Charles-Auguste Marande

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Charles-Auguste Marande
Biographie
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Décès
(à 77 ans)
Le HavreVoir et modifier les données sur Wikidata
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Charles-Auguste Marande est un négociant en coton et collectionneur d'œuvres d'art français né le à Benfeld[1] et mort le au Havre. Le fondateur en 1907 de l'École pratique coloniale du Havre, puis en 1908 de la Ligue coloniale du Havre, il se constitue à cette même époque une collection privée d'art moderne, notamment de tableaux fauves. Léguée à la ville à sa disparition, cette collection constitue aujourd'hui une importante partie de celle du musée d'art moderne André-Malraux.


Collection

Charles-Auguste Marande arrive au Havre à l'âge de quatorze ans en 1872 depuis son Alsace natale qu'il quitte à la fin de la guerre franco-allemande de 1870[2]. Il commence sa carrière de négociant de coton en 1893 au sein de la Compagnie cotonnière des frères Jules, Jacques et Ernest Siegfried. Il devient ainsi administrateur puis vice-président de l’Association cotonnière générale en 1902, six ans avant de prendre sa retraite en 1908[2].

Du fait de sa carrière, il est fortement lié et impliqué concernant les questions coloniales. Il fonde d'abord la Ligue coloniale du Havre en 1904, puis l’École pratique coloniale du Havre en 1908 (actuelle ISTOM - Ecole supérieure d'agro-développement international). Charles-Auguste Marande inaugure ces institutions dans le but de former des professionnels qualifiés pour l’administration, le commerce et l’agriculture des colonies. Il prend alors d'importantes dispositions testamentaires afin de soutenir durablement cette école, engagement qui lui vaut la Légion d’honneur en 1926[2]. De plus, il participe également à la fondation de l’Institut colonial du Havre en 1929[2].

Parallèlement à ses activités économiques et institutionnelles, Marande joue un rôle central dans la vie artistique havraise et compte parmi les membres de la Société des amis des arts dès 1902. Il est aussi l’un des cofondateurs du Cercle de l’art moderne en 1906[2], groupe de collectionneurs havrais majoritairement issus du négoce tels que son collègue et gendre d'Ernest Siegfried ; Olivier Senn, ou encore Georges Dussueil et Pieter van der Velde. De ce groupe de collectionneur émane ainsi une forte émulation artistique et soutient un large cercle d'artistes parmi les plus célèbres avant-gardistes[3].

Charles-Auguste Marande acquiert des œuvres dès la fin du XIXᵉ siècle. Si peu d'informations concernant la constitution de cette collection existent, il semble néanmoins que la majeur partie de cette dernière a été formée avant la Première Guerre mondiale[2]. En effet, la vente de l’atelier d’Eugène Boudin en 1899 semble être un moment décisif pour le collectionneur puisqu'il acquiert plusieurs œuvres qui marquent le début structuré de sa collection[2]. Celle-ci rassemble des œuvres d'Eugène Boudin, mais aussi d'Antoine Bourdelle dont il est proche, ou encore Pissarro, Corot, Jongkind, Monet, Renoir, Vuillard, Marquet, Van Dongen, Lhote, Maxime Maufra et Othon Friesz. Ce vaste ensemble traduit ainsi un goût allant de la tradition paysagère du XIXᵉ siècle aux avant-gardes du début du XXᵉ siècle, jusqu’à une œuvre cubiste de Lhote[2]. Parmi les nombreuse œuvres de sa collection, on compte notamment L'Excursionniste d'Auguste Renoir, Drame Intime d'Antoine Bourdelle ou encore Jeune Fille assise, un livre à la main de Camille Corot.

N'ayant aucune descendance directe, Charles-Auguste Marande fait le choix dans son testament du , de léguer l’essentiel de sa collection au Musée des Beaux-arts du Havre (actuel Musée d'art moderne André Malraux). Le legs comprend 74 tableaux, 12 gravures, des dessins, des aquarelles et une sculpture, tandis que quelques œuvres ne sont pas concernées[2]. Marande exprime la volonté explicite que les tableaux soient conservés groupés[4] afin de créer un ensemble cohérent qui relie l'art encore classique de la fin du XIXᵉ siècle à la modernité radicale du début du XXᵉ siècle[2]. Grand amateur de Kees Van Dongen, à l’instar de Pieter van der Velde[2], il contribue par ce legs à faire du musée des Beaux-arts du Havre un lieu majeur de conservation et de diffusion de l’art moderne comme il avait été le cas quelques années plus tôt par le biais du Cercle de l'art moderne[2].

Distinction

Galerie de tableaux issus du legs de 1936, conservés au musée d'art moderne André Malraux

Notes et références

Liens externes

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