L'éditeur, Martin Buber, souhaitait que cette nouvelle soit présenté comme une parabole, mais Kafka a refusé[2]. Il ne souhaitait pas attirer l'attention du lecteur sur les différentes lectures possibles derrière cette nouvelle, il préférait que chacun y trouve sa propre interprétation[3].
Kafka lui aussi a aspiré à une vie purifiée de ses pulsions, comme condition à son écriture. Il écrit ainsi à Milena Jesenská qu'il se sent « sale ». La cupidité élémentaire des chacals rend ce désir de pureté illusoire. Cet échec face à un objectif transcendantal est ainsi un thème récurrent de la prose de Kafka[3].
Cette nouvelle a d'abord été publiée dans le mensuel Der Jude, cela montre qu'elle a certainement des références à la vie et à la pensée juives[4],[5].
Les chacals peuvent symboliser le peuple juif. C'est une image souvent utilisée chez d'autres écrivains, comme Heinrich Heine ou Alfred Döblin mais aussi et surtout par des personnalités antisémites comme Oswald Spengler[4]. Les chacals vivent ici comme des parasites sur un peuple hôte. Kafka, lui-même juif, porte ici un regard extérieur et ironique, presque judéophobe sur son propre peuple, en décrivant les Arabes comme des maîtres et les Chacals comme des animaux dépendants[3].
L'attente des Chacals pour cet homme du nord peut symboliser l'attente juive pour le Messie. Cet homme a un rôle similaire à celui du voyageur dans Le Verdict ; il fait l’expérience de l'archaïsme, mais sans le critiquer ni chercher à le modifier[6].
Un autre thème récurrent de la littérature kafkaïenne est l'impossibilité de la communication, entre les individus et entre les groupes. Cette impossibilité du langage a pour impact d'empêcher toute tentative d'amélioration ou d'apaisement des haines. C'est ici l'impossibilité de la communication entre peuple juif et population allemande qui refrène tout apaisement de la haine[7].