Castiglione (Haute-Corse)
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Situation

Castiglione est une petite commune de la Giovellina, un des bassins versants du Golo composé des communes de Piedigriggio, Prato-di-Giovellina, Popolasca et Castiglione. Castiglione se situe dans l'ancienne piève de Giovellina. Elle est depuis 2014 l'une des cinquante-cinq communes composant le nouveau canton de Golo-Morosaglia.
- Communes limitrophes
| Asco | Popolasca | Prato-di-Giovellina | ||
| Asco | N | Prato-di-Giovellina | ||
| O Castiglione E | ||||
| S | ||||
| Corscia | Castirla | Castirla |
Géologie et relief

Castiglione est une commune située au pied des aiguilles de Rundinaia (1 658 m), partie d'un ensemble montagneux du massif du Monte Cinto culminant à la Cima à i Mori (2 180 m) sur la commune de Castiglione. Les aiguilles de Popolasca, comme leurs noms l'indiquent, sont situées sur la commune de Popolasca, en limite de la commune de Castiglione (Cartes IGN).
Le territoire communal, ceint à l'ouest et au nord de lignes de crêtes le séparant respectivement de ceux de Corscia dans le Niolo et d'Asco, communes toutes deux dans le parc naturel régional de Corse, est ouvert vers le sud-est. Le secteur occidental comporte un petit chaînon montagneux dominé par la Rundinaia et la Pointa a Corniaccia (1 531 m), orienté dans un axe nord-sud et séparant les vallons de Paradella et de Cassa.
Hydrographie
Le réseau hydrographique est dense, fait d'une multitude de petits ruisseaux circulant dans de nombreux petits vallons du bassin versant occidental du Golo, dans sa moyenne vallée. Le principal cours d'eau est le ruisseau de l'Ancino qui, grossi par les eaux du ruisseau de Terrogno[1] affluent du Terrivola[2], devient ruisseau de Bornalinco[3] avant sa confluence avec le Golo à Ponte-Castirla (Castirla).
Climat et végétation
Commune de montagne dont le culmen se situe à 2 180 m tout proche de la Cima a i Mori (Asco), et malgré une exposition méridionale au flanc de la ligne de crête la dominant, le climat y est rude, froid en hiver et chaud en été. Au-dessus du village construit à plus de 700 m d'altitude, la végétation se raréfie avec un maquis bas composé majoritairement de bruyères en montant vers les hauteurs aux roches dénudées. Au sud de la commune, se trouve la forêt communale de Castiglione, composée essentiellement de chênes verts, de chênes pubescents et de pins laricio.
Voies de communication et transports
Accès routiers
La D 118, une voie étroite et sinueuse, est l'unique route permettant d'accéder au village. Elle s'y termine en cul-de-sac. Elle s'emprunte au carrefour des routes D 18 (qui relie la route T20 du lieu-dit Taverna, à Corte et D 118 au col de Croce d'Arbitro (664 m - Popolasca).
Transports
Castiglione n'est desservie par aucun service de transports publics. La gare la plus proche est celle de Francardo, distante de 11 km.
Le village est distant par route[4] de :
- 47 km de l'aéroport de Bastia Poretta,
- 79 km de l'aéroport de Calvi-Sainte-Catherine,
- 100 km de l'aéroport d'Ajaccio-Napoléon-Bonaparte,
- 57 km du port de commerce de L'Île-Rousse,
- 64 km du port de commerce de Bastia,
- 104 km du port de commerce d'Ajaccio.
Urbanisme
Typologie
Au , Castiglione est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[5]. Elle est située hors unité urbaine[6]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Corte, dont elle est une commune de la couronne[Note 1],[6]. Cette aire, qui regroupe 34 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[7],[8].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (100 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (100 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (43,3 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (39,7 %), forêts (17 %)[9]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
- Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
- Vue du village
Toponymie
Le nom corse de la commune est Castiglioni. Ses habitants sont les Castigliunesi.
Histoire
Moyen Âge
Au IXe siècle, une fois la « reconquista » sur les Maures terminée et l'île soumise à son autorité, le comte Ugo della Colonna, donna à son compagnon d'arme, Amondo Nasica, Avoglino (Giovellina) avec tout le bassin du Golo ; c'est cet Amondo qui a donné son nom aux Amondaschi[10]. C'est dans un acte daté des environs de 1080, qu'apparaissent, comme témoins, Ansifredo Amundasco, ses fils et ses frères.
La Giovellina resta longtemps sous l'influence de la grande famille des seigneurs Amondaschi.
En 1077 le pape Grégoire VII impose l'autorité de l'Église et de chasser les "envahisseurs" de l'île. Il délègue le marquis Alberto IV Rufo le premier marquis de Massa qui passe en Corse avec l'un de ses fils. Ils combattent tous les seigneurs rebelles et exercent leur autorité sur l'île. Au XIe siècle, la part des marquis s'étendait sur tout l'En-Deçà-des-Monts. la Giovellina fait partie de la piève de Caccia, dans l'évêché de Mariana[11].
« Si l'on s'en réfère à une épitaphe tardivement rédigée il est vrai, le marquis Alberto, au XIe siècle, aurait chassé les Sarrasins de Rome et contribué à la défense de la Corse; ses descendants, marquis de Massa ou de Parodi, sur le continent joignirent constamment à leurs titres celui de marquis de Corse. »
— Colonna De Cesari-Rocca et Louis Villat in Histoire de Corse Ancienne librairie Furne Boivin & Cie, Éditeurs 5, rue Palatine Paris VIe 1916 p. 37
Mais les luttes qu'ils mènent avec peine contre leurs anciens vassaux appauvrissent les marquis de Massa. En 1250, il leur restait encore beaucoup de territoires dont les pièves de Giussani (Olmi-Cappella), Ostriconi (Belgodère), Caccia (Castifao)[12].
Le fief avait une fortification érigée vraisemblablement par la famille des seigneurs Amondaschi qui dominait la région : Castello di Serravalle. Au XVe siècle, celle-ci sera occupée par les Génois, puis abandonnée au XVe siècle[13].
Cette forteresse, avec la tour de Monte Albano et celles de Caporalino et d'Omessa constituaient le réseau défensif de l'intérieur de l'île.
Temps modernes
Au XVIe siècle, vers 1520, la piève de Giovellina comptait environ 700 habitants. Elle avait pour lieux habités : Pedegriso, la Pupulatia, li Castiglioni et lo Prato[14]. La piévanie se trouvait à la Tribuna, appellation locale du lieu nommé "Pieve" (Prato-di-Giovellina).
Au début du XVIIIe siècle, avant les événements qui, dès 1729, agitèrent l'île pendant la grande révolte des Corses contre Gênes, l’abbé Francesco Maria Accinelli à qui les Génois avait demandé d'établir à des fins militaires une estimation des populations à partir des registres paroissiaux, écrivait :
« Di là dal fiume Guolo à Tramontana è situata la Pieve Giovellina, che contiene 553.abitanti. il fiume Caccianinco la divida dal fiume di Caccia, et è situata frà colline à piedi di montagna, li suoi Villaggi sono Popolasca, Casiglione, Prato, e Piè di griggio. »
— Francesco Maria Accinelli in L’histoire de la Corse vue par un Génois du XVIIIe siècle - Transcription d’un manuscrit de Gênes - ADECEC Cervioni et l’Association FRANCISCORSA Bastia 1974
Poursuivant, Accinelli rapporte : « Il Vescovato di Alleria, che è il più di tutti pingue hà 2000.Scudi d’oro di entrata, e contiene 19.Pievi : Giovellina, Campoloro, Verde, Opino, Serra, Bozio, Allessani, Orezza, Vallerustie, Tralcini, Venaco, Rogna, Corsa, Covasina, Castello ò sia Vivario, Niolo, Carbini, et Aregno in la Balagna. [...] Giurisditione di Corte : Pieve di Giovellina : Popolasca 115. Castiglione 190. Prato, e Pièdigrigio 248. »[15].

- En 1768, la carte dressée par Le Rouge, ingénieur géographe du Roy, sur laquelle « sont marquées toutes les paroisses et tous les principaux hameaux de chaque pieve, rectifiée en l'année 1740 selon les ordres de monsieur le marquis de Maillebois », fait apparaître distinctement les pievi di Caccia et de Givetina.
- 1769 - La Corse passe sous administration militaire française. La piève de Giovellina est incluse en 1793 dans le nouveau canton de Golo.
- 1789 - La Corse fait partie du royaume de France.
- 1790 - Avec la Révolution française, est créé le département de Corse, puis en 1793, celui du Golo (l'actuelle Haute-Corse).
- 1801 - Le canton du Golo garde son nom puis prend en 1828, celui de canton d'Omessa, dans l'arrondissement de Corte[16].
Époque contemporaine
En 1954, les communes de Castirla, Omessa, Piedigriggio, Popolasca, Prato, Soveria et Castiglione formaient le canton d'Omessa.
Politique et administration
Tendances politiques et résultats
Liste des maires
Population et société
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[18]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[19].
En 2023, la commune comptait 40 habitants[Note 2], en évolution de −4,76 % par rapport à 2017 (Haute-Corse : +5,34 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

