Charles Beauquier
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4 octobre 1885
6 octobre 1889
20 août 1893
8 mai 1898
27 avril 1902
6 mai 1906
24 avril 1910
| Charles Beauquier | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député français | |
| – (34 ans, 1 mois et 6 jours) |
|
| Élection | 25 avril 1880 |
| Réélection | 4 septembre 1881 4 octobre 1885 6 octobre 1889 20 août 1893 8 mai 1898 27 avril 1902 6 mai 1906 24 avril 1910 |
| Circonscription | Doubs |
| Législature | IIe, IIIe, IVe, Ve, VIe, VIIe, VIIIe, IXe et Xe (Troisième République) |
| Groupe politique | RRRS |
| Prédécesseur | Albert Grévy |
| Successeur | Maurice Bernard |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Besançon |
| Date de décès | (à 82 ans) |
| Lieu de décès | Besançon |
| Nationalité | Française |
| Parti politique | RRRS |
| modifier |
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Charles Beauquier, né le à Besançon (Doubs) où il est mort le , est un homme politique et historien français.
Enfance et études
Charles Beauquier naît à Besançon le d'un père dans la comptabilité des lycées[1]. Après quelques déménagements durant son enfance, il étudie le droit à Paris[1]. Il fait ses études à l'École impériale des chartes et en sort diplômé en 1857 en tant qu'archiviste-paléographe après avoir soutenu une thèse sur l’agriculture au temps des Francs[1].
Premiers engagements
En 1858, il décide de devenir journaliste[1]. En 1871, il est rédacteur en chef du Républicain de l'Est[1]. Il est le fondateur de deux journaux : Le Doubs en 1868 et La Fraternité en 1875[1]. Franc-maçon à partir de 1874, il est également membre de la Société des gens de lettres[1].
Engagements politiques
Il est élu conseiller général de Besançon lors des cantonales de 1871[2], dans le contexte de poussée républicaine qui accompagne le projet de future Commune de Besançon. À partir de 1873, il est également conseiller municipal de Besançon[1]. Député du Doubs (radical-socialiste) de 1880 à 1914, il est un farouche défenseur de la libre-pensée[1]. Il est aussi cité parmi les députés ayant exercé la fonction informelle de « boîtier » à la Chambre des députés[3].
Membre de la Fédération Régionaliste Française, créée à l’initiative de Jean-Charles Brun, Beauquier dépose en 1902 une proposition de loi pour remplacer les départements par 22 à 25 régions.
Engagements environnementaux
Il est l'un des fondateurs de la Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France, dont il est le deuxième président de 1901 à 1915[1], succédant à Sully Prudhomme. À la suite du procès sur la source du Lison, il fait voter le la « loi de protection des sites et monuments naturels de caractère artistique », dite loi Beauquier, première loi de protection de l'environnement[4] - prémisse de la future loi de 1930. Il est également membre de la Ligue pour la protection des oiseaux dès sa création en 1912[1].
Contributions à la musique et sa région natale
À trente-deux ans, il publie un ouvrage intitulé Philosophie de la musique, dans lequel il dresse un parallèle frappant entre la promotion de la musique instrumentale par rapport à la musique vocale, et la promotion du paysage en peinture, par rapport au portrait. "Bientôt les montagnes, les bois, les maisons, envahissent la toile, luttant d’importance avec les figures, puis un jour enfin tout cet appareil de fabriques qui semblaient indispensables au paysage disparaît, et la nature fait irruption dans le cadre, la nature pure, libre, indépendante des constructions humaines, la nature pour elle-même, avec ses rochers, ses prairies, ses forêts et ses vastes horizons. L’homme a disparu, ou s’il se montre encore, ce n’est qu’un accessoire, sans plus d’importance qu’un bœuf, un chien ou un cheval, et même, la plupart du temps, c’est une simple touche de couleur, un point blanc ou rouge, une note vive dont se sert le paysagiste pour relever la monotonie des tons verts[5]."
Historien de la Franche-Comté, il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la musique et les traditions populaires franc-comtoises ainsi que de deux traités sur la libre-pensée, le Petit Catéchisme populaire du libre-penseur et le Petit Manuel des esprits forts.
Engagements féministes
Dès 1886, il adhère à la Société pour l'amélioration du sort de la femme, puis assiste au Congrès des droits des femmes en 1889 et est convié à l'organisation du Congrès général des sociétés féministes de [1].
En 1894, à la chambre des députés, il est le président du premier Groupe parlementaire pour le droit des femmes, puis entre 1898 et 1903, vice président de la Société pour l'amélioration du sort de la femme et la revendication de ses droits, puis membre d'honneur de l'Union fraternelle des femmes à partir de 1904, en assistant également à des réunions de la Ligue française des droits des femmes[1]. En 1905, il propose une loi visant à supprimer l'incapacité légale de la femme mariée[1].
Lors de l'assemblée générale du Conseil national des femmes françaises en 1908, il prononce un discours en tant qu'invité d'honneur, et la même année, il est fait membre orateur du comité d'honneur du Congrès national des droits et du suffrage des femmes[1]. L'année suivante, lorsque le Groupe français d'études féministes s'ouvre aux hommes, il est élu à son comité[1]. En 1912, il propose une loi sur le régime de séparation des biens dans le mariage[1].
Apôtre de l'anticléricalisme, il est le fondateur de la Société pour la liberté des enterrements civils. Il s'est opposé aux votes des femmes dans un contexte où la majorité des députés socialistes et radicaux l'ont fait, par intérêt électoral puisque l'on considérait à l'époque que les femmes étaient sous influence religieuse et donc de droite.[réf. nécessaire]
Vie privée et mort
En 1868, il épouse Justine Collette (1850-1937) à Paris, fille du peintre et graveur Alexandre Collette.
Postérité
Une place de Besançon porte son nom.

Un Espace lui est dédié depuis le 24 Octobre 2015 à la source du Lison à Nans sous Sainte Anne.