Chansons de Pierre Mac Orlan

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« Avec quelques chansons, tout homme peut raconter sa vie. Pour moi, écrire des chansons c'est écrire mes mémoires[1]. »

Pierre Mac Orlan a écrit une soixantaine de chansons[2], pour la plupart réunies dans deux recueils : les Chansons pour accordéon (1953) et les Mémoires en chansons (1965).

Jean-Pierre Chabrol écrivit à propos du rapport qu'entretenait Mac Orlan avec la chanson que celle-ci « n'est pas son violon d'Ingres, c'est l'une des voix naturelles de sa vie créatrice[3]. »

Il écrivit en outre de nombreuses autres chansons durant sa jeunesse, pour survivre, qu'il vendait sous forme de feuillets, de façon réellement alimentaire. Aucune d'entre elles ne survécut à l'épreuve du temps, ce qui lui fit dire « comme quoi, les gens ont bon goût ! ».

Mac Orlan a toute sa vie durant été un passionné de chansons : déjà en 1898-1899 il envoyait ses premiers poèmes, écrits en cachette au lycée d'Orléans, au fameux chansonnier Aristide Bruant[4]. Une dizaine d'années plus tard, alors qu'il vit à Paris dans des conditions très précaires, il tente de gagner un peu d'argent par tous les moyens et notamment en écrivant des chansons qu'il revend à des artistes de médiocre envergure, ou à des paroliers qui peuvent s'en attribuer la paternité. C'est ainsi que Maurice Chevalier, alors chanteur débutant, aurait peut-être interprété une chanson écrite par le jeune Mac Orlan et revendue à un parolier nommé Saint-Gilles[5]. En 1911, une autre chanson, Les Coffrets, est mise en musique par Frédéric Gérard, le patron du Lapin Agile, apparemment sans succès[6]. Devenant écrivain à part entière, Mac Orlan préfère alors réserver à son œuvre romanesque ou lyrique ses velléités de chansons, s’inscrivant toutefois à la SACEM en 1936[7].

L'œuvre en chansons

C'est seulement à partir de 1947, alors qu'il n'écrit plus de romans et pour répondre à l'invitation de Nino Franck, que Mac Orlan commence une nouvelle activité de chroniqueur de radio et de parolier[8]. La chanson devient alors « un succédané de [ses] livres, (…) une sorte de conclusion[9] » à sa carrière littéraire. La mise en onde de son œuvre romanesque le conduit à chercher des illustrations sonores adaptées à son cas : des chansons sur mesure, qu'il ne trouve pas dans le répertoire populaire et qu'il écrit donc « un peu par nécessité[9]. »

Accordéoniste amateur, Mac Orlan tient cependant à faire, « [non] pas des poèmes mis en musique, mais des chansons écrites, autant que possible, en respectant les règles du jeu[10]. » Une première série de Chansons pour accordéon paraît en 1953, mise en musique par un professionnel de l'instrument, V. Marceau (dont six Chansons de soldats gravées dès 1950 par le parolier et le compositeur, interprétées par l'actrice Laure Diana[11]).

En 1951, il rencontre Germaine Montero[12] qui crée la plupart des chansons de cette première période et qui demeure son interprète d'élection[13].

« Elle fut la première à donner sa confiance aux paroles de mes chansons. Ce n'était pas une confiance de tout repos. Mais l'art de la grande comédienne, réuni à une parfaite compréhension de la poésie populaire, presque toujours secrète, lui permit de gagner le jeu souvent difficile des mots[14]. »

Illustrant cette réussite, La Chanson de Margaret[15] ou La Fille de Londres[16] sont parmi les plus exemplaires et les plus chantées de ces créations. Le nouvel « écrivain de chanson » devient même une autorité dans ce domaine : tout au long des années 1950 Mac Orlan se pose en historien de la chanson populaire à travers ses séries radiophoniques, articles documentaires et autres textes de présentation de disques[17], s'intéressant également aux chanteurs contemporains qui lui semblent « continuer la grande tradition orale de l'Académie des rues et des routes »[18], comme Félix Leclerc ou Georges Brassens.

Revenu vivre à Montmartre entre 1957 et 1961, l'écrivain y rencontre Henri Landier qui lui présente Monique Morelli[19] et son compagnon l'accordéoniste Lino Léonardi, ce dernier prenant la relève de Marceau pour de nouvelles compositions. Morelli est pour sa part une chanteuse populaire authentique qui devient, au cours des années 1960 et après Montero, la deuxième interprète en importance des chansons de Mac Orlan[20], pour lesquelles elle crée un climat sentimental inspiré par la tradition réaliste.

Le succès conduit Mac Orlan à écrire de nouveaux textes ou remanier d'anciens poèmes qui sont mis en musique cette fois par des compositeurs plus spécialisés dans la chanson comme Philippe-Gérard[21], Georges van Parys[22] ou Christiane Verger[23]. Léo Ferré se prête également à l'exercice en 1960 pour l'unique Fille des bois, créée par Catherine Sauvage l'année suivante. Des chansons composées pendant cette deuxième période, comme Tendres Promesses, Comptine, Matines ou La Terre promise, comptent parfois jusqu'à trois interprètes différentes, toujours féminines : Francesca Solleville, Béatrice Arnac et surtout Juliette Gréco, dont l'album Gréco chante Mac Orlan obtient le Grand Prix du disque de l'Académie Charles-Cros le . Finalement assuré que cette suite de chansons constitue bien ses souvenirs, ses mémoires, Mac Orlan la fait paraître sous ce titre en 1965.

« Je me retrouve donc dans toutes mes chansons, tantôt en acteur, tantôt en spectateur. (…) Pour un vieil homme, c'est une situation insolite mais non sans charme, que de se retrouver en présence de ses anciennes apparences, des apparences chargées de détails dont la somme, péniblement acquise, devient la substance même de ce que l'on appelle un écrivain[24]. »

Liste des chansons de Mac Orlan

Chansons pour accordéon

Mémoires en chansons

Chansons inédites

Publiées en 1969 au Cercle du Bibliophile dans le volume réunissant les Poésies documentaires complètes, Chansons pour accordéon et Mémoires en chansons.

  • La Chanson de la relève montante (1924)
  • Vedette

Autres chansons

Il s'agit de chansons enregistrées sur disque et qui ne figurent pas dans les deux recueils préparés par Mac Orlan.

Interprètes et discographie

Bibliographie

Notes et références

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