Caroline Parker
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| Jigonhsasee | |
|---|---|
| à partir de |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture |
Baptist Church Cemetery (d) |
| Nom dans la langue maternelle |
Gä-Hah-No |
| Surnom |
Carrie |
| Domiciles |
Tonawanda Reservation (en) (jusqu'en ), réserve Tuscarora (à partir de ) |
| Formation |
Université d'État de New York à Albany (Bachelor of Teaching (d)) (- |
| Activités |
Beadworker, professeur d'anglais, fiber artist, artiste textile, traductrice |
| Famille |
Clan des Loups (d) |
| Fratrie |
Nicholson Henry Parker (d) Ely S. Parker |
| Conjoint |
John Mountpleasant (d) (de à ) |
| Parentèle |
Arthur C. Parker (en) (neveu) Bertha Parker Pallan (petite-nièce) Handsome Lake (en) (arrière-arrière-grand-père) |
| Personne liée |
Lewis Henry Morgan (ami) |
|---|
Gä-Hah-No ou Gähano, de son nom anglophone Caroline G. Parker et de son nom d'épouse Mt. Pleasant (abréviation de Mountpleasant), née en 1824 et morte en 1892, est une intellectuelle, activiste et brodeuse sénéca et tuscarora par alliance, du clan des Loups. Elle porte le titre héréditaire de Jigonhsasee à partir de 1853, un rôle politique féminin haudenosaunee réactivé dans le contexte des luttes anti-colonialistes iroquoises. Elle est diplômée de l'université d'État de New York à Albany en 1852 et exerce comme enseignante d'anglais ainsi que comme interprète et traductrice. Le réseau de Parker compte notamment l'ethnologue Lewis Henry Morgan, qui lui commande des centaines de confections pour le musée américain d'histoire naturelle et à son usage maçonnique personnel. Le style de broderie aux perles de Caroline Parker mêle des éléments victoriens et haudenosaunee, et exerce une influence durable sur la mode sénéca et tuscarora.
Caroline Parker naît en 1824 dans la réserve sénéca de Tonawanda (en), dans l'État de New York. Elle est la seule fille de la matriarche Gaontgwutwus, dite Elizabeth, et de Jonoesdowa, pasteur baptiste connu des Anglo-Américains comme William Parker. Sa famille appartient au clan des Loups ; elle pratique la religion de la Maison Longue (en), une spiritualité proche du christianisme apparue au siècle précédent sous l'égide de leur aïeul Sganyadaí:yoh, aussi appelé Handsome Lake (en). Ils font partie des Sénéca qui ont résisté aux déportations vers l'Ouest du Mississippi, ordonnées notamment par l'Indian Removal Act en 1830. Gaontgwutwus fait partie des signataires de la pétition des femmes haudenosaunee envoyée au président Tyler pour défendre les terres de la Ligue[1].
En 1843, Parker rentre à l'école baptiste de Pembroke, avec ses frères. Elle apprend à lire et écrire l'anglais.
En 1845, Parker rencontre Lewis Henry Morgan, un ethnologue intéressé par la Ligue iroquoise, invité au sein de sa famille par l'entremise de son frère Ely, qui l'a rencontré en accompagnant une délégation diplomatique sénéca à Albany comme interprète. Morgan, qui juge Parker belle, récolte des fonds auprès de sa fraternité appelée Grand Order of the Iroquois pour financer l'entrée de Parker à la Cayuga Academy d'Albany. Il publie sa première monographie en 1851 grâce aux informations qu'il a reçues de la famille Parker, où figure une gravure de Gähano. Morgan reçoit ensuite des subsides de l'État pour constituer une collection ethnographique. Il commande environ 500 objets aux Parkers, dont de nombreux sont fabriqués par Gähano[note 1]. En 1851, Morgan convainc le Congrès de créer dix places pour des Autochtones à l'université d'État à Albany. Il s'assure que Parker en fasse partie. Elle est la seule de la cohorte à obtenir son diplôme, en 1852[2].
En 1853, le conseil des chefs de la réserve sénéca de Tonawanda accorde à Parker le titre héréditaire de Jigonhsasee[3]. Puis en 1855, Parker est institutrice dans la réserve de Tonawanda, où elle enseigne l'anglais. Elle vit dans sa propre maison et participe à cultiver la ferme de ses parents. Elle officie parfois comme interprète pour les chefs sénéca[3]. Elle se marie à un chef tuscarora en 1864, Dagayahdont (litt. en français : « Bois Chutant »), pour les anglophones John Mountpleasant, dont elle est la seconde épouse. Elle déménage alors dans la réserve tuscarora[4]. À la Sanity Fair (en) d'Albany, à partir de 1864, des colons se déguisent en Caroline Parker (en l'appelant Miss Mountpleasant) pour vendre des babioles[5].
Parker s'oppose à la colonisation des terres iroquoises par les Anglo-Américains. Elle réclame que les États-Unis cessent de chercher à éteindre la culture sénéca, et que les Sénécas puissent vivre sur un pied d'égalité avec les autres communautés locales. En revanche, Parker soutient aussi l'extension du système scolaire missionnaire[6].
Parker reçoit chez elle l'anthropologue Erminnie A. Smith, par l'entremise de Morgan.
En 1890, Parker est employée pour recenser les « Indiens » de la réserve tuscarora. Son mari étant mort en 1887, la popularité de Parker pâtit, et un procès est ouvert sur l'héritage de la ferme. Les juges statuent en défaveur de Parker. Elle meurt en 1892 d'un arrêt cardiaque dans la réserve Tonawanda où elle est enterrée[7]. Harriet Maxwell Converse (en) lui écrit une nécrologie dans laquelle elle insiste sur son combat anticolonialiste[8].
Galerie
- Gravure en frontispice du deuxième volume de Morgan sur la Ligue.
- Ouvrage par Parker.
- Autre jupe brodée par Parker.
- Portrait donné à Herman ten Kate, rencontré en 1882.