Cathédrale Saint-Étienne de Vienne

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La cathédrale Saint-Étienne (Stephansdom en allemand) ou officiellement cathédrale et église Saint-Étienne-et-de-Tous-les-Saints (Dom- und Metropolitankirche zu St. Stephan und allen Heiligen), est la cathédrale de Vienne, en Autriche. Elle est située dans le premier arrondissement, sur la Stephansplatz (quartier du centre-ville). Elle est le siège d'une communauté de chanoines (chapitre de Tous-les-Saints) depuis 1365, une cathédrale depuis 1469, et l'église métropolitaine de l'archevêque de Vienne depuis 1722.

Nom localStephansdom
DédicataireSaint Étienne
Faits en bref Présentation, Nom local ...
Cathédrale
Saint-Étienne de Vienne
La cathédrale Saint-Étienne de Vienne.
La cathédrale Saint-Étienne de Vienne.
Présentation
Nom local Stephansdom
Culte Catholique
Dédicataire Saint Étienne
Type Cathédrale
Rattachement Archidiocèse de Vienne (siège)
Début de la construction 1137
Fin des travaux 1263
Architecte Hans Puchsbaum, Hans von Prachatitz (tour sud), Leopold Ernst, Friedrich von Schmidt
Style dominant Gothique
Protection Office fédéral des monuments historiques (de)[1]
(Objekt-ID : 47351)
Site web Site de la cathédrale
Géographie
Pays Drapeau de l'Autriche Autriche
Land Vienne
Ville Vienne
Arrondissement Innere Stadt (1er arrondissement de Vienne)
Coordonnées 48° 12′ 30″ nord, 16° 22′ 22″ est

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Cette cathédrale est de style gothique, mais au centre d'un quartier baroque. Son bourdon (plus lourde des cloches), nommé « Die Pummerin », pèse 20 tonnes. Sa toiture est composée de tuiles vernissées, disposées en motifs linéaires, en diagonale. Sur le toit de la partie Est se trouve l'emblème de l'empire d'Autriche-Hongrie : l'aigle à deux têtes. La flèche la plus haute de la cathédrale culmine à 136 m de hauteur, faisant de la cathédrale Saint-Étienne le plus haut monument religieux de Vienne, devant l'église votive.

Sévèrement endommagée durant la Seconde Guerre mondiale, la cathédrale a été restaurée durant sept ans avec une réouverture partielle en 1948, et complète en 1952.

Histoire

Le Stephansdom en 1830.
Le chœur, la tour sud et la tour nord inachevée.
Exemple de tuiles vernissées du toit, avec les armoiries de l'Autriche et de la ville de Vienne.
Tombeau de l'empereur Frédéric III.

Commencée en 1137, elle est consacrée en 1147, pendant sa construction, en présence du roi des Romains Conrad III de Hohenstaufen, Otton de Freising, ainsi que d'autres seigneurs allemands prêts à partir pour la deuxième croisade. La première partie fut achevée en 1160. Elle est ensuite agrandie de 1230 à 1245. C'est de cette époque que datent le mur ouest et les premières tours romanes. En 1258, un incendie détruisit une grande partie du bâtiment. Une deuxième structure plus large, elle aussi romane, fut alors reconstruite sur les ruines de l'ancienne et consacrée le . La majorité des pierres de taille des murs et de toutes les moulures, y compris les consoles soutenant les statues du chœur, sont en grès calcaire de grain fin à moyen. Le passage définitif à la pierre de Mannersdorf s'est opéré lors de la construction du chœur albertin (1304-1340).

Les fondations de la tour nord furent posées en 1450 et sa construction commença sous la direction du maître Laurenz Spenning, mais elle fut abandonnée en 1513. Le contexte guerrier du siège de Vienne par les Turcs en 1529 empêcha la poursuite des travaux. En 1578, un simple clocher surmonté d'une coupole Renaissance, baptisée coupole Saphoy en hommage à l'architecte Hans Saphoy, fut ajouté au vestige de la tour.

De 1810 à 1815, sous la direction de l'architecte de la cour Johann Nepomuk Amann, d'importantes réparations furent effectuées suite aux dégâts de guerre survenus en 1809 par la campagne d'Allemagne et d'Autriche de Napoléon.

Durant la Seconde Guerre mondiale, d'abord sauvée de la destruction par le capitaine de la Wehrmacht, Gerhard Klinkicht, qui désobéit aux ordres[2], la cathédrale subit d'importants dommages, notamment de la toiture qui s'effondra.

La cathédrale contient les reliques des membres de la maison de Habsbourg qui régnèrent sur l'Autriche jusqu'en 1918. La création du bâtiment Haas Haus, dans les années 1990, a provoqué un scandale, son style très moderne cassant la beauté de la cathédrale gothique dont la flèche se reflète dans les vitres du bâtiment.

Les maîtres d'œuvre qui s'y sont succédé furent Chunradus Murator (de), Ulrich Helbling (de), Wenzel Parler, Peter von Prachatitz, Hans von Prachatitz, Mathes Helbling, Hans Puchsbaum, Laurenz Spenning, Simon Achleitner, Jörg Kling, Jörg Öchsl, Anton Pilgram, Hans Saphoy, Bonifác Wohlmut, Simon Humpeller, Hans Herstorffer (de) et Johann Carl Trumler (de).

Le compositeur Wolfgang Amadeus Mozart s'y est marié avec Constance Weber en 1782. Elle a été visitée par le pape Benoît XVI en 2007.

Architecture

Plan montrant les phases de la construction de la cathédrale : en vert, les tours romanes et la porte des Géants de la première église (1137) ; en orange, la seconde église romane (1263) ; en rose, le chœur gothique albertin (1340) et, en bleu, les ajouts du duc Rodolphe IV (1359), qui ont supprimé la deuxième église, laissant le Stephansdom tel qu'il apparaît aujourd'hui.

La structure mesure 107 m de long et 34 m de large. La cathédrale est l'un des édifices gothiques les plus importants d'Autriche. Des parties de l'édifice précédent, de style roman tardif, de 1230-1240 à 1263, sont encore conservées et forment la façade ouest, flanquée de deux tours hautes d'environ 65 mètres. La cathédrale Saint-Étienne compte au total quatre tours : la plus haute à 136,4 m est la tour sud, la tour nord n'a pas été achevée et ne mesure que 68 m de haut. Dans l'ancienne Autriche-Hongrie, aucune église ne pouvait dépasser la tour sud de Saint-Étienne. Par exemple, la cathédrale de l'Immaculée-Conception de Linz a été construite avec deux mètres en moins.

La tour sud est un chef-d'œuvre architectural de l'époque ; malgré sa hauteur remarquable, les fondations ont moins de quatre mètres de profondeur. Dans la tour sud, il y a 13 cloches, sur un total de 22 cloches réparties dans les quatre clochers. Tour principale, la tour sud présente un plan d'étage carré, qui se transforme progressivement en octogone grâce à un arrangement sophistiqué de pignons. Douze pinacles se dressent au sommet.

La tour nord fut initiée en 1450 mais seulement commencée en 1467, et les travaux durèrent jusqu'en 1513. Cependant, en raison de difficultés économiques, de troubles religieux – Vienne était devenue une ville protestante vers 1520 – et militaires (menace turque), elle resta inachevée. La Pummerin, la troisième plus grande cloche d'église à oscillation libre d'Europe, est située dans la tour nord sous une coupole de la Renaissance depuis 1957.

La cathédrale a trois nefs : la principale alignée avec le maître-autel, celle latérale gauche dédiée à la Vierge, et celle de droite aux apôtres. Bien que l'intérieur de la nef ait été conçu au Moyen Âge, l'ensemble artistique et liturgique d'origine est incomplet, car le bâtiment a été considérablement modifié au cours de la période baroque.

La cathédrale Saint-Étienne de Vienne possède trois orgues (de), construits ou restaurés par Rieger : l'orgue de Kauffmann de 1960 côté ouest (agrandi en 2020 à 130 jeux), l'orgue de 1991, et l'orgue de 2009. Celui-ci a été conçu à la mémoire de Joseph Haydn et de ses frères Michael et Johann Evangelist, qui ont reçu dix ans de formation à la cathédrale Saint-Étienne.

Le maître-autel de la cathédrale est un chef-d'œuvre du baroque primitif, constitué de marbre et de pierre. Sa structure est celle d'un portail, il s'agit d'un autel Porta-Coeli (porte du ciel). Il a pour thème la lapidation de saint Étienne, saint patron de la cathédrale. L'autel est couronné d’une statue de l'Immaculée Conception. Il fut réalisé sur une commande du prince-évêque Philipp Friedrich Graf von Breuner (de) du , car l'autel gothique sculpté en bois avait été complètement rongé par les vers. L'autel est érigé par Johann Jacob Pock (de), maître tailleur de pierre, sculpteur et architecte[3], et par son frère Tobias Pock qui peint le retable, l'ensemble consacré le [4]. Le retable, réalisé sur des plaques d'étain d'une superficie de 28 m2, montre la lapidation de Saint-Étienne devant les murs de Jérusalem.

L'autel de Wiener Neustadt, situé à l'extrémité de la nef gauche, fut commandé en 1447 par l'empereur Frédéric III. Il s'agit d'un retable gothique à volets typique représentant des scènes de la vie de la Vierge Marie. Ce retable n'arriva à la cathédrale qu'en 1881 car auparavant il se trouvait à l'abbaye de Neukloster, à Wiener Neustadt.

Les vitraux médiévaux hauts en couleur ont été remplacés par des vitrages incolores lors des rénovations de la période baroque, car les anciens n'étaient plus considérés à la mode, l'ère baroque privilégiant les salles d'église lumineuses. Au XIXe siècle, de beaux vitraux colorés de style néo-gothique sont installés, mais ils sont détruits au cours de la Seconde Guerre mondiale lors des bombardements et de l'incendie de la cathédrale. Les vitraux simples datant de l'après-guerre sont des cadeaux du Tyrol. Seuls les vitraux derrière le maître-autel, qui ont été fortement complétés au XIXe siècle et reconstitués à partir de vestiges, sont encore des originaux du Moyen Âge.

La cathédrale comporte plusieurs chapelles d'importance historique. Du côté ouest, on a quatre chapelles qui remontent à l'extension gothique sous le duc Rodolphe IV dans la seconde moitié du XIVe siècle et achevées au début du XVe siècle. Deux sont situés au nord-ouest (à gauche) et deux au sud-ouest (à droite) de la cathédrale, l'une au-dessus de l'autre. La chapelle Prinz Eugen et la chapelle Eligius se trouvent au rez-de-chaussée ; au premier étage au-dessus de ces deux chapelles se trouvent deux autres, la chapelle Saint-Valentin et la chapelle Saint-Barthélemy. Deux importantes chapelles gothiques – également disposées symétriquement – sont situées à l'extérieur de la nef, à l'est des deux principales tours gothiques de la cathédrale, la chapelle Sainte-Catherine et la chapelle Sainte-Barbe.

Sous la cathédrale se trouve un vaste système d'environ 30 chambres funéraires, appelées « catacombes » depuis le XIXe siècle. Le point de départ des catacombes est une chambre funéraire princière que le duc Rodolphe IV avait construite vers 1363. Après la fermeture du cimetière en surface le , de nouvelles cryptes sont créées à partir de 1745, qui ne sont pas sous la cathédrale, mais sous la Stephansplatz. Au total, plus de 10 000 dépouilles y ont été déposées sous terre. Cette pratique a été interdite en 1783 sous l'empereur Joseph II, mais de nombreux vestiges sont restés sous la cathédrale. Au XXe siècle, plusieurs chambres funéraires ont été détruites lors de la construction d'un parking souterrain. Certaines des catacombes peuvent être visitées lors de visites guidées.

Numismatique

La cathédrale Saint-Étienne de Vienne est représentée sur la pièce autrichienne de 0,10 €.

Notes et références

Voir aussi

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