Charles Carpeaux

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Charles Carpeaux
Charles Carpeaux à Angkor vers fin 1901-1902 (Archives EFEO)
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Père
Mère
Fratrie
Charles Carpeaux à Mỹ Sơn en Annam (Archives EFEO)
Henri Parmentier et Charles Carpeaux 1903-1904 (Archives EFEO)

Charles Carpeaux né le à Paris et mort le à Saigon en Cochinchine est un architecte, photographe. Il est le fils ainé du sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux.

Après avoir travaillé au Musée Indochinois du Trocadéro, et s'être initié à la connaissance des sculptures khmère, il intègre l'École française d'Extrême-Orient et en devient membre en 1901. Puis, Charles Carpeaux part à Angkor (Cambodge)[1] en 1901 et 1902, puis en Annam à Dong Duong et dans le Sanctuaire de Mỹ Sơn puis il rejoint Angkor pour une mission de photographies complètes du Bayon.

Sa santé perturba fortement sa mission au point où il fut contraint de demander son rapatriement en France mais il mourra à Saïgon la veille de son départ, en attendant le bateau, à 34 ans. Il n'en demeure pas moins un pionnier de l'archéologie des sites Khmères et Cham en œuvrant avec passion pour le compte de l'EFEO[2].

Formation à l'Art Kmer et Cham

Jean-Baptiste Carpeaux - Portrait de Charles Carpeaux à trois ans - Musée des Beaux-Arts de la ville de Paris

Jean Alexandre Charles Louis Carpeaux né le à Paris[3], est le fils du célèbre sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux originaire de Valenciennes (1827-1875) dans la Nord de la France et de Amélie Clotilde de Montfort (1847-1908), fille du vicomte Philogène de Montfort, conseiller général de la Marne et général gouverneur du Palais du Luxembourg. Sa mère Amélie de Montfort fut le modèle de Jean-Baptiste Carpeaux pour sa sculpture la fiancée, et à l'âge de 42 ans, il en tombe amoureux et l'épouse en 1869, alors qu'elle a 22 ans. Charles Carpeaux est de santé fragile et le préféré de son père. Son père est excessivement jaloux vis à vis de son épouse et le couple finit par se séparer en 1874. En 1875, Jean-Baptiste Carpeaux décède d'un cancer alors que Charles n'a que 5 ans.

Charles Carpeaux s'initie très jeune aux techniques du moulage et contribue à la valorisation de l'œuvre de son père (La galerie Carpeaux, 1894 et 1895). Anecdote étonnante, soucieux de sauvegarder l’honneur de sa mère et l’image de sa famille il provoque un duel le avec un journaliste ayant calomnié sa mère en évoquant des accusations d’adultère qu'aurait formulé son père[4].

À la même époque, il est recruté comme assistant au musée de sculpture comparée[5] crée par Eugène Viollet-Leduc en 1879 et au musée indochinois du Trocadéro[6], où le conservateur Louis Delaporte a rassemblé les moulages et les sculptures khmères ramenés de ses précédentes expéditions. Entre 1894 et 1901, pendant sept ans, Charles Carpeaux y acquiert une connaissance très pointue sur les différentes statues sculptées sur les temples en étant capable d'en deviner les divinités qu'elles représentaient.

Membre de l'EFEO

Charles Carpeaux, inquiet sur son avenir et confronté à une situation familiale complexe (duel du ), bénéficie d'une recommandation d'Albert Sarraut (1872-1961) pour intégrer l'EFEO, dont il devient membre en .

Chargé de réaliser des photographies sous forme de vues stéréoscopiques sur plaque de verre, ainsi que des moulages des bas-reliefs les plus intéressants, Charles Carpeaux part au Cambodge rejoindre Henri Dufour à Angkor afin de le seconder dans le dégagement du Bayon ( à ). Il est très assidu et passionné, il observe attentivement les sculptures et les temples et retient admirablement en notant tout dans ses carnets, fait des croquis pour réaliser des moulages. Sa mère publiera toute sa production après son décès.

Divinité d'un templion de Dong Duong in situ, cliché pris pendant les fouilles d'Henri Parmentier et Charles Carpeaux en 1902 (photothèque EFEO, CAR00091, cliché Ch. Carpeaux)

Charles Carpeaux participe ensuite, avec un infatigable dévouement, aux côtés d'Henri Parmentier le chef archéologue de l'EFEO, à une mission éreintante de prospection en Annam (mars-), qui permet de relever une soixantaine de monuments et d'engager des campagnes de fouilles à Dong Duong et au Sanctuaire de My Son découvert par Camille Paris ().

Charles Carpeaux est ensuite nommé chef des travaux pratiques de l'EFEO ().

En , juste après le chantier du sanctuaire de My Son, il part retrouver Henri Dufour à Angkor, et enchaine pour prendre part à la couverture photographique complète des bas-reliefs du Bayon.

Cependant, au bout de deux mois, il ressent de fréquents malaises qui l'obligent à demander son rapatriement en France, et rejoint Saigon, afin de reprendre le bateau de retour. Mais il doit être ensuite hospitalisé puis est emporté en quelques jours par une nouvelle crise de dysenterie probablement compliquée de paludisme. Il meurt le à Saigon[7], il a alors seulement trente-quatre ans.

Reconnaissance en France

À l'occasion du retour en France de sa dépouille mortelle, une exposition est organisée à sa mémoire au Petit palais (). Trois ans plus tard en 1908, sa mère Amélie Carpeaux publie la biographie de son fils, Les ruines d'Angkor, de Duong-Duong et de My-Son[8], qui rassemble les lettres, le journal de route et les photographies prises au cours de son voyage en Asie[9]. Enfin, en , un cénotaphe est érigé près du Bayon par Henri Marchal, le 2e Conservateur des monuments d'Angkor.

Les ruines d'Angkor écrits de Charles Capreaux rassemblés par sa mère Mme JB Carpeaux

Ainsi, le décès précoce de maladie de Charles Carpeaux à 34 ans en 1904 est à rapprocher des morts précoces comme celle de Henri Mouhot (1826-1861) à 34 ans de maladie, puis, le meurtre de Prosper Odend'hal (1867-1904) à 37 ans et celle de Jean Commaille (1868-1916) à 48 ans, le Premier Conservateur d'Angkor, assassiné pour lui dérober la paie de ses ouvriers dans l'hagiographie de la nouvelle institution de l'École française d'Extrême Orient.

L'aura de son nom est inscrit auprès de ceux qui furent les pionniers des sites archéologiques et qui ont contribué à la renaissance des magnifiques monuments sacrés de l'Indochine.

Le Musée des Beaux-arts de Valenciennes, d'où son père sculpteur est originaire, a organisé une exposition en 2019-2020 consacrée à Charles Carpeaux et intitulée "Charles Carpeaux - L'Indochine révélée…". Cette exposition a été l'occasion de présenter son parcours, mais aussi ses photographies et ses moulages[10]. A cette occasion, une journée d'étude a permis de mieux connaître la vie de Charles Carpeaux[11].

Ouvrages

Notes et références

Voir aussi

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