Carmen Miró
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(à 103 ans) |
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| Père |
Ricardo Miró (en) |
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Carmen Atala Miró Gandásegui, née le à Panama et morte le est une démographe et sociologue panaméenne. Elle naît dans un contexte de modernisation du Panama et d'ouverture de l'enseignement supérieur qui lui permet de faire ses études à l'université puis à l'étranger. Elle est connue pour son travail de démographe en menant le premier recensement scientifique du pays et en étudiant les questions de population avec une approche critique. Son apport scientifique est récompensé de nombreux prix.
Carmen Miró naît le à Panama dans une famille d'intellectuels : enfant naturel du poète Ricardo Miró (es) qui lui apprend à lire (il la reconnaîtra lorsqu'elle sera adulte), elle est plus proche de sa mère couturière, Blanca Miró et de son oncle[1],[2]. Face aux ressources limitées de la famille, elle entre à l'Institut National du Panama (es), alors seul établissement à offrir des études supérieures[3], dans une filière courte de commerce[4]. Elle commence à travailler comme secrétaire[4]. Dès sa création en 1935 elle entre à l'université de Panama[5],[4]. Grâce à une bourse, elle part à l'étranger pour suivre des études de sociologie à l'université Saint Catherine dans le Minnesota, de statistiques à l’Université Johns Hopkins à Baltimore et en démographie à la London School of Economics[6],[4]. Elle écrit sa thèse, rédigée la nuit en raison d'un refus de congés, en 1940[4].
Elle travaille pour de nombreuses institutions publiques : pour la présidence de la république en 1946[7], comme chercheuse à la direction de la statistique et du recensement du Panama en 1947[1] ou directrice du Centre latino-américain de démographie des Nations Unies en 1959[5]. Très attachée à l'enseignement public, elle enseigne durant plus de dix ans à l'Université du Panama, où elle est directrice de l'Institut d'études nationales et forme de nombreuses générations de démographes[7].
Carmen Miró travaille même après sa retraite jusqu'à son décès du COVID en 2022[6],[4].
Travaux
Les recherches de Carmen Miró portent sur la population et sa croissance avec une approche critique[5]. En 1950, elle dirige avec les sociologues Georgina Jiménez (es) et Ofelia Hooper le premier recensement scientifique du Panama[5]. Le sérieux du travail offre une réputation d'exceptionnelle fiabilité aux statistiques par comparaison avec la région[1].
Dans une époque où l'on s'inquiète d'une « explosion démographique », elle revendique qu'il s'agit plutôt de « population avec des problèmes » qu'il faut résoudre[1]. Elle s'oppose à de nombreuses reprises au néomalthusianisme qui suppose que forte démographie et pauvreté sont liés[7].
Engagement
Carmen Miró fait partie du Front de la jeunesse patriotique dès ses 24 ans[6],[4]. Elle est candidate sur la liste du docteur José Renán Esquivel aux élections de 1984 du Panama (es)[8].
Hommages et distinctions

Citée comme « probablement la figure la plus importante que les sciences sociales panaméennes », elle reçoit le premier World Population Award des Nations Unies[5].
- Membre de l’Association statistique des États-Unis[9]
- Prix Daniel Cosío Villegas (es) en 2017[10]
- Doctorat honoris causa de l’Université de La Havane en 1987[2]
- Doctorat honoris causa de l’Université de Córdoba en Argentine en 2006[2]
- Doctorat honoris causa de la Faculté latino-américaine des sciences sociales[1]
- Médaille d’honneur du mérite du ministère de l’Éducation[1]
- Prix de l’Université des sciences et de la technologie en 1996[1]
- Prix du Conseil supérieur privé pour l’assistance éducative de Panama en 2000[1]