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Causse Méjean

plateau calcaire dans le département de la Lozère, France From Wikipedia, the free encyclopedia

Le causse Méjean ou causse Méjan (Mejan en occitan) est un vaste plateau calcaire français faisant partie des Grands Causses. C'est le plus haut des plateaux caussenards avec une altitude variant de 800 m à 1 247 m au mont Gargo. Sa superficie approche les 340 km2 (34 000 hectares). Le causse Méjean est compris en totalité dans le périmètre du site des Causses et des Cévennes inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO le .

Faits en bref Pays, Subdivision administrative ...
Causse Méjean
Image illustrative de l’article Causse Méjean
Orage sur le causse Méjean, plateau karstique caractérisé par deux grandes entités écologiques : le causse nu à l'est, composé de pelouses calcicoles, support d'un élevage ovin extensif ; le causse boisé à l'ouest, couvert de peuplements spontanés de pins sylvestres et de forêts de pins noirs plantés essentiellement au XIXe siècle pour lutter contre l'érosion des sols[1].

Pays France
Subdivision administrative Occitanie
Subdivision administrative Lozère
Coordonnées 44° 16′ nord, 3° 24′ est
Géologie Calcaire
Relief Mont Gargo 1 247 m
Régions naturelles
voisines
Causse de Sauveterre
Cévennes
Causse Noir
Lévézou
Régions et espaces connexes Grands Causses

Image illustrative de l’article Causse Méjean
Le causse Méjan sur la carte du Massif central.
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Géographie

Carte topographique du causse Méjean qui est un quasi-désert avec une densité démographique de 1,5 habitant/km2[2].

Situé en France dans le Massif central en Lozère, le Méjean est ceinturé des vallées profondes de la Jonte au sud, du Tarnon à l'est et du Tarn au nord et à l'ouest. Il doit son nom de Mejan[3], qui signifie « médian » ou « moyen » en occitan, à la position centrale qu'il occupe, entre le causse de Sauveterre au nord, et le causse Noir au sud.

Le causse Méjean s'étend sur 13 communes de Lozère :

Géologie

Carte géologique des Grands Causses :
C=Comtal ; S=Séverac ; Sv=Sauveterre ; M=Méjean ; N=Noir ; R=Rouge ; L=Larzac.

Les nombreuses couches de sédiments calcaires et dolomitiques datent presque toutes du Jurassique et reposent sur les bancs de grès du Trias recouvrant le socle hercynien (les schistes). L'épaisseur des couches de calcaire atteint 650 m et jusqu'à 1 500 m par endroits. Les géologues distinguent plusieurs types de roche : le calcaire (sens strict), qui peut être massif, lité ou marneux, la dolomie, les marnes et le basalte (quelques traces issues de l'activité volcanique du tertiaire récent).

Les couches carbonatées déposées au fond de la mer jurassique qui recouvre le socle hercynien pénéplané[4] sont soulevées sous la contrainte compressive provenant de l'orogenèse pyrénéenne et alpine. Ces phases compressives sont associées à la réactivation des failles hercyniennes du faisceau cévenol[5], notamment la faille des Cévennes qui découpe la région en blocs et délimite les hauts plateaux des causses et Cévennes au nord, des plaines des garrigues du Languedoc au sud[6].

Relief et géomorphologie

La notion de plateau laisse suggérer un paysage plat et monotone. Pourtant, la succession de reliefs arrondis ou allongés et de dépressions, les chaos dolomitiques rompent la monotonie. L'ouest du plateau, plus bas en altitude, est aussi morcelé de ravins profonds de plusieurs dizaines de mètres. Il semble que les accidents du sol soient le résultat d'un jeu de failles dû à des glissements de terrain :

  • sud vers nord : issu de la chaîne pyrénéenne ;
  • est vers ouest : issu de la chaîne alpine.

L'ensemble a été pénéplané et des soulèvements ont provoqué l'apparition des couches les plus anciennes (tertiaires).

Hydrographie et climat

Aucun cours d'eau ne circule à la surface des plateaux : l'eau de pluie rejoint les vastes réseaux karstiques pour resurgir dans les vallées et alimenter les rivières du Tarn et de la Jonte par de nombreuses résurgences. Ces réseaux hydrographiques souterrains sont à l'origine de grottes et avens remarquables.

Végétation

Aujourd'hui, les Causses montrent un paysage fortement modifié, profondément marqué par l'empreinte humaine, l'élevage essentiellement. Sur le Méjean, les pelouses et les landes à buis et à genévrier, parfois morcelées de plantations de pin noir, couvrent la partie orientale du plateau : le causse nu. Les vastes espaces vallonnés couverts de pelouses sèches souvent dépourvues d'arbre ne sont pas sans évoquer un paysage de steppe tempérée. Pourtant, on rencontre en traversant ces espaces largement ouverts de nombreuses espèces rares et remarquables. La partie ouest est plus boisée (pin sylvestre).

Faune

Chevaux de Przewalski sur le causse.

En 1993, onze chevaux de Przewalski provenant de divers zoos européens ont été amenés au Villaret dans le parc national des Cévennes. Le cheval de Przewalski, dont le territoire d'origine était l'Asie centrale, s'est éteint à l'état sauvage dans les années 1960. Il ne survivait plus que dans les zoos jusqu'aux années 1990. Le cheval de Przewalski n'a jamais pu être domestiqué par l'homme.

Les chevaux de Przewalski se sont vite adaptés aux conditions difficiles du causse Méjean[7] et s'y sont reproduits. En 2004 et 2005, 22 chevaux ont été transportés dans la zone tampon du Parc national de Khar Us Nuur à l'ouest de la Mongolie.

Lieux et sites d'intérêt

Toponymie

L’usage courant utilise Méjean, que l’on trouve dans la presse et les brochures touristiques ; les scientifiques adoptent Méjan, graphie préconisée par la Société des Lettres de la Lozère dans la Revue du Gévaudan[9]. Il semble que l’orthographe Méjean provienne d’un rapprochement fait avec le prénom Jean[9]. Les recherches étymologiques ont démontré que le nom commun occitan mejan était issu du latin medianum (« médian, moyen, qui est placé au milieu », c'est-à-dire entre les Causses Noir et de Sauveterre), d'où son nom occitan de Mejan[9],[10].

Histoire

Vue sur les gorges de la Jonte depuis la Ferme caussenarde d'autrefois à Hyelzas.

Préhistoire et Protohistoire

L'archéologie et la toponymie révèlent que les menhirs sont nombreux sur ce plateau. De plus, on peut repérer des tumulus hallstattiens qui se dressent souvent au voisinage des dolmens chalcolithiques[11].

Antiquité

La région fait partie du pays des Gabales, peuple gaulois ayant combattu aux côté du roi Vercingétorix à Alésia en 52 avant notre ère.

La région appartient successivement au pays gabale, à la République romaine, à l'Empire romain, à l'Empire des Gaules, à nouveau à l'Empire romain, puis à l'Empire romain d'Occident jusqu'à la chute de Rome en 476.

Moyen Âge

Temps modernes

Le causse Méjean est situé proche des Cévennes, région où la réforme protestante rencontra un certain succès. Certains villages du causse Méjean voient une partie de leur population se convertir au protestantisme, comme Meyrueis ou Gatuzières. La région a été le théâtre d'affrontements religieux. Les protestants de Florac, petite ville située en bordure du causse, ont subi les dragonnades. Le village de Meyrueis est attaqué et sa population dispersée dans les localités voisines.

Époque contemporaine

Concernant l'histoire récente, La ferme caussenarde d'autrefois, écomusée du causse, a été créée par Armand et Marie Pratlong en 1973. Le visiteur peut y découvrir le mode de vie des paysans du causse avant 1946 ainsi que l'architecture typique faite de murs et voûtes en pierre et de toitures en lauzes.

Culture

Galerie photo

Notes et références

Voir aussi

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