Carlo Zinelli

peintre italien From Wikipedia, the free encyclopedia

Carlo Zinelli, né le à San Giovanni Lupatoto et mort le à Vérone, est un peintre italien.

Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 57 ans)
VéroneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Faits en bref Naissance, Décès ...
Carlo Zinelli
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 57 ans)
VéroneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Représenté par
Phyllis Kind Gallery (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fermer

Il élabora son œuvre, riche de quelque 2 000 peintures, les 15 dernières années de sa vie, interné en hôpital psychiatrique pour schizophrénie. Il est ainsi reconnu comme une figure de l’Art brut.

Biographie

Enfance

Carlo Zinelli est né le à San Giovanni Lupatoto (province de Vérone). Son père est menuisier. Sa mère meurt deux ans après la naissance de Carlo, sixième enfant d’une fratrie de sept[1].

Dès l’âge de neuf ans, il quitte son village pour aller travailler dans les champs aux services d’une famille apparentée à la sienne.

Jeunesse et la guerre

En 1934, il s’installe à Vérone, où il travaille à l’abattoir municipal, et se passionne pour le dessin et la musique[2].

Incorporé dans l'armée italienne, il est enrôlé dans un bataillon de chasseurs alpins en 1938 (bataillon de Trente) puis part comme volontaire à la guerre d’Espagne le en bateau, la guerre étant officiellement terminée le , il ne reste qu'une quinzaine de jours en Espagne. Il reste deux ans en convalescence avant d’être réformé fin 1941, en raison de nombreuses insubordinations et de nombreux séjours à l'hôpital militaire[3].

Internement et la peinture

De 1941 à 1947, Carlo Zinelli alterne des périodes de travail et de lucidité avec des crises d’agressivité et d’angoisse qui le mènent périodiquement en hôpital psychiatrique, où il subit des électrochocs et des traitements à l’insuline. Mais, à partir du [4], il est définitivement interné pour schizophrénie paranoïde. Carlo va alors s’enfoncer dans un isolement où son langage même deviendra incompréhensible pour l’extérieur.

Pendant des années, sa créativité se borne à des dessins sur le sol et des graffitis sur les murs, bien qu’une « école de peinture » existe au sein de l’hôpital, mais dispensant des cours d’apprentissage classique de l’art. Ce n’est qu’en 1957 que l’occasion lui est réellement donnée de s’exprimer et de développer son talent, à travers l’ouverture dans l’hôpital d’un atelier d’expression libre initié par le sculpteur Michael Noble et le professeur Mario Marini[5].

Le peintre

Avec une vingtaine d’autres patients, Carlo Zinelli passe près de huit heures tous les jours à peindre[6]. Il trouve ainsi une voie de sociabilité qu’il avait perdue, au sein de l’hôpital tout d’abord, sa violence et son agressivité disparaissant, mais aussi vers l’extérieur puisque, chaque mois, Noble propose aux patients des séjours dans sa villa où ils peuvent peindre et sculpter, mais également faire des excursions…

Des expositions des œuvres faites à l’atelier sont organisées, dès 1957 dans une galerie de Vérone, puis à Milan et Rome. Carlo sera même le seul peintre italien présent à l’exposition Insania pigens à la Kunsthalle de Berne (1963). Peu de temps après, Jean Dubuffet découvre ses œuvres et en acquiert un nombre important, qu’il inclut dans sa collection (alors Compagnie de l’Art brut, aujourd’hui Collection de l'art brut).

En 1966, Vittorio Andreoli reprend la direction de l’atelier (en fait, il connaît Carlo depuis 1959), et ne cessera dès lors d’œuvrer à la présentation et à la reconnaissance du travail de Carlo.

À partir de 1969, sa production ralentit, à la suite de son transfert au nouveau siège de l’hôpital, mais il peint jusqu’en 1973, avant de mourir d’une pneumonie le à l’hôpital de Chievo[7], à Vérone.

En 1967 il est inclus dans l'exposition d'Harald Szeeman, Bildnerei der Geisteskranken – Art Brut – Insania pingens à la Kunsthalle de Bern[8]. En 1992, la première rétrospective de Carlo Zinelli eut lieu au Museo di Castelvecchio de Vérone. En France, c’est en 2003-2004 que fut organisée une rétrospective (qui a donné lieu à un catalogue) au musée de l’Abbaye Sainte-Croix (Les Sables-d'Olonne), au musée des arts modestes[9](Sète) et au musée d'Art moderne Lille Métropole.

Œuvre

Les peintures de Carlo Zinelli sont reconnaissables par leurs silhouettes humaines ou animales percées de trous ou d’étoiles se détachant sur un fond uni[10].

Elles font penser aux dessins d’enfants par leur apparente naïveté, les perspectives et les détails. Les spécialistes en psychiatrie ne manquent pas d’y relever nombre d’éléments qu’ils estiment propres à la schizophrénie. Il existe un lien de parenté de ses peintures avec les dessins rupestres préhistoriques et au-delà avec les représentations chamaniques de peuples traditionnels. Elles peuvent même aller parfois jusqu’à l’abstraction ; et on peut aussi les voir comme une tentative de retranscrire un langage « musical » sur le plan pictural.

On note dans certaines peintures la présence d’inscriptions, plus proches d’onomatopées ou de cris, mais qui peuvent aller jusqu’à remplir en grande partie l’espace de la feuille. Les figures occupent une place primordiale. Souvent désordonnées, elles sont parfois organisées en alignements et répétitions, avec une ou des figures centrales de grande taille entourées d’autres plus petites.

Les sujets de prédilection de Carlo Zinelli tournent autour de la nature, les bateaux, les personnages, les femmes à sac et les oiseaux ou les chevaux qu'il amoncelle sur l'entier du papier sans aucune hiérarchie[11]. Les figures humaines sont omniprésentes, la plupart du temps représentées de profil avec de grands yeux ronds, silhouettes qui se détachent souvent de fonds colorés en à plat. On trouve des allusions sexuelles, que ce soit de manière explicite ou sous forme de symboles, qui en arrivent à se mêler à des thèmes religieux. Des accessoires divers apparaissent çà et là : armes, objets usuels ronds ou pointus, vêtements, instruments de musique, véhicules, etc. (avec une préférence pour la barque).

Son œuvre, comme sa vie, s’organise autour du chiffre quatre — il tourne quatre fois la clé dans la serrure, répète le même mot quatre fois et le corps de ses personnages est régulièrement transpercé par quatre trous[12]. Dérouté par son transfert à l’hôpital Marzana en 1971, il ne peint plus qu’exceptionnellement.

Expositions personnelles (sélection)

  • 2020: Carlo Zinelli, recto-verso , collection de l'art brut, Lausanne[13],[14]
  • 2019: Visione continua, Fondazione Cariverona, Verona[15],[16]
  • 2019: Il tempo del Finemondo: Carlo Zinelli e Mario Marini, un artista e il suo dottore, D406 Arte Contemporanea, Modena
  • 2019: Visione Continua, Palazzo Te, Mantoue[17],[18]
  • 2013: Carlo Zinelli, Folk Art Museum, New York[19]
  • 2013: La visione veggente della realtà: opere di Carlo Zinelli, Palazzo Eccheli-Baisi, Brentonico[20]
  • 2004 Carlo Zinelli, Musée International des arts modestes, MIAM, Sète
  • 1993: Carlo Zinelli, Phyllis Kind Gallery, New York[21].

Expositions collectives (sélection)

Monographies

  • Carlo Zinelli recto verso, Anic Zanzi, éditions 5 continents, 2020, anglais français, 192 pages
  • Carlo Zinelli, Florence Milloud Henriques, éditions Ides et Calendes, Lausanne, 2019, 128 pages
  • Carlo Zinelli, Catalogue des expositions des Sables d’Olonne, Sète & Villeneuve d’Ascq, collectif, 2003, 200 pages
  • Carlo Zinelli. Catalogo generale, (catalogue raisonné) V. Andreoli, S. Marinelli, Marsilio, 2002, 692 pages
  • Carlo Zinelli, Visiones continua (continuous Vision), Lauca Massimo Barbero, Coraini Edizioni (anglais et italien) 2019, 120 pages

Sources

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI