Catherine Christer Hennix
compositrice américaine
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Catherine Christer Hennix, née le à Stockholm et morte le à Istanbul, est une mathématicienne et musicienne suédo-américaine (piano, électronique, hautbois, Tanpura, composition) qui a également créé des programmes informatiques, de la poésie, des sculptures et de l'art léger.
Biographie
Origines, enfance et éducation
Catherine Christer Hennix naît le à Stockholm, en Suède[1].
Sa mère, Margit Sundin-Hennix, compositrice de jazz, l'initie à la musique dès l'enfance[2]. Pendant cette période, elle commence à jouer de la batterie avec son frère aîné Peter[1].
Grâce aux relations de sa mère, elle a l'occasion de voir et de rencontrer des personnalités américaines telles qu'Idrees Sulieman, Eric Dolphy, John Coltrane et Albert Ayler lors de leurs séjours à Stockholm[3].
Elle poursuit des études universitaires en chimie[4], en linguistique et en philosophie à l'université de Stockholm[5], avant de se consacrer aux mathématiques en Suède et aux États-Unis[2]. Elle étudie auprès de Stockhausen et développe un intérêt marqué pour la musique électroacoustique[4].
Carrière musicale
Après le lycée, Hennix travaille à l'Elektronmusikstudion (de) (EMS) de Stockholm, studio pionnier fondé en 1964[3], où elle contribue au développement des premiers synthétiseurs et de la musique sur bande[1]. Elle y publie la partition Identitäten II sur l'empreinte Kerberos d'Åke Hodell (en) en 1968[2] et devient l'une des pionnières de la musique drone générée par synthétiseurs[4].
La même année, elle se rend à New York, où elle rencontre Dick Higgins et Alison Knowles et noue des relations avec plusieurs compositeurs de l'avant-garde américaine, notamment Henry Flynt et La Monte Young[1]. Elle présente par ailleurs sa composition Still Life, lors du deuxième festival Text‐Sound Compositions en 1969[3]. Young lui présente le maître du raga hindoustani Pandit Prān Nāth, auprès de qui elle étudie de manière intensive[1]. Les concerts de cette période sont financés par sa mère[6].
Au début des années 1970, elle dirige un grand ensemble inspiré du Théâtre de musique éternelle de Young et Zazeela, réunissant plus d'une douzaine de musiciens suédois. Ce groupe se réduit ensuite à un trio composé d'elle, de son frère Peter Hennix et de Hans Isgren, qui prend le nom de The Deontic Miracle[3].
En 1973, Hennix devient disciple de Pandit Prān Nāth, maître de la tradition Kirana de la musique classique hindoustanie, aux côtés de Young et Terry Riley. Sa pratique est centrée sur les tamburas fabriquées sur mesure par Prān Nāth, jouées en continu dans un flux accordé et ininterrompu[3].
En 1976, elle présente son travail au Moderna Museet dans le cadre de deux expositions co-organisées avec Ulf Linde[5] : Brouwer's Lattice, un festival de musique où elle crée The Electric Harpsichord, et Toposes and Adjoints, une installation présentant ses travaux visuels, sonores et sculpturaux[3].
Dans les décennies suivantes, elle se produit rarement en public mais continue de composer et d'enregistrer dans diverses configurations, notamment au sein des Dharma Warriors de Henry Flynt et d'un quatuor avec Arthur Rhames[3].
Elle enseigne au département de mathématiques et d'informatique de SUNY New Paltz en 1978-79, avant de s'installer en Suède puis aux Pays-Bas[5]. Ses recherches en mathématiques, centrées notamment sur l'intuitionnisme de L.E.J. Brouwer, lui valent également une invitation de Marvin Minsky pour enseigner la logique au sein du laboratoire d'intelligence artificielle du MIT. Elle collabore régulièrement avec le mathématicien Alexander Esenin-Volpin. En 2000, elle reçoit le Centenary Prize Fellow Award de l'Institut de mathématiques Clay pour cette collaboration[3].
Son premier album, The Electric Harpsichord, paraît en 2010[5]. Elle revient à la scène publique pour la première fois depuis plus de trente ans avec son ensemble Chora(s)san Time-Court Mirage au Grammy Museum de Berlin. Cet ensemble se forme autour de 2005 avec le tromboniste Hilary Jeffery et James Fulkerson[5]. Jusqu'à la fin de sa vie, elle se produit à l'échelle internationale avec cet ensemble et donne des concerts de clavier solo. Elle tourne également avec son ensemble Kamigaku[3].
En 2018, le Stedelijk Museum d'Amsterdam présente Traversée du fantasme, sa première exposition institutionnelle en solo. La même année, la Empty Gallery de Hong Kong accueille Thresholds of Perception, une grande rétrospective de son œuvre[4],[5]. Son travail est également exposé à la Galerie Max Mayer de Düsseldorf[3]. En 2022, elle se produit à la Bourse du Commerce à Paris, interprétant Solo for Tamburium[4].
En 2026, la Malmö Konsthall (en) lui consacre une rétrospective, sa première grande présentation en Suède depuis 1976[6].
Vie privée et mort
Hennix effectue sa transition de genre à la fin des années 1980[6].
Elle collabore avec Alexander Esenin-Volpin, mathématicien emprisonné en Union soviétique pour son militantisme en faveur des droits humains avant de fuir le pays. Cela l'amène à s'impliquer dans le mouvement international des droits humains[3].
Prān Nāth l'initie à la pratique soufie, d'abord au sein de l'Ordre Chishti, puis par l'intermédiaire de Sheikha Fariha de l'Ordre Nur Ashki Jerrahi[3]. Cette pratique devient pour elle un chemin spirituel permanent et la conduit à se convertir à l'islam[6],[3]. Elle s'intéresse également à la psychanalyse lacanienne[4].
Catherine Christer Hennix s'installe à Istanbul, où elle poursuit des études d'arabe classique et de makam turc. Elle y décède le [1].
Liste des œuvres
- 1973" : "The Hashigakari Chord" [infinitary composite sound wave]
- 1976 : "Central Palace Music" [two amplified renaissance oboes, amplified sheng, sine waves]
- 1976 : "Netori / Hashigakari" [amplified renaissance oboe, amplified sheng, sine waves]
- 1976 : "Waves of the Blue Sea" [two amplified renaissance oboes, sine waves]
- 1976 : "The Electric Harpsichord" [well-tuned Yamaha keyboard. sine waves]
- 1976 : "Five Times Repeated Music" [two amplified renaissance oboes, sine waves]
- 2003 : "Soliton(e) Star" [infinitary composite sound wave]
- 2011 : "Blues Dhkir al-Salam (Blues al Maqam)"
- 2013 : "Rag Infinity/Rag Cosmosis" (well-tuned Yamaha keyboard, computer, sine waves]
- 2015 : "Blues Alif Lam Mim"
- 2017 : "For Brass and Computer" [trumpet, French horn, trombone, microtonal tuba and computer]
Discographie
Les albums attribués à Hennix et à ses différents groupes.
Enregistrements en solo
- 1969 : "Still Life, Q" ( Sveriges Radio)
- 2010 : The Electric Harpsichord (Die Schachtel)
- 2018 : Live at Krems (Important)
- 2018 : Selected Early Keyboard Works (Blank Forms)
- 2020 : Unbegrenzt (Blank Forms)
- 2023 : Solo for Tamburium (Blank Forms)
The Deontic Miracle
- 2016 : Central Palace Music from 100 Model Subjects For Hegikan Roku (Important)
- 2019 : Selections from 100 Models of Hegikan Roku (Blank Forms)
Chora(s)san Time-Court Mirage
- 2012 : Live at the Grimm Museum, Volume One (Important)
- 2016 : Live at Issue Project Room (Important)
Born of Six
- 2013 : Svapiti (2013, Important)
Travaux avec Henry Flynt
- 1986 : You Are My Everlovin / Celestial Power (1986, Hundertmark) – tambura
- 2008 : Dharma Warriors (2008, Locust) – Henry Flynt / C.C. Hennix
- 2002 : C Tune (2002, Locust) – tambura
- 2005 : Purified by the Fire (Locust) – tambura
- 2011 : Glissando No. 1 – piano