Cathédrale de Modène

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Nom localCattedrale metropolitana di Santa Maria Assunta in Cielo e San Geminiano
DédicataireMaria assunta, Geminiano di Modena
Cathédrale métropolitaine de Notre-Dame-de-l'Assomption-au-Ciel-et-Saint-Géminien de Modène
Image illustrative de l’article Cathédrale de Modène
Façade et campanile de la cathédrale.
Présentation
Nom local Cattedrale metropolitana di Santa Maria Assunta in Cielo e San Geminiano
Culte Catholique de rite romain
Dédicataire Maria assunta, Geminiano di Modena
Type Cathédrale
Début de la construction 1099
Fin des travaux 1319
Architecte Lanfranco
Style dominant Architecture romane
Site web www.duomodimodena.itVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Coordonnées 44° 38′ 47″ nord, 10° 55′ 31″ est
Patrimoine mondial Patrimoine mondial
Site du Bien Cathédrale, Torre Civica et Piazza Grande, Modène (d)
Année d’inscription
Critères (i) (d), (ii) (d), (iii) (d) et (vi) (d)

Cathédrale, Torre Civica et Piazza Grande, Modène *
Image illustrative de l’article Cathédrale de Modène
Chevet et campanile de la cathédrale.
Coordonnées 44° 38′ 46″ nord, 10° 55′ 33″ est
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Subdivision Province de Modène, Émilie-Romagne
Numéro
d’identification
827
Année d’inscription (21e session)
Type Culturel
Critères (i) (ii) (iii) (iv)
Région Europe et Amérique du Nord **
Géolocalisation sur la carte : Émilie-Romagne
(Voir situation sur carte : Émilie-Romagne)
Cathédrale, Torre Civica et Piazza Grande, Modène
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Cathédrale, Torre Civica et Piazza Grande, Modène
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification UNESCO

La cathédrale de Modène ou cathédrale de Notre-Dame-de-l'Assomption-au-Ciel-et-Saint-Géminien (en italien : Cattedrale metropolitana di Santa Maria Assunta in Cielo e San Geminiano), est la première église de la ville de Modène et de l'archidiocèse de Modène-Nonantola en Émilie-Romagne.

En , la cathédrale fut élevée à la dignité de basilique mineure par le pape Pie XI.

Elle représente un témoignage exceptionnel de la tradition culturelle de l'Italie septentrionale au XIIe siècle et au XIIIe siècle.

La cathédrale de Modena, la Ghirlandina et la piazza Grande sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité établie par l'Unesco en 1997.

Contexte historique

Aussi loin que l’on puisse remonter, Modène était un petit village gaulois, compris dans les limites de la Gaule Cisalpine.

Au IIIe siècle av. J.-C., il fut occupé par les Romains qui le transformèrent en camp fortifié et l’appelèrent, Mutina.

Environ un siècle plus tard, le consul Marcus Aemilius Lepidus l’inclut dans son tracé de la via Aemilia destinée à relier Plaisance à Rimini[1].

Déjà du temps de l’épiscopat de saint Géminien (312 – 397) qui devint le patron de la ville, était présent un premier lieu de culte qui d’après Golinelli[2], se trouverait localisé près de l’actuelle église Santa Maria delle Asse.

À la mort du saint, Théodule son secrétaire, prit sa succession et fit élever à la fin du IVe siècle une cathédrale sur le sépulcre de Géminien[3].

En fait, le sépulcre était en dehors du mur d’enceinte romaine de Mutina et la cathédrale se serait donc trouvée elle-même à l’extérieur.

Puis fut érigée ensuite une nouvelle cathédrale, toujours approximativement au même endroit, dont on ne connaît pas la date exacte de réalisation et que l’on attribue à l’évêque Leodoino[3].

Selon l’histoire ancienne, les invasions barbares et peut-être plus encore les tremblements de terre et les fréquentes inondations auraient détérioré à tel point la ville que Liutprand fut contraint dans la première décennie du VIIIe siècle, de fonder un nouveau bourg à peu de distance de Mutina, où il déplaça l’organisation civile : la Civitas Nova[4]. Ainsi, au cours des VIIIe et IXe siècles, Modène était constituée de deux noyaux différents, l’ecclésiastique et celui du pouvoir civil. Selon l’historiographie, cette particularité fut un choix politique de Liutprand[5].

En 891, Leodoino (869 – 898), évêque de Modène, obtint de Guy III de Spolète, roi d’Italie et empereur d’Occident, l’autorisation d’ériger des fortifications à une distance d'un mille autour de sa cathédrale[6], elle devait approximativement se trouver au même emplacement que l’actuelle.

À la fin du XIe siècle, la cathédrale menaçait ruine, et c’est au cours de cette période troublée par la lutte entre la papauté et l’empereur pour l’investiture des évêques, que les ecclésiastiques de la ville mais surtout le pouvoir laïc de Modène décidèrent la construction d’une nouvelle et grande cathédrale. La situation de Modène était alors fort délicate, car si la ville faisait partie des domaines de Mathilde de Canossa, très proche du pape, elle était gouvernée par l’évêque Eriberto (1054 – 1094 environ), excommunié en 1081 par Grégoire VII pour s’être rattaché à la faction impériale et de l’antipape Clément III, mais qui n’en continuait pas moins pour autant à imposer sa forte personnalité.

En 1099, lorsque le peuple de Modène prend la décision de cette construction, le siège épiscopal de la ville est vacant, et l’on peut se demander si cette décision, fondée sur l’état de délabrement de la cathédrale existante, ne serait pas aussi un acte politique d’allégeance de la ville envers le souverain pontife. Lorsque Dodone, le nouvel évêque nommé par le pape pris effectivement son poste à Modène en 1101, les travaux étaient déjà bien engagés[1].

Construction de la nouvelle cathédrale

Les sources qui nous sont parvenues de l’époque de la première phase de la construction, c’est-à-dire de la fondation de la cathédrale en 1099, à la translation des reliques du saint patron dans la nouvelle crypte en 1106, se résument en :

  • Un document : la Relatio de innovatione Ecclesie Santi Geminiani, qui nous est parvenu sous la forme d’une copie du XIIIe siècle conservée dans les archives capitulaires de Modène[7]. Ce texte anonyme est attribué au chanoine Aimone (it), qui fut responsable de l’école de la cathédrale de 1096 à 1110, donc un témoin oculaire des faits.
  • Les deux plaques de fondations qui se trouvent sur le mur extérieur de l’abside principale et sur la façade ouest. (voir en détail plus loin).

Lanfranco et Wiligelmo

Ces sources confirment que 750 ans après la mort de Géminien, on décida de reconstruire, grâce à la contribution de toute la population, un nouvel édifice. Le récit précise que Lanfranco, l’architecte qui fut choisi pour cela, semble être venu de loin.

Les fondations furent placées et les travaux se poursuivirent jusqu’à épuisement des matériaux de construction. Puis, par inspiration divine selon la Relatio, on découvrit ce qui fut probablement l’antique nécropole de la Mutina romaine, et cela fournit une nouvelle source de laquelle on préleva un grand nombre d’éléments de remploi qu’aujourd’hui on peut retrouver sur l’édifice[8].

Les travaux reprirent donc jusqu’à ce que Lanfranco, en 1106, se refusa à poursuivre l’entreprise s’il n’était pas procédé à la translation des reliques du saint.

Cette anecdote a été mise depuis en relation avec les résultats des fouilles réalisées en 1913, consécutivement à la réfection du pavement de l’église et qui permirent d’identifier les structures du précédent édifice. Selon les auteurs des investigations, il s’agissait d’une construction à cinq nefs, positionnée obliquement par rapport à l’actuelle cathédrale, dans une orientation est-ouest et traversée par le nouvel édifice[9].

Translation des reliques de saint Géminien.

Lorsque Lanfranco fait sa demande, il paraît assez évident que la nouvelle crypte destinée à recevoir la dépouille du saint est désormais achevée et que de la translation dépend la poursuite des travaux, étant donné que le chœur de la vieille cathédrale non encore démolie, justement parce qu’il contient les reliques, présente un obstacle évident à la continuation du chantier[1].

La translation des reliques fut effectuée le , puis l’on procéda à la démolition de l’ancienne cathédrale comprise dans l’emprise du nouvel édifice. Cinq mois plus tard, le , sur les conseils de Mathilde de Canossa et à la faveur de la visite du pape Pascal II probablement venu pour ratifier la soumission de l’église de Modène à celle de Rome, l’autel de saint Géminien fut consacré[10].

La crypte fut donc achevée en 1106, mais le chœur, les piliers, les arcades, etc. étaient encore absents ; le chantier aurait perduré ainsi durant encore de nombreuses années, peut-être au delà de 1137, date à laquelle un magister Lanfrancus fut signataire d’un acte émanant du chapitre de la cathédrale[6] ; ce qui a permis à un spécialiste[11], d’attribuer à l’architecte, une responsabilité administrative durant ces années[1].

Plusieurs spécialistes[12],[13],[14], ont avancé l’hypothèse que le bâtiment fut réalisé simultanément par les deux extrémités : les absides et la façade ouest. Cette dernière étant le lieu privilégié où s’exprima Wiligelmo[10].

Toutefois, la Relatio ne mentionne pas le sculpteur. Pour cette raison on pense qu’il ne fut appelé qu’un certain temps après le début du chantier[1] ; d’autant que la crypte, première partie réalisée de l’édifice avec les trois absides, fut décorée par un premier atelier lombard, antérieur à celui de Wiligelmo.

L’important tremblement de terre de 1117 qui occasionna de grands désordres dans la plupart des bâtiments de quelque importance de la plaine du Pô, en particulier sur les cathédrales de Ferrare, Plaisance, Parme, ou la toute proche abbaye de Nonantola, ne fit pas de dégât notable sur le chantier de Modène. Probablement parce que l’élévation des murs était encore modeste à cette date.

Les Campionesi

Façade ouest de la cathédrale
.

À partir de 1167 succédèrent à Lanfranco et Wiligelmo les corporations de bâtisseurs originaires de Campione d’Italia que l’on appelle pour cette raison les campionesi.

Les maîtres campionesi furent sollicités afin d’achever la cathédrale et pour ériger la tour Ghirlandina. On leur doit une grande part de l’ameublement intérieur (jubé, chaire) ainsi qu’une modification du chœur ; à l’extérieur : l’ouverture des deux portes latérales de la façade ouest ainsi que la rosace, la porte Regia qui s’ouvre sur la grande place et la tour Ghirlandina. Leur sont également attribués les archanges Gabriel et Michel, respectivement placés au sommet de la façade et de l’abside centrale.

La Ghirlandina

Il n’est pas hors de propos de dire ici quelques mots du campanile car il fait partie intégrante de la cathédrale.

Le campanile de la cathédrale

Très tôt toutefois, il eut une double fonction ecclésiastique et civile. Dès 1327 les Statuta Civitatis Mutinea attestent en effet, qu’une pièce de la tour communale est exclusivement réservée à la conservation des plus importants documents publics. Il n’en reste pas moins que jusqu’en 1768, l’unique accès à la Ghirlandina se faisait par la cathédrale.

La tour est construite en briques, elle forme au sol un carré de 11 m de côté. Elle est composée de six niveaux de la même section, d’un septième octogonal, et enfin d’une flèche pyramidale, pour une hauteur de 88,82 m au-dessus de la place.

De nombreuses hypothèses ont vu le jour en ce qui concerne le déroulement des travaux. Les plus récentes études conduisent à penser que le premier niveau est l’œuvre du même atelier de Lanfranco que celui de la cathédrale et les mêmes matériaux et remplois provenant de la nécropole de Mutina furent employés. Le second niveau témoigne d’un travail moins soigné, probablement exécuté par un atelier différent. Les 3e, 4e et 5e niveaux, réalisés du milieu du XIIe à la première moitié du XIIIe siècle sont attribuables aux maestri campionesi car on y retrouve de nombreuses affinités avec les sculptures du jubé. Les chroniques de Modène rapportent ensuite qu’en 1261 fut érigé le 6e niveau et qu’en 1319 Enrico da Campione avait achevé la partie octogonale surmontée d’une sphère de cuivre dorée.

En 1338, furent construites les premières arches de liaison entre la tour et la cathédrale, ce qui semble témoigner d’une préoccupation précoce due à l’inclinaison de la Ghirlandina.

Des fouilles réalisées au pied de la tour entre 1898 et 1901[9], ont permis de constater que la Ghirlandina était implantée sur la via Aemilia dont le tracé est parallèle au côté septentrional de la cathédrale. Les fondations de la tour s’achèvent 60-70 cm en dessous du niveau du pavage de la via Aemilia .

Enfin, des sondages effectués en 2007 ont montré que l’appareillage des fondations de la tour se rapporte à la même phase de construction que le premier niveau, ce qui exclus l’hypothèse selon laquelle la Ghirlandina aurait été édifiée sur les restes d’une tour lombarde[15].

Interventions ultérieures

D'importants travaux sont effectués au XVe siècle, entre 1437 et 1455 d'après Dondi[16], lorsque des plafonds voûtés d'arêtes se substituent à la couverture originale constituée de poutres en bois. Gandolfo[17] précise que les voûtes au-dessus du chœur furent en place dès 1444. Au XVIIIe siècle, l'abside centrale de la crypte est restructurée. L'année 1913 voit la réfection du pavement intérieur ainsi que du grand jubé qui avait été modifié au XVIIe siècle. En 1936, sont reconstruits les pinacles qui coiffaient les pilastres de la façade tombés lors du tremblement de terre de 1797. En 1955, la crypte décorée de style baroque retrouve son aspect d'origine.

Calendrier des évènements connus

  • - Terrassement des fondations.
  • – Translations des reliques de saint Géminien.
  • – Consécration de l’autel de saint Géminien.
  • – Tremblement de terre.
  • Magister Lanfrancus signe comme témoin un acte de l’évêché de Modène.
  • – une rente du diacre sacristain est destinée à l’éclairage de la cathédrale.
  • 1167 – l’administrateur de la fabrique de la cathédrale obtient la concession de l’extraction du marbre.
  • – Consécration solennelle de la cathédrale par le pape Lucius III.
  • 1190 – Présence à Modène des maestri campionesi et modification de la zone du chœur.
  • 1208-1225 – Bozzalino administrateur de la fabrique de la cathédrale. Son nom est gravé sur la plaque de l’abside.
  • 1209 – Maestro Anselmo da Campione est cité comme témoin dans un acte.
  • 1231 – Un document fait état de la porte Regia.
  • 1244 – Convention entre Ubaldino, administrateur de la fabrique de la cathédrale et maître Enrico da Campione, dans lequel on fait référence à de précédents accords avec Anselmo, grand-père d’Enrico et les descendants, pour un service ininterrompu sur le chantier de la cathédrale.
  • – Un acte notarié fait encore état de la couverture bois.
  • 1453-1455 – Construction des voûtes. La voute au-dessus du chœur fut exécutée en 1444.
  • 1501 – Tremblement de terre.
  • 1832 – Tremblement de terre[11].

Description

Liens externes

Notes et références

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