Catholicisme en Afrique
Église catholique d'une zone
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L'Église catholique en Afrique fait partie de l'Église catholique. À peu près un cinquième de la population africaine est aujourd'hui catholique. Les catholiques africains ne représentent qu'un dixième des catholiques dans le monde.
En 2005, 137,5 millions d'Africains (16,6 %) sont membres de l'Église catholique[1].
En 2009, lorsque le pape Benoît XVI a visité l'Afrique, l'effectif a été estimé à 158 millions[2]. Selon le Vatican, l'Afrique compte 222 millions de baptisés en 2015, soit 19,4 % de la population africaine. Ce chiffre a augmenté de 1,6 point de 2010 à 2015[3].
En 2021, selon les statistiques du Saint-Siège, l’Afrique comptait environ 256 millions de catholiques en 2021, soit près de 18 % de la population du continent[4].

Histoire

Selon la tradition, la christianisation de l'Afrique commence dès la Fuite en Égypte de la Sainte Famille fuyant le massacre des Innocents par Hérode Ier le Grand. Elle s'installe à Al-Matariyyah (anc. Mataréa) situé dans un quartier de Héliopolis (Égypte). Les Égyptiens convertis (les Coptes) préserveront l'arbre et le puits de Marie.
L’évangélisation commence vers l'an 43, avec la fondation du patriarcat d'Alexandrie en Égypte par Marc envoyé par Pierre. Il y meurt martyr en 68 [5].
Ses reliques supposées sont conservées dans la cathédrale copte de Saint-Marc.

Dans les siècles suivants, de nombreux missionnaires évangélisent l'Afrique, certains deviendront pape:
- En Égypte :
- Origène, né en 185 à Alexandrie
- Clément d'Alexandrie
- En Tunisie (province romaine d'Afrique) :
- Tertullien, né entre 150 et 160 à Carthage
- Victor Ier, (pape de 189 à 199)
- Cyprien de Carthage, (200-258)
- Miltiade, (pape de 311 à 314)
- Gélase Ier, (pape de 492 à 496)
- En Algérie (Maurétanie Césarienne) : Augustin d'Hippone né en 354 à Thagaste[6].
Au début du Ve siècle, l’Afrique du Nord comptait plusieurs centaines d'évêchés. Le christianisme y connaît ensuite des crises successives, notamment la controverse donatiste, les invasions vandales, puis le déclin progressif avec l’établissement de l’islam au VIIᵉ siècle[7].
Le christianisme se maintient en Nubie[8] jusqu’au XVIᵉ siècle avec le royaume d’Alodie et continue d’être pratiqué sans interruption jusqu’à aujourd’hui en Égypte et en Éthiopie[9].
Parallèlement, il se diffuse en Afrique subsaharienne. Dans le royaume côtier du Congo, le roi adopte le catholicisme en 1491[10].
Jusqu’en 1643, les missions catholiques en Afrique sont principalement conduites par les Portugais dans le cadre du Padroado[10].
La deuxième moitié du XVIIIe siècle, elles connaissent un certain repli, notamment à la suite de la suppression de la Compagnie de Jésus[10].
Le XIXe siècle, marque un renouveau missionnaire, les missions catholiques reprennent et s'étendent à l’ensemble du continent, un dynamisme confirmé par le Concile Vatican I [11].

Liste non exhaustive des missions catholiques en Afrique :
- 1833 : Île Réunion : Frère Scubilion ;
- 1839 : Éthiopie : Justin de Jacobis ;
- 1853 : Lesotho et Afrique du Sud : Joseph Gérard ;
- 1857 : Soudan : Daniel Comboni ;
- 1859 : Sierra Leone : Melchior de Marion-Brésillac ;
- 1868 : Algérie : Charles Martial Lavigerie ;
- 1875 : Madagascar : Jacques Berthieu ;
- 1901 : Algérie : Charles de Foucauld.
Structure et organisation
Comme dans le reste du monde, l’Église catholique en Afrique est divisée en paroisses, doyennés, diocèses et provinces ecclésiastiques. Les limites des provinces ecclésiastiques ne coïncident pas toujours avec les frontières nationales. Dans les zones de mission où la hiérarchie de l’Église n’est pas encore complètement établie, on parle de vicariats apostoliques avec son Vicaire Apostolique.
Après le concile Vatican II (1962), le Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM ou SECAM) a été créé. Ce colloque réunit toutes les conférences épiscopales catholiques d’Afrique[12]. Le continent africain est divisé en dix régions épiscopales:
Région centrafricaine
Association des conférences épiscopales de la région de l'Afrique centrale (ACERAC) :
Afrique Centrale
Association des conférences épiscopales de l’Afrique centrale (ACEAC) :
- Conférence des évêques catholiques du Burundi (CECAB) ;
- Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ;
- Conférence épiscopale du Rwanda (CEPR).
Afrique occidentale anglophone
Association des conférences épiscopales de l’Afrique de l’Ouest anglophone (en anglais : Association of Episcopal Conferences of Anglophone West Africa, AECAWA) :
- Conférence inter-territoriale des évêques catholiques de Gambie et Sierra Leone (Inter-territorial Catholic Bishops’ Conference of the Gambia and Sierra Leone, ITCABIC) ;
- Conférence des évêques du Ghana (Ghana Bishops’ Conference) ;
- Conférence des évêques catholiques du Liberia (Catholic Bishops’ Conference of Liberia) ;
- Conférence des évêques catholiques du Nigéria (Catholic Bishops’ Conference of Nigeria).
Égypte
Assemblée de la hiérarchie catholique d'Égypte
Afrique orientale

Association des conférences épiscopales membres d’Afrique de l’Est (Association of Member Episcopal Conferences in Eastern Africa, AMECEA) :
- Conférence épiscopale inter-rituelle d’Éthiopie ;
- Conférence des évêques catholiques du Kenya ;
- Conférence épiscopale du Malawi ;
- Conférence épiscopale d’Ouganda ;
- Conférence des évêques catholiques du Soudan et du Soudan du Sud ;
- Conférence épiscopale de Tanzanie ;
- Conférence des évêques catholiques de Zambie.
Afrique de l’Ouest francophone
Conférence épiscopale régionale de l’Afrique de l’Ouest francophone (CERAO) :
- Conférence des évêques du Bénin ;
- Conférence épiscopale Burkina-Niger ;
- Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire ;
- Conférence épiscopale de la Guinée ;
- Conférence épiscopale du Mali ;
- Conférence des évêques du Sénégal, de la Mauritanie, du Cap-Vert et de Guinée-Bissau ;
- Conférence épiscopale du Togo.
Afrique du Nord
Conférence des évêques de la région Nord de l’Afrique (CERNA).
Afrique du Sud
Réunion inter-régionale des évêques du Sud de l'Afrique (en anglais : Inter-Regional Meeting of Bishops of Southern Africa, IMBISA) :
- Conférence épiscopale d’Angola et de Sao Tomé (en portugais : Conferencia Episcopal de Angola e São Tomé, CEAST) ;
- Conférence des évêques catholiques du Lesotho (en) (en anglais : Lesotho Catholic Bishops’ Conference) ;
- Conférence des évêques catholiques namibiens (en) (en anglais : Namibian Catholic Bishops’ Conference, NCBC) ;
- Conférence épiscopale du Mozambique (pt) (en portugais : Conferência Episcopal de Moçambique, CEM) ;
- Conférence des évêques catholiques d’Afrique australe (en anglais : Southern African Catholic Bishops’ Conference, SACBC) ;
- Conférence des évêques catholiques du Zimbabwe (en) (en anglais : Zimbabwe Catholic Bishops’ Conference, ZCBC).
Madagascar
Océan Indien
Conférence épiscopale de l’océan Indien (CEDOI), qui regroupe :
Abus sexuels
La théologienne congolaise Josée Ngalula travaille notamment sur les abus sexuels au sein de l’Église catholique en Afrique[13]. Elle explique le silence autour de ces agressions pour des raisons culturelles : le sexe est toujours un tabou, l’honneur de la communauté reste prioritaire et un « chef a toujours raison ». De plus, la perte de la virginité peut conduire à l'exclusion du groupe. Ainsi cette « culture du silence permet aux auteurs de violences sexuelles de maintenir leurs victimes sous leur domination »[14].
Éducation catholique
L'Église catholique joue un rôle important dans le domaine de l'éducation en Afrique.
Selon, le Symposium des Conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SECAM), l’Église catholique dispose de 102 455 écoles primaires et de 52 085 écoles à travers le monde, avec l'Afrique comme premier continent d'enseignement catholique.
En 2021, selon la Secrétairerie d'État du Saint-Siège, l’Église catholique en Afrique scolarise 27 millions de personnes sur le continent. Des travaux de Gerald Grace et Quentin Wodon soulignent l'importance particulière de l'enseignement catholique en Afrique : environ un élève du primaire sur neuf y est scolarisé dans une école catholique, et les élèves africains représentent plus de la moitié des effectifs des écoles primaires catholiques dans le monde[15].
En Léon XIV invite, à repenser l’éducation catholique en Afrique[16].
En août 2026, la première conférence continentale sur l'éducation catholique en Afrique organisée par le SECAM, à Addis-Abeba aborde plusieurs thèmes dont la formation des enseignants, la transformation numérique, l’intelligence artificielle, la protection de l’enfance, la responsabilité environnementale, la gouvernance et la viabilité financière[17].
Santé
Selon les statistiques publiées en 2025 par l'Agence Fides, l'Église catholique comptait en Afrique, au 31 décembre 2023, 1 634 hôpitaux, 4 973 dispensaires, et 189 léproseries[18],[19].
Elle gérait également 1 151 orphelinats, 2 369 jardins d'enfants, 652 maisons de retraite et centres pour personnes âgées, malades chroniques ou handicapées, ainsi que 240 centres d'éducation et de rééducation sociale[19].
