Cavaliers sur la plage

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Version I sur fond clair
Version II sur fond rose prononcé
Cavaliers sur la plage, tableau (I) et tableau (II).

Cavaliers sur la plage est le titre de deux tableaux réalisés en 1902 par le peintre français Paul Gauguin sur l'île de Hiva Oa dans l'archipel des Marquises en Polynésie française où il réside à la fin de sa vie.

Ces tableaux présentent chacun plusieurs groupes de cavaliers, sur le sable de couleur claire sur l'un des deux, et de couleur rose foncé sur l'autre, devant la mer. Plusieurs des cavaliers et autres éléments se retrouvent sur les deux toiles, qui portent le même titre et semblent avoir été réalisées en même temps, se complètent et se prolongent.

Selon les analystes de ces œuvres, les cavaliers représentent les cavaliers de l'Apocalypse, le cavalier de la mort de Dürer ou les messagers du destin, et ils annoncent la mort que Gauguin sent venir ; l'artiste mourra effectivement l'année suivante.

Le première de ces deux toiles est conservée au musée Folkwang, la seconde fait partie de la collection Niarchos.

Cavaliers sur la plage (I)
Artiste
Date
Matériau
Dimensions (H × L)
65,5 × 76 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
G 52Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Cavaliers sur la plage (II)
Artiste
Date
Matériau
Dimensions (H × L)
73 et 72 × 92 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
15748, WRM 1202Voir et modifier les données sur Wikidata

Les deux tableaux sont composés de cavaliers devant la mer, la plupart tournant le dos, les autres de profil longeant la mer. Sur le premier tableau, trois cavaliers, torse nu, montant des chevaux bai brun, sont au pas ou immobiles, face à la mer, sur le sable rose clair ; sur la gauche, devant eux et de profil, passent deux cavaliers masqués[1], ou deux cavalières, en veste courte à capuche, l'une en rouge et l'autre en blanc ou jaune, sur des chevaux clairs, venant de la gauche et allant vers la droite.

On retrouve les deux mêmes cavalières, dans la même tenue (à cela près que la cavalière en jaune laisse échapper des cheveux blonds) et avec les mêmes chevaux, dans la même direction le long de la mer en partie droite du deuxième tableau, sur le sable d'un rose prononcé ; on retrouve aussi deux des trois cavaliers du premier tableau ; deux autres cavaliers se tiennent au premier plan, l'un à droite de profil, arrêté, comme figé (et qui figurait dans Famille tahitienne[2]), et l'autre, une cavalière en chemise blanche, tournant le dos mais regardant et écoutant une jeune fille à demi nue, de profil, à pied. Le même groupe de trois arbres qui figurait dans Noa Noa et qui était à droite du premier tableau se retrouve à gauche de la deuxième version des Cavaliers sur la plage[2].

La palette utilisée est jugée remarquable et captivante, avec un rose clair mais presque violet sur la première version[1], et encore plus prononcé, presque rouge, sur la deuxième. Les tons restent des tons pastel sur ce rose surprenant[2].

Analyse

Gauguin a déjà peint des scènes de plage similaires, en Normandie et en Bretagne[1]. La scène de ces tableaux-ci se situe vraisemblablement sur le rivage d'Hiva Oa, l'île des Marquises où le peintre s'est installé l'année précédente[1].

Le premier tableau Cavaliers sur la plage évoque la nostalgie, et représente l'immensité de la mer de façon romantique[1]. La présence des chevaux est une référence à Edgar Degas, mais plus encore une référence à la gravure d'Albrecht Dürer, Le Chevalier, la Mort et le Diable, dont Gauguin possède une reproduction qu'il colle sur son manuscrit Avant et après qu'il écrit à cette époque[1]. Par cette toile où il étudie le cavalier en profondeur, Gauguin intègre la notion du « cavalier de la mort » de Dürer[1].

Les scènes sont paisibles en apparence, mais les deux personnages, cavaliers ou cavalières, en arrière-plan le long de la mer dans les deux versions des Cavaliers sur la plage, font penser aux cavaliers de l'Apocalypse selon Tréhin et Gleizal[2]. Ils sont les messagers du destin, venant annoncer la mort prochaine de l'artiste[2]. Toujours selon Tréhin et Gleizal, ces figures sont intentionnellement inspirées d'une frise du Parthénon représentant la victoire des Grecs sur les barbares ; c'est surtout manifeste sur le premier tableau, et également repérable sur le deuxième tableau comme sur d'autres toiles de Gauguin comme Le Gué, la Fuite ou Le Cheval blanc[2].

Historique

Les deux tableaux sont peints par Gauguin en 1902, et expédiés au marchand Ambroise Vollard. Le premier tableau est vendu à Karl Ernst Osthaus qui a fondé en 1902 un musée à Hagen en Allemagne ; ses collections sont ensuite rachetées en 1922 par la ville d'Essen pour le musée Folkwang[3], qui conserve ce tableau sous le numéro d'inventaire G 52[1].

Le second tableau est vendu au docteur Emil von Rath, qui l'offre en 1913 au musée Wallraf-Richartz à Cologne ; il passe ensuite dans la collection Wildenstein puis dans celle de Edward G. Robinson et figure actuellement dans la collection Niarchos[4].

Catalogage

Notes et références

Voir aussi

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