Carmen Barrero Aguado

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Carmen Barrero Aguado, née en 1921 à Madrid et morte dans cette même ville le , est l'une des Treize Roses, treize femmes républicaines espagnoles fusillées le devant les murs du cimetière de La Almudena après la fin de la guerre d'Espagne, victimes de l'épuration mise en œuvre par l'Espagne franquiste.

Originaire du quartier madrilène de Tetuán[1], Carmen Barrero travaille comme couturière depuis l'âge de 12 ans, après la mort de son père, pour aider à nourrir sa famille composée de neuf frères et sœurs. Militante du PCE à partir de 1936, après la guerre, elle est la responsable féminine du parti à Madrid[2]. Elle a travaillé dans des ateliers d'intendance à Valence[3]. Arrêtée après la guerre civile, elle a été emprisonnée à la prison de femmes de Ventas le [4].

Après la guerre, en tant que responsable féminine, elle est chargée, par les dirigeants du Comité national clandestin, d'élaborer un plan de travail politique destiné aux femmes. Ce plan, qui est inclus dans le protocole de gouvernement, encourage la nomination d'une responsable féminine dans le Comité provincial du parti pour y organiser la présence de femmes dans les groupes avec les camarades, et y créer des groupes de trois femmes (au minimum) chargés de visiter les prisons et d'assumer les travaux solidaires requis, et pour faire prendre conscience aux ouvrières des droits et libertés perdus[3].

Le programme élaboré par Carmen Barrero révèle qu'elle n'est pas seulement intéressée à créer des espaces féminins spécialisés dans des tâches de solidarité et d'assistance, mais est aussi concernée par la formation politique des militantes dans les unités du parti[5].

Dans le dossier numéro 30 426, un témoin, sans faire allusion directement à Carmen Barrero, mentionne qu'au domicile de Blanca Brisac (une autre des Treize Roses), est planifiée une tentative de complot contre le général Franco le jour de la parade du premier anniversaire de la Victoire. Toutefois, cette circonstance, considérée aujourd'hui comme incertaine, n'a pas figuré dans l'accusation. L'assassinat de Carmen Barrero, avec celui des autres Roses et des Quarante-trois Œillets, est considéré comme un acte de représailles pour l'attentat commis par trois autres militants des JSU contre le commandant de la garde civile et membre du service d'information et police militaire franquiste, Isaac Gabaldón, sa fille et le conducteur José Luis Díez Madrigal[6]. Pourtant, Carmen Barrero n'a jamais été accusée de cet attentat, pas plus qu'aucune des Roses, puisqu'elles étaient incarcérées lorsqu'il a eu lieu[5].

Carmen Barrero est condamnée à mort pour son appartenance au PCE et parce que, après s'en être entretenue avec un camarade, elle a travaillé « dans la collectivité avec le Parti communiste en confectionnant un plan de travail pour la section féminine ». La sentence prenait en compte cinquante-sept autres accusés pour leur appartenance aux JSU et au PCE. Tous étaient accusés d'être responsables d'un délit d'adhésion à la rébellion, prévu et puni par l'article 238 du Code de justice militaire, avec la circonstance aggravante de la « transcendance des faits et dangerosité »[2].

L'ordre de remise des détenues à la force publique chargée de l'exécution, avec les noms des Treize Roses, est conservé, joint au dossier de Carmen Barrero. L'heure de remise était fixée à quatre heures et demie du matin. Elle a été fusillée le matin du [3],[4].

Son frère, Palmiro Barrero Aguado, a été fusillé devant les mêmes murs le [7].

Hommages

En tant qu'habitante de Cuatro Caminos, elle est reconnue dans l'hommage Les Chants de la mémoire mis en œuvre par La Maison des voisins de Tetuán, consistant à laisser sous les arbres du quartier des galets avec les noms de fusillés et victimes de représailles pendant le franquisme, afin que des gens les prennent et se demandent ce qu'il y a derrière ces noms. Ils commenceront par les Treize Roses et leurs quarante-trois camarades fusillés[8].

Voir aussi

Références

Liens externes

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