Le changement climatique en Bretagne s'inscrit dans le phénomène de réchauffement climatique mondial, phénomène global de transformation du climat en cours depuis la révolution industrielle, caractérisé par une augmentation des températures moyennes, et qui modifie durablement le climat local, ses écosystèmes, et les modes de vie locaux.
Er Lannic, semi-immergé suite au recul du trait de côte.
A l'issue de la dernière période glaciaire, le niveau du trait de côte est éloigné de plusieurs kilomètres du tracé contemporain. Une partie du mégalithisme produit dans la région vers -6000 l'est dans des secteurs qui sont immergés à l'époque moderne. Dans le secteur de carnac, 230 menhirs sont identifiés en mer, et des sites comme Er Lannic sont semi-immergés[1]. Au large de lîle de Sein, un muret de pierres de 120 mètres de long gisant par 9 mètres de profondeur et datant de 7000 ans est aussi identifié[2]. Cette évolutions du trait de côte est aussi visible lors de la découverte de restes d'anciennes forêts, souvent suite à des tempêtes hivernales et sous la forme d'arbres fossilisés. Ces observations sont faites sur des plages du Finistère comme à Concarneau[3], en baie de Douarnenez, à Locmaria-Plouzané ou encore à Plonevez-Porzay, et révèlent des restes de forêts datant d'environ 5 000 ans[4].
Le littoral de la région évolue. Au XIesiècle, Quiberon cesse d'être une île suite à la formation de l'isthme de Penthièvre[5].
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Conséquences environnementales
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Plusieurs îles bretonnes sont menacées de disparition en raison de leurs faibles élévations moyennes, et en raison de la hausse du niveau des mer ou de l'accentuation de l'érosion. Dans le cas d'îles habitées comme l'île de Sein ou l'Île d'Arz, la question de la mise en œuvre de travaux d'aménagement ou du déplacement définitif des populations se pose[6],[7]
Conséquences économiques
Le tourisme local peut capter un parti des flux de touristes domestiques lors des phénomènes de fortes chaleurs dans le sud de l'Europe et de la France. Ceux-ci viennent chercher en Bretagne un climat jugé plus frais[8]. Ce phénomène engendre cependant des craintes vis-à-vis de l'essor du surtourisme[9] et des conflits d'usage autour de la question de l'eau dans des secteurs où l'agriculture est un secteur important et les ressources en eau souvent contraintes[10].
Conséquences sociales
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S’inspirant du modèle des COP internationales, la Région Bretagne lance en 2017 la Breizh COP, une démarche de mobilisation forte du territoire breton pour répondre à l'urgence climatique et environnementale incitant tous les acteurs à s’engager dans l’action[11]. Les appels à engagements Breizh Cop ont été lancés entre février et . Chaque communauté d’acteurs a entrepris de formaliser ses engagements. Le , 5 499 engagements étaient décomptés, dont 4 977 issus des collectivités (communes, départements, EPCI, Pays…)[12].
Accords pour une Bretagne engagée pour le climat et la planète (2019)
Le SRADDET (2020)
Le rôle des régions en matière d’aménagement et de développement durable du territoire a été renforcé par les articles 10 et 13 de la loi du , dite loi NOTRe, qui créent un nouvel outil planificateur dans le domaine de l’aménagement du territoire, de la mobilité des populations et de la lutte contre le réchauffement climatique: le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, SRADDET. Le Schéma régional envisage un développement sur des horizons de moyen (2030) et long-terme (2050) et couvre 11 domaines de compétence dont la lutte contre le changement climatique[13].
Le Conseil régional a adopté le Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) le . Comportant des orientations stratégiques, 38 objectifs, mais aussi des mesures à caractère réglementaire applicable aux documents de planification locaux, le SRADDET a été approuvé par arrêté du Préfet de Région et rendu exécutoire le [14]. Les six grandes priorités transversales que la Région s’est fixée se traduisent par 6 engagements dans les domaines suivants: stratégies numériques responsables, réussir le bien-manger pour tous, une nouvelle stratégie énergétique et climatique, préservation et la valorisation de la biodiversité et des ressources, la cohésion des territoires[14].
Haut conseil breton pour le climat (2022)
Le , le Conseil régional de Bretagne met en place le Haut conseil breton pour le climat, un nouvel organe consultatif intervenant en complémentarité des autres organismes intervenant déjà dans le domaine du changement climatique, notamment le CESER, l’Observatoire de l'environnement en Bretagne, l'Agence bretonne de la biodiversité, le Centre de ressources et d’expertise scientifique sur l’eau de Bretagne (Creseb) et la chambre régionale d'agriculture. Il est composé de 20 membres académiques élus pour 6 ans et a pour mission d’orienter la Région Bretagne sur la cohérence et la pertinence des stratégies thématiques et stratégies de territoire qu’il porte et la pertinence de ses politiques publiques au regard des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (atténuation du changement climatique), et de préparation de la Bretagne aux impacts du changement climatique (adaptation)[15],[16].
Niveau local
SCOT
Créés par la Loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU) du , les schémas de cohérence territoriale (SCoT) sont des documents de planification à long terme, dont l’objectif est de fixer les objectifs du développement durable d’un territoire inter-communal. Il existe 29 SCOT en Bretagne, à différents niveaux d’élaboration, dont les tailles varient de 5 à 89 communes. Les SCoT doivent prendre en compte les SRADDET[17].
Territoires à énergie positive (2014)
Ségolène Royal lance en un appel à projets pour mobiliser 200 «territoires à énergie positive pour la croissance verte». En Bretagne, six territoires sont retenus[18]:
Brest Métropole Océane, avec deux actions phares: le développement du réseau de chaleur de Brest et la plateforme de rénovation énergétique Tinergie[19];
Lorient agglomération, avec notamment le projet SOLENN (SOLidarité ENergie iNnovation) et l'accompagnement des entreprises pour une meilleure performance énergétique[20];
Saint-Brieuc Agglomération;
la communauté de commune du Val d’Ille, avec notamment un schéma de déplacement intercommunal[21];
la communauté de commune du Mené, avec un parc éolien participatif «Les Landes du Mené», de 7 éoliennes et un parc de logement locatif à 0 € de dépenses pour le chauffage[22];
le Pays de Centre Ouest Bretagne.
PCAET (2015)
Carte des Plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET) en Bretagne.
↑Didier Deniel, «La Bretagne regorge de trésors d’archéologie immergés», Le Télégramme, mur sous-marin au large de sein, 230 menhirs sous la mer… la bretagne regorge de trésors d’archéologie immergés (lire en ligne, consulté le ).
↑Nicolas Guillas, «Un mur géant datant d’il y a 7 000 ans découvert sous 9 mètres d’eau au large de l’île de Sein», Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
↑Stéphanie Hancq, «En Bretagne, les tempêtes réveillent une forêt vieille de 5 000 ans: «Des chênes noyés par la montée du niveau marin»», Ouest-France, (lire en ligne, consulté le ).
↑Krystel Veillard, «Quand les tempêtes laissent apparaître des forêts sous le sable», France 3 Bretagne, (lire en ligne, consulté le ).
↑Françoise Surcouf, «Quiberon, une presqu’île de rêve face au golfe du Morbihan», Ouest-France, (lire en ligne, consulté le ).
↑Olivier Mélennec, «Submersion, érosion: les îles bretonnes face au défi du changement climatique», Ouest-France, (lire en ligne, consulté le ).
↑Régis Nescop, «Face à la montée des eaux, les îles du Ponant se battent pour ne pas couler», Le Télégramme, (lire en ligne, consulté le ).
↑Blandine Le Cain, ««Je les appelle les réfugiés climatiques»: quand la Bretagne permet de fuir les canicules du Sud», Le Télégramme, (lire en ligne, consulté le ).
↑Vanessa Boulares, «"Les Bretons ont raison de s’inquiéter. Le changement climatique redistribue les cartes du tourisme", explique Rodolphe Christin, sociologue», France 3 Bretagne, (lire en ligne, consulté le ).
↑Xavier Michel, «Habiter l’espace touristique et porter attention à la ressource en eau potable. Analyse qualitative des positions des touristes dans le Morbihan (France)», Norois, no231, , p.45-60 (DOI10.4000/norois.5082).
Louis Amiot, Vincent Dubreuil et Valérie Bonnardot, «Le changement climatique en Bretagne: cartographie sur la période observée (1951-2020) et future (2031-2100)», Norois, no266, , p.7-25 (DOI10.4000/norois.13069, lire en ligne, consulté le ).
Conseil régional Bretagne, Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des Territoires (SRADDET):
Évaluation environnementale stratégique du SRADDET Bretagne, , 1875p. (lire en ligne)