Centre Muraz

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Centre Muraz
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Situation
Création 1939
Coordonnées 11° 09′ 59″ N, 4° 18′ 54″ O

Le Centre Muraz est un institut de recherche en santé situé à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso. Il porte le nom du médecin militaire français Gaston Muraz (1887-1955), pionnier de la lutte contre la maladie du sommeil en Afrique centrale et occidentale. Créé durant la période coloniale, le centre a joué un rôle majeur dans la surveillance et le contrôle des endémies au sein de l’Afrique-Occidentale française (AOF), puis de l’Organisation de coordination et de coopération pour la lutte contre les grandes endémies (OCCGE) en Afrique de l'Ouest, jusque dans les années 1970. Devenu une structure nationale burkinabè, il constitue aujourd’hui l’une des plus anciennes et des plus importantes institutions de recherche, de formation et d'interventions en santé du pays.

Pierre Richet faisant un discours en 1953 au SGHP de l'AOF à Bobo-Dioulasso, futur Centre Muraz.

L'ouverture de voies nouvelles de communication, et les contacts accrus entre populations depuis le début de la colonisation française en Afrique, ont favorisé la diffusion de foyers de maladie du sommeil (ou trypanosomiase humaine africaine) jusque là plus localisés. Suite à la disgrâce d'Eugène Jamot au début des années 1930, et de la réduction des efforts de lutte, la trypanosomiase connait de nouvelles flambées, et l'administration coloniale se résout à la construction d'un Service général autonome de la maladie du sommeil à Bobo-Dioulasso, dirigé en 1939 par Gaston Muraz[1]. La construction de bâtiments en style neo-soudanien est réalisée[2]. Les activités concernent l'Afrique Occidentale Française, avec pour objectif premier d'y endiguer la trypanosomiase humaine. En 1945 le service est transformé en Service Général d’Hygiène Mobile et de Prophylaxie, qui effectue également de grandes campagnes de lutte contre le paludisme et d'autres maladies infectieuses. En 1948 Léon Lapeyssonnie y installe le Centre d'étude des trypanosomiases africaines[réf. souhaitée]; en 1955 Pierre Richet en est directeur. À la lutte contre la maladie du sommeil, la lèpre, l'onchocercose, le paludisme, s'ajoutent les programmes de vaccination contre la variole et la fièvre jaune. En 1956 le Service prend la dénomination de Centre Muraz, et Pierre Richet y installe la section d’onchocercose, dirigée par Max Ovazza (ORSTOM), qui prend en charge les premières campagnes anti-simulidés[3]. La même année le Centre Muraz réalise une importante enquête paludométrique au Mali[4].

Lors des indépendances, le Centre Muraz devient le siège de l’Organisation de Coordination et de Coopération pour la Lutte contre les Grandes Endémies (OCCGE) qui regroupe huit pays francophones de l’Afrique de l’Ouest, et dont le fonctionnement est soutenu pour une part importante, financièrement comme en personnels, par le Ministère français de la Coopération et du Développement[5]. La lutte contre l'onchocercose y est menée de façon efficace. Cependant les activités du Centre Muraz se recentrent vers les besoins nationaux de santé publique, et son équipement comme ses laboratoires, pensés à l'origine pour les interventions régionales, ne sont plus adaptés aux nouvelles missions et périclitent. En 1973 son laboratoire d'entomologie, héritier de la lutte régionale contre l'onchocercose, est en grande partie transféré au centre de Bouaké en Côte d'Ivoire[6]. Au début des années 1980, vaccination contre la méningite et lutte contre la fièvre jaune mobilisent le Centre[7]. En 1991 un important programme de réhabilitation, locaux et soutien financier, est assuré par la France. Un Comité scientifique international francophone est institué la même année, sous la présidence de Michel Rey, puis de Dominique Baudon en 2005[8]. Le Centre devient un site partenaire Sud de l'ANRS française; cependant sous couvert de collaborations scientifiques il est parfois utilisé par ses partenaires comme pourvoyeur de souches pathogènes[9] ou de prélèvements analysés dans les laboratoires du nord, plutôt qu'au réel transfert pérenne de technologies. Les directeurs successifs du Centre Muraz restent jusqu'à la fin des années 1990 des scientifiques expatriés préemptés par la France.

Depuis 1992 le Centre Muraz héberge régulièrement les Journées des Sciences de la Santé de Bobo-Dioulasso[10].

En 2001 le Burkina Faso met fin à une situation héritée du "pré carré" français, et le centre Muraz est nationalisé sous statut d’Etablissement Public à caractère Administratif. En 2018, le Centre Muraz devient une Direction Technique de l’Institut National de Santé Publique (INSP) du Burkina Faso[11]. Ses objectifs sont de réaliser une recherche scientifique de qualité au service de la santé publique, la formation aux niveaux national et international, et l'expertise de haut niveau dans ses domaines de compétences, en appui au développement sanitaire du Burkina Faso[12]. Dans les années 2020 la coopération s'y renforce avec la Russie[13].

Réalisations récentes

Le Centre Muraz est un institut de recherche et d'expertise dans le domaine des maladies parasitaires et infectieuses. Son laboratoire de parasitologie est Centre de référence de la chimiorésistance du paludisme. Le Centre Muraz conduit également des interventions et des recherches sur d'autres parasitoses, sur la tuberculose, l'infection par le VIH, les maladies cibles du Programme Élargi de Vaccinations, etc.[14]. Le Centre participe à la veille épidémiologique, au développement d'outils et stratégies diagnostiques, et à la réponse aux flambées épidémiques. En 2021 il s'équipe d'un laboratoire mobile P3 et d'un laboratoire mobile G5 Sahel pour investiguer sur le terrain les fièvres hémorragiques virales[15]. En 2023 le Centre met en place un laboratoire de génomique (projet AFROSCREEN) pour le séquençage et la surveillance génomique des agents infectieux[16].

Le centre dispose également d'un dispensaire et d'un laboratoire d'analyses médicales ouverts à la population[17].

Sélection de publications

(Publications représentatives et dans lesquelles les chercheurs du Centre Muraz sont investigateurs principaux)


  • Dengue Fever and Its Burden in Burkina Faso: An Overview. Wendimi Fatimata Belem, Ibrahim Sangare, Caroline Gilbert et al. Rev. Med. Virol. 2026.
  • Residual malaria transmission in Western Burkina Faso: Vector Behavior, insecticide resistance, and the efficacy limits of next-generation LLINs. Kouame Wilfred Ulrich Kouadio, Miriam Felicite Amara, Dieudonne Diloma Soma et al., Acta Tropica, 2025.
  • Burden and epidemiology of Campylobacter species in acute enteritis cases in Burkina Faso. Ange Oho Roseline Badjo, Nongodo Firmin Kabore, Arsène Zongo et al.. BMC Infectious diseases, 2024.
  • Helminth exposure and immune response to the two-dose heterologous Ad26.ZEBOV, MVA-BN-Filo Ebola vaccine regimen. Houreratou Barry, Edouard Lhomme, Mathieu Sure et al. Plos Negected Tropical Diseases, 2024.
  • Immune response of a two-dose heterologous Ebola vaccine regimen: summary of three African clinical trials using a single validated Filovirus Animal Nonclinical Group enzyme-linked immunosorbent assay in a single accredited laboratory. Chelsea McLean, Houreratou Barry, Mark Kieh et al., Lancet, 2023.
  • Nutritional status of children under five years and associated factors in 24 districts of Burkina Faso. T. Bernadette Picbougoum, M. A. Serge Somda, S. Henri Zango et al. Plos Glob. Public Health, 2023.
  • Rift Valley fever in West Africa: A zoonotic disease with multiple socio-economic consequences. Bachirou Tinto, Jordan Quellec, Catherine Cêtre-Sossah et al. One Health, 2023.
  • Genomic Epidemiology of SARS-CoV-2 in Western Burkina Faso, West Africa. Yacouba Sawadogo, Lokman Galal, Essia Belarbi et al. Viruses, 2022.
  • Serological and molecular detection of Leishmania species in dog peripheral blood from Bobo-Dioulasso city, a confirmation of canine leishmaniasis enzootic area for Burkina Faso. Arthur D. Djibougou, Achille S. Nikièma, Aristide S. Hien et al. Infect. Genet. Evol. 2022.
  • Monitoring Insecticide Susceptibility in Aedes Aegypti Populations from the Two Biggest Cities, Ouagadougou and Bobo-Dioulasso, in Burkina Faso: Implication of Metabolic Resistance. Moussa Namountougou, Dieudonné Diloma Soma, Mahamoudou Balboné et al. Trop. Med. Infect. Dis. 2020.
  • Transgenic Metarhizium rapidly kills mosquitoes in a malaria-endemic region of Burkina Faso. Brian Lovett, Etienne Bilgo, Souro Abel Millogo et al. Science, 2019.
  • Motivations, gains et pertes des acteurs soutenant les personnes âgées en incapacités fonctionnelles vivant à domicile à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso). Berthe A, Berthe-Sanou L, Konate B, et al. Rev Gériatrie, 2014.
  • Multiple insecticide resistance in Anopheles gambiae s.l. populations from Burkina Faso, West Africa. Moussa Namountougou, Frédéric Simard, Thierry Baldet et al. Plos One, 2012.
  • Decreased motivation in the use of insecticide-treated nets in a malaria endemic area in Burkina Faso. Léa Paré Toé, Olé Skovmand, Kounbobr Roch Dabiré et al. Malar. J., 2009.
  • Meningococcal carriage and immunity in western Burkina Faso, 2003. Seydou Yaro, Yves Traoré, Zekiba Tarnagda et al. Vaccine, 2007.
  • Safety and efficacy of rectal compared with intramuscular quinine for the early treatment of moderately severe malaria in children: randomised clinical trial. Hubert Barennes, Tatiana Balima-Koussoubé, Nicolas Nagot et al. BMJ, 2006.
  • In vitro susceptibility of 232 isolates of Plasmodium falciparum to antimalarials in Burkina Faso (West Africa). H. Tinto, J. B. Ouedraogo, B. Traoré et al. Bul. Soc. Patho. Exot., 2001.
  • Breast milk transmission of HIV-1. Laboratory and clinical studies. Van de Perre P. Ann N Y Acad Sci., 2000.
  • Serological diagnosis of human immuno-deficiency virus in Burkina Faso: reliable, practical strategies using less expensive commercial test kits. N. Meda, L. Gautier-Charpentier, R. B. Soudré et al. Bull. World Health Organ., 1999.
  • Granuloma formation and tuberculosis transmission in HIV-infected patients. E. Ledru, S. Ledru and A. Zoubga. Immunol. Today, 1999.
  • A proposal for basic management of HIV disease in west Africa: use of clinical staging and haemogram data. E. Ledru, S. Diagbouga, N. Meda et al. Int. J. STD AIDS, 1998.
  • Impact of short-course therapy on tuberculosis drug resistance in South-West Burkina Faso. S. Ledru, B. Cauchoix, M. Yaméogo et al. Tuber. Lung Dis., 1996.
  • Education concerning health, water and sanitation in the control of schistosomiasis. T. R. Guiguemdé. Trop. Med. Parasitol. 1989.
  • ...
  • A method of evaluating microfilaria densities of Onchocerca volvulus Leuckart, 1893, in onchocerciasis patients. Assessment of microfilarial densities by site and levels of prevelance in skin biopsies; variations of microfilarial densities over a 24 hour period. J. J. Picq & J. P. Jardel. Bull World Health Organ., 1974.
  • ...
  • (antérieurement, voir Bulletin et Rapports techniques de l'OCCGE).

Directeurs

Structures antérieures

  • Service général autonome de la maladie du sommeil, 1939: Gaston Muraz.
  • Service Général d’Hygiène Mobile et de Prophylaxie: Pierre Richet en 1955.

Centre Muraz

  • Pierre Richet (1956)
  • À partir de 1960 et jusqu'en 1966, le Centre Muraz est le siège de l'OCCGE, dont le Secrétaire Général est Pierre Richet[5]; ultérieurement la direction du Centre Muraz et le Secrétariat général de l'OCCGE deviendront deux postes distincts.
  • ...
  • Jean Roux (1981-1984) (dernier médecin militaire français à ce poste)
  • ...
  • Jean-Paul Chiron (1991-1992)
  • Georges Soula (1992) (directeur par intérim)
  • Francis Fumoux (dernier directeur français)
  • Philippe Van de Perre (1996-2001) (dernier directeur européen)
  • ...
  • Serge Potiandi Diagbouga (2003-2008)
  • Jean Bosco Ouedraogo (2009-2013)
  • Halidou Tinto (2013-2014)
  • Nicolas Meda (-2017)
  • Hervé Hien (2017-2019)
  • Isidore Traoré (2019-)
  • Thérèse Samdapawindé Kagoné (2021-2022) (première femme à ce poste)
  • Abdoul Salam Ouedraogo (2022-)

Notes et références

Articles connexes

Liens externes

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