Chaïm Kaliski

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Décès
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Surnoms
Charles, JimVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Chaïm Kaliski
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Biographie
Naissance
Décès
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Charles, JimVoir et modifier les données sur Wikidata
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Genre artistique

Chaïm Kaliski, né le à Etterbeek (province de Brabant) et mort le , est un artiste et auteur de bande dessinée belge. Artiste intrinsèquement touché par la Shoah, connu sous le pseudonyme Jim Kaliski.

Premières années

Haïm-Charles Kaliski naît le à Etterbeek[1]. Il est issu d'une famille juive polonaise modeste dont le père Avram (Abraham) est maroquinier et sa mère, Fradla Wach (née le  à Varsovie[2]), couturière[1] et analphabète. Il est l'aîné de quatre enfants : René qui deviendra écrivain et dramaturge connu sous le nom de René Kalisky[3], Sarah Kaliski (1941-2010) sera peintre et Ida Kaliski (1933) qui faillit devenir chanteuse d'opéra. Il grandit à Cureghem, un quartier d'Anderlecht, non loin de la Gare du Midi[1]. Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, et l’invasion de la Belgique en mai 1940 bouleverse l'existence[1]. L’avancée de la Wehrmacht conduit la famille à prendre la route de l'exode en France, mais par manque de moyens financiers les Kaliski reviennent dans la capitale belge[1]. La famille est inscrite dans le registre des Juifs en Belgique le [4]. Il doit interrompre sa scolarité et vit la traque impitoyable des Juifs de Bruxelles pendant l’Occupation allemande, tout en échappant aux contrôles, aux dénonciations. La rue Docteur De Meersman, où il demeure, est épargnée de la rafle des Juifs de Bruxelles, le [1],[5]. Son père Abraham est arrêté le [1]. Sa mère parvient alors à placer ses plus jeunes enfants dans des endroits disparates et se cache avec Chaïm, jusqu’à la Libération en [1].

Disparition du père

Son père est incarcéré à la prison de Saint-Gilles[2], où il est torturé pour qu'il donne l'adresse de ses enfants cachés, puis sans avoir parlé[6], Abraham est transféré à la caserne Dossin à Malines avant d’être déporté le [2] à Auschwitz[7], dont il ne reviendra pas. Chaïm Kaliski, « Jim » doit subvenir aux besoins de sa famille et travaille dans la maroquinerie[8]. La disparition brutale de son père et l’extermination des Juifs le traumatisent[8]. La famille, réunie par la mère, habite un quartier modeste d'Etterbeek[2]. Depuis la Libération, Chayim, surnommé aussi Charles ou Jim d’Etterbeek, ne cesse de découper des images de la barbarie nazie en les collant dans des cahiers qui préfigurent ses récits[2]. Il collectionne les articles de presse, se documente avec ardeur tout au long des années suivent la guerre[9]. Selon la curatrice Virginie Michel : « Probablement atteint d’un trouble autistique, il bénéficiera d’une pension pour personne handicapée qui lui permettra de se consacrer à son histoire, qu’il va ressasser toute sa vie[9]. ».

Chronique graphique de la Shoah à Bruxelles

À l'âge de 60 ans, et à l'instigation de sa sœur Sarah, il commence à créer en autodidacte la représentation de la Shoah[10], associant dessin à la plume et peinture à l’aquarelle, tout en utilisant l’encre de Chine pour l'écriture. Son parcours d’enfant juif caché à Bruxelles durant la guerre constitue le fil rouge de son œuvre[8]. La chronique minutieuse, obsessionnelle, presque compulsive, d’une enfance volée de Kaliski, qui s’étend des années 1920 à l’après-guerre, explore Etterbeek mais aussi d’autres communes de Bruxelles : Anderlecht, Ixelles, Saint-Gilles, Schaerbeek[8]. Il élargit le sujet de son travail de mémoraliste pour représenter d’autres massacres et d’autres exterminations comme les génocides arménien et tutsi[8] ou encore au massacre de Katyń[2]. Avec Le Siècle des génocides, une publication parue du 4 au , réalisée à l’occasion de l’exposition Un siècle de génocides, organisée à La Maison du livre de Saint-Gilles, Chaïm Kaliski se place parmi les premiers bédéistes qui s'emparent du sujet de la Shoah[2]. Par ailleurs, il traite aussi de sujets plus légers, telles les vies de Jacques Brel et Johnny Hallyday[8]. Il réalise ainsi plus de 6 000 dessins et planches, généralement sur des feuilles de papier Canson A3[8], qu’il signe et date en 18 ans[1]. Son œuvre n'est cependant que montrée partiellement, notamment au Musée juif de Belgique en 2007, lors d’une exposition sur les trois artistes de la famille Kaliski[11] ou encore dans le cadre d'expositions consacrées à l'art brut sous le commissariat d'Erwin Dejasse.

L’œuvre, méticuleusement conservée, nécessite un travail important d'inventaire, de tri, et de numérisation afin de publication. C'est à cette tâche que les auteurs de bande dessinée et éditeurs de la maison d'édition La Cinquième Couche William Henne et Xavier Löwenthal s'attèlent jusqu’à constituer la matière d’une série de quatre volumes dont les planches sont présentées par ordre chronologique[8]. Jim d’Etterbeek[12] compte 336 planches, créées de 1989 à 1999, dont l'introduction est due à Joël Kotek et Didier Pasamonik. Ce premier Memorbuch a un personnage récurrent en la personne du délateur Jacques Mousso[13],[14], dit le gros Jacques dont la véritable identité est Icek Glogowski, responsable de centaines de déportations. La chanson Seule ce soir interprétée par Léo Marjane qui exprime la peine et le désespoir, est prégnante dans ses planches[8]. Les phylactères sont rédigés méli-mélo en yiddish, néerlandais, allemand et français[13]. Selon Joël Kotek : « L’ensemble de son œuvre est déchirant. C’est d’ailleurs assez intéressant d’étudier le rapport des auteurs de BD avec leur père. Comme dans l’œuvre de Spiegelman ou encore de Kichka, on retrouve ce rapport essentiel. Pour Kaliski, ce père paraissait tout puissant, presque invulnérable. Et le voilà pourtant qui disparut à jamais. Ce fut pour Haïm une perte irrémédiable, une pure tragédie. Ce livre retrace une partie de l’histoire de son deuil qui ne sera jamais fait, d’autant plus que cet enfant autiste était très attaché à son père et lui collait aux baskets sans arrêt[15]. ». Le second opus Dossin, antichambre de la mort est centré sur la Caserne Dossin du type camp de Drancy en France et sort en [6]. Laurence Schram, docteure de l’Université libre de Bruxelles et chercheuse référente au musée Kazerne Dossin en assure l'introduction[6]. Ces romans graphiques seront suivis par les tomes intitulés Le Génocide des Juifs d’Europe (2026) et Auschwitz (2027)[8].

Vie privée

Il demeure avenue Brugmann, en région de Bruxelles-Capitale en 2014[3]. Il reste célibataire sa vie durant[14].

Il meurt le [1], à l'âge de 85 ans.

Parentèle

Il est l'oncle de l'acteur, réalisateur et Toile (peinture) Jonathan Zaccaï[15].

Œuvre

Il signe Ch. Kaliski[16]. L'artiste peint également à l'huile sur toile[17].

L'exposition de Paris en 2017, révèle les dessins méconnus de Kaliski qui selon Daniel Couvreur, chef du pôle culture du quotidien bruxellois Le Soir sont « empreints d'une poésie tragique[13] ».

En 2022, il figure parmi les artistes de l'exposition Art brut et bande dessinée, sous le commissariat d'Erwin Dejasse, à la Collection de l'art brut à Lausanne[18],[19],[20]. Le catalogue de l'exposition est édité par la maison d'édition genevoise Atrabile[21]. Le même commissaire présente Off-Comics, une histoire particulière de la bande dessinée au Musée du Docteur Guislain à Gand avec des œuvres de Jim Kaliski en 2024[22].

En 2026, l'exposition rétrospective Chaïm Kaliski. Jim d’Etterbeek se tient au Musée d'Art et d'Histoire du judaïsme[9],[23]. Selon Didier Pasamonik :

« Chaïm Kaliski n’a pas écrit l’Histoire : il l’a dessinée, ligne après ligne, comme on grave une mémoire pour qu’elle ne s’efface jamais[24]. »

Expositions

Expositions individuelles

Expositions collectives

Publications

Notes et références

Voir aussi

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