Carsioli
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| Carsioli Carsiolis | |||
Carsioli sur la droite de la ville de Rome sur Table de Peutinger | |||
| Localisation | |||
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| Pays | |||
| Région | |||
| Coordonnées | 42° 04′ 46″ nord, 13° 02′ 37″ est | ||
| Altitude | 637 m | ||
| Géolocalisation sur la carte : Italie
Géolocalisation sur la carte : [[Modèle:Géolocalisation/Oricola]]
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Carsioli (ou Carseoli, à ne pas confondre avec Carsulae en Ombrie) est une cité antique située dans la région de la tribu des Èques, près du hameau actuel de Civita, dans la commune d'Oricola (dans les Abruzzes), non loin de la ville voisine de Carsoli. Fondée comme colonie romaine en 304 av. J.-C., elle se trouvait à la frontière de l'actuelle Marsica avec la haute vallée de l'Aniene, dans le Latium.
Carsioli fut fondée en 304 av. J.-C.[1] à la suite de la campagne militaire lancée par le consul romain Sempronius Sophus sur les territoires occupés par les Èques et les Marses. À peu près à la même époque, non loin de la frontière de ces mêmes peuples italiques, les Romains fondèrent la colonie d'Alba Fucens[2],[3].
Ces deux colonies militaires romaines furent attaquées par les Èques et les Marses, qui s'opposaient à l'expansion romaine sur leurs terres. La colonisation de Carsioli ne commença qu'en 298 av. J.-C., avec l'arrivée de 4 000 colons romains, envoyés par le dictateur Marcus Valerius Maximus (it), qui contraignit les peuples italiques à respecter le traité d'alliance connu sous le nom de foedus. Avec le censeur Gaius Junius Bubulcus, il entreprit la construction de la Via Valeria, qui relierait Tibur aux territoires de Carsioli et d'Alba Fucens.
Durant la guerre sociale (ou bellum marsicum) de 91 av. J.-C., la colonie représentait un point stratégique pour Rome, qui subit néanmoins de nombreuses pertes lors des affrontements sur les rives du Toranus (it) (ou Tolenus) contre les Marses, qui s'étaient soulevés suite au refus des sénateurs de leur accorder la citoyenneté et à l'assassinat du tribun Livius Drusus, qui avait tenté de défendre leur cause[4].
À l'époque julio-claudienne, Carsioli fut élevée au rang de municipe, tandis qu'à l'époque angevine, elle connut le déclin inexorable de sa voisine Celle (l'actuelle Carsoli)[5]. La ville fut intégrée, au Moyen Âge, aux possessions des moines bénédictins de Subiaco[6].
Les fouilles
Le site de l'ancienne cité fut localisé en 1645 à Civita di Oricola par le célèbre cartographe Lukas Holstenius. Dès lors, les cartes topographiques anciennes situent la ville près du hameau actuel de Piana del Cavaliere. La première véritable prospection archéologique fut menée en 1901 par deux archéologues, l'Allemand George Joseph Pfeiffer et le Britannique Thomas Ashby. Des murs et des ruines sont visibles au nord de Civita, tandis qu'à l'ouest, à Muro Pertuso, près de la forêt de Sesera, subsistent les vestiges d'un aqueduc romain.
Des inscriptions anciennes, présentes sur une borne milliaire, un piédestal et quelques épigraphes, sont encore visibles le long des rues entourant l'ancienne Via Valeria. Dans le quartier de Porta di Civita, une partie d'une mosaïque de carreaux noirs et blancs a été mise au jour[6]. Deux importants sites archéologiques, où la surintendance archéologique a entamé des fouilles en 1989, se situent sur la place centrale de Civita et dans le quartier de Valle San Pietro. Des poteries, des lampes, des cruches, des jarres et même un sanctuaire archaïque complet y ont été découverts, ainsi que des objets votifs tels qu'une tête de statue, une main en argile, des statuettes en terre cuite et des artefacts en bronze, datant du IIIe au IIe siècle avant J.-C.[7]. Certains vestiges, notamment des ouvrages polygonaux, témoignent de la présence d'un théâtre et d'un amphithéâtre dans le secteur[8][9].