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Charles Bedos

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Naissance
Nom de naissance
Charles Maurice BedosVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Charles Bedos
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Fonctions
Bâtonnier de l'ordre des avocats de Nîmes
-
Jean Vialat (d)
Robert Malavialle (d)
Conseiller municipal de Nîmes
-
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Charles Maurice BedosVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Conjoint
Alix Bedos (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Geneviève Bonfils-Bedos (d)
Anne-MarieVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Distinction

Charles Maurice Bedos est un avocat et résistant français.

Jeunesse

Né le à Naples, où son père est diplomate[1], Charles passe sa jeunesse à Nîmes où sa famille est venue s'installer, puis poursuit ses études à faculté de droit de Montpellier. Passionné par la musique, il gagne le premier prix du Conservatoire de piano à Nimes[2]. Étudiant brillant, il obtient un doctorat en lettres et en droit. ll prête serment comme avocat devant la Cour d’appel de Nîmes le et est inscrit au barreau de Nîmes, il acquiert, dès les années 1930, dans son cabinet du 6, rue Feuchères, « une très grande notoriété ». En 1925 il publie un commentaire juridique bien reçu, Le droit au bail et la propriété commerciale [3].

Parcours politique avant la guerre

Il entre aussi en politique en adhérant très jeune à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) au même moment que Louis Salle, libraire à Nîmes et futur membre du Comité départemental de Libération. En 1935, il est élu conseiller municipal[1] sur la liste du maire socialiste sortant Hubert Rouger[1]. En , les conseils généraux sont suspendus et les conseils municipaux sont nommés par Vichy.

Service militaire

Mobilisé en à Avignon, il est traducteur d'italien pour l'armée jusqu'à l'armistice. Démobilisé, il retourne à Nimes.

Résistance

De par ses convictions patriotiques et socialistes, il refuse la défaite, l'armistice, le régime de Vichy et la collaboration. Dans les affaires civiles concernant les Juifs et leurs biens, il met son talent et sa réputation au service d'une opposition systématique au Commissariat général aux questions Juives, répétant à la barre son indignation contre la législation antisémite et les spoliations. A partir de 1941, il partage ce combat avec Alix Jean qui devient son épouse en 1942. Dès cette époque, le couple est associé aux activités de la Résistance nîmoise, son domicile servant par exemple de boîte à lettres pour Marceau Bonnafoux et les membres de Combat[4]. Charles Bedos est l'avocat porte-parole de la Résistance ; dès les premières arrestations, il accepte de défendre de jeunes militants communistes, comme Henri Julien, incarcéré au fort Saint-Nicolas de Marseille en , n'hésitant pas à faire disparaître des dossiers des pièces compromettantes pour les patriotes. Selon le témoignage de Marius Sauze, en cas d'arrestation, le mot d'ordre des organisations clandestines est de désigner Me Bedos, de se confier à lui et de compter sur lui pour les liaisons avec l'extérieur.

Il accepte aussi de défendre les résistants de la première équipe Francs-tireurs et partisans français (FTPF) de la zone Sud jugés par la section spéciale de la cour d'appel de Nîmes, à partir du . Avec Maurice Delran à ses côtés, il prend la défense en 1943 des résistants Jean Robert pour attentats terroristes sur les voies ferrées Montpellier-Nîmes et Nîmes-Alès (, ), propagation des mots d'ordre de la IIIe Internationale communiste, transport illégal d'explosifs et armes à feu et destruction du pont tournant du dépôt de machines de la gare des Arènes et activité antinationale, et de Vincent Faïta, accusé d'avoir blessé un inspecteur de la sûreté, avoir porté illégalement une arme à feu en vue d'une activité communiste, fait usage d'un sceau de la mairie de Lyon 1er arrondissement et d'avoir exercé une activité interdite en vue de propager les mots d'ordre de la IIIe Internationale[5]. Malgré l’intervention courageuse de Maître Charles Bedos auprès du chef de l’État Francais Philippe Pétain et une demande de grâce, leur exécution fut maintenue. Maître Bedos assiste ainsi aux derniers moments de Jean Robert et Vincent Faïta guillotinés le dans la cour de la maison d’arrêt, au 1 boulevard des Arènes[6] et sauve leurs compagnons Louisette Sauze-Maurin, "Josette", Jean Casazza, Chabert et Maurel à la réclusion à vie[4]. Juge de paix suppléant, il est victime de l'épuration préfectorale et relevé de ses fonctions. Sa brillante et éloquente plaidoirie lors du procès fait de lui une cible aux yeux des adhérents du régime de Vichy. Il planifie et exécute des attaques contre les occupants. Un matin, maître Bedos dit à son épouse, Alix : « On a tué des Allemands hier, je vais sûrement être arrêté. Si je suis arrêté, tu cherches à venir me prendre les clés de la maison[2]. »

Arrêt et Déportation

Surveillé et dénoncé, il est arrêté par la Gestapo pour sa défense de résistants et ses activités clandestins en [2], avec neuf autres résistants dont Jean Gaubillac, Pierre Bousquet, Emilien Ronzas, Marcel Cabos, M. Bonnefoi et sa fille Mme Bonnecaze. Ils sont amenés au siège de la Gestapo, à Nimes, au 13, rue Gambetta, aujourd'hui boulevard Gambetta[7]. Son épouse ne l’apprend que par un message anonyme mis dans sa boîte aux lettres, l’informant qu’il partait pour « une destination inconnue »[8]. Alix Bedos forme un comité de soutien clandestin et regroupe les épouses et familles des personnes arrêtées. Elle effectue alors de nombreuses démarches et se rend à Vichy auprès de Paul Creyssel, ministre de l'Information du gouvernement et avocat de profession et rencontre le Hauptsturmführer Hugo Geissler, responsable SS de la Sicherheitspolizei (Sipo) et du Sicherheitsdienst (SD) à Vichy de la zone Sud. Elle ne peut empêcher l’internement de son mari à la prison Montluc sur les glacis du fort Montluc à Lyon mais est autorisée à le visiter. Charles Bedos est déporté via le camp de Royallieu à Mauthausen le [9],[2] avec le matricule 59548[10],[11] sous le décret Nuit et brouillard, Nacht und Nebel [12],[13].

Camps de concentration

Il travaille aux camps de concentration de Mauthausen, Melk (A.K.Me)[14] et camp de concentration d'Ebensee. À Mauthausen, il doit travailler dans la carrière de granite qui se trouvait à la base du terrible « escalier de la mort ». Les prisonniers devaient porter des blocs de pierre grossièrement taillés atteignant souvent 50 kg au sommet des 186 marches de l'escalier.

Le 27 aout 1944 il est transféré au Kommando de Melk, affecté à la construction d’une usine souterraine de roulements à billes pour l’entreprise Steyr-Daimler-Puch AG[15], où il est forcé de travailler au creusement de tunnels, mines, pelles, pioches. Le soir du , vers 21 h, les chefs de leur commando de travail trouvent à l’appel, que la discipline n’avait pas été suffisante et décident de punir les condamnés : ils leur ordonnent de se déshabiller, donnant des coups de Schlague pour accélérer. Bedos et ses camarades passent 8 heures dehors dans le froid, par – 6° à – 10°, paralysés et figés, jusqu’à 5 h du matin. Des dizaines de ses camarades perdent leurs vies[2].

En , il est transféré au Kommando d’Ebensee, un commando de travail forcé pour la construction de galeries souterraines géantes destinées à la recherche et au développement de la fusée intercontinentale Aggregat 9 (A)) et Aggregat 10 (A10)[16],[17],[18]. Sa santé s'y détériore rapidement à cause des mauvais traitements, du froid et de la sous-alimentation, et il contracte la tuberculose.

Le , le camp de Mauthausen est libéré par la 11e division blindée de la 3e armée américaine. À la libération des camps, les Américains donnent des tickets de nourriture et de réquisition. Maître Bedos prend alors un camion, réquisitionne un piano, le fait monter au camp et joue devant les rescapés, en hommage aux disparus[2].

Après la Seconde Guerre mondiale

Après la Libération, il revient de Mauthausen en [1]. Très affaibli par la tuberculose, il devient néanmoins président de la Fédération départementale des déportés et commence à recueillir des témoignages de déportés, de différents camps. Il en rencontre plus de 200, la plupart au 6, avenue Feuchères, dans son bureau d’avocat, également siège de la Fédération nationale des déportés[8]. Le , il prononce un discours remarqué dans les arènes de Nîmes devant 20 000 personnes[19],[20].

En 1946, candidat aux élections législatives, il est élu mais refuse finalement de siéger au profit de Paul Béchard[1]. Il quitte la SFIO en 1958[10], date à laquelle il devient bâtonnier de l'ordre des avocats de Nîmes (1958-1961).

Mort

Il meurt en 1966[1] à Montpellier.

Vie privée

Il se marie avec Alix Jean en 1942[21], issue d'une famille patriote ralliée au général de Gaulle, auditrice régulière de Radio Londres, directrice du comité clandéstin de soutien aux déportés jusqu'à la Libération.

Le , le préfet Paganelli demande à Alix Bedos de prendre la direction de la FNDP (Fédération nationale des déportés politiques), pour prendre en charge les déportés gardois de retour. Installées au 6 de l'avenue Feuchères, deux équipes, aidées par la Croix Rouge, se relaient pour accueillir les déportés. En 1957, Bedos fait un don de 5 000 francs pour le monument aux victimes de Mauthausen[22] élevé au cimetière du Père Lachaise à Paris[23]. Son épouse Alix, devenue après sa mort présidente du comité de quartier Feuchères[24], lui survit jusqu'en 2020[25],[26]. Ils ont ensemble deux filles, Geneviève[27] (1943-2025) et Anne-Marie (*1946). Une plaque à la mémoire de Charles Bedos, est apposée par le barreau de Nîmes en 2010 au Palais de Justice de Nîmes (Gard)[4].

Décorations

Références

Bibliographie

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