. Fonction et titre furent officiellement abolis.

Développement dans l’Église
Dans les institutions politiques de la Rome antique il existait une relation entre le client (cliens) et patron, qui a peut-être inspiré l’Église catholique. En particulier des villes de l’empire avaient leur patron (patronage) ou protecteur à Rome qui défendait leurs intérêts. Cicéron est connu pour avoir été patron de plusieurs villes dont Durazzo (aujourd’hui Durrës, en Albanie) et Capoue.
Dans l’Église catholique, l’office en vint à être conféré par le pape, par l’intermédiaire de son Secrétaire d’État, parfois de sa propre initiative, parfois à la demande de ceux qui cherchent protection et défense de leurs intérêts à Rome.
Le premier cardinal protecteur dont on ait des traces précises est Ugolino di Segni (élu plus tard pape : Grégoire IX). À la demande de François d’Assise lui-même, il avait été nommé protecteur de l’Ordre des frères mineurs par le pape Innocent III, nomination renouvelée par son successeur Honorius III[1]. Longtemps les Franciscains furent les seuls à avoir un cardinal protecteur à Rome.
C’est au XIVe siècle que cet office se répandit, et avec cela les abus. Aussi Martin V interdit aux protecteurs de recevoir quelque argent ou cadeau que ce soit en paiement de leur protection. À la fin du XVIIe siècle Innocent XII fixa définitivement les règles, devoirs et droits des cardinaux protecteurs[2].
Protecteur de royaumes et princes
Royaumes et nations avaient sans doute leur protecteur dès la même époque car Urbain VI (pape de 1378 à 1389) interdit aux cardinaux de recevoir quoi que ce soit de souverains et princes par crainte que « par amour de l’argent ils se laissent aller à des besognes injustes ».
En 1424 Martin V interdit le protectorat de rois et princes, interdiction qui fut renouvelée par Alexandre VI en 1492[3]. Mais, lors du cinquième concile du Latran (1512), Léon X permit à cette pratique de reprendre ou de continuer, même si les cardinaux étaient invités à exercer l’office de manière impartiale[4]. Le royaume de Portugal fut le dernier à avoir un cardinal protecteur à Rome. Ce rôle disparut avec la chute de la monarchie lors de la révolution d’octobre 1910.