Charles Goruchon, né le à La Rochefoucauld[1] et mort le à Paris12e, est un officier français. En 1939-1940, il est capitaine et commandant du camp des Milles, alors camp d'internement de réfugiés allemands près d'Aix-en-Provence. Il est connu pour l'organisation du « Train de la Liberté » qui devait mener clandestinement une partie des réfugiés, qu'il ne voulait pas livrer aux nazis, à Bayonne d'où un bateau devait les conduire à Casablanca.
Appelé sous les drapeaux avec la classe 1911, il est affecté le au 161e régiment d'infanterie. Nommé sergent en 1916, sous-lieutenant en 1917, il devient lieutenant en au 110e régiment d'infanterie avant d'être finalement démobilisé le après quasiment sept années de service.
Commerçant chapelier à Clamart (Hauts-de-Seine) dans la vie civile, le capitaine de réserve Charles Goruchon est mobilisé le et nommé le commandant du 4e bataillon au 154erégiment régional en garnison à Privas. Le 154e deviendra successivement le 156e puis le 157e régiment régional de l'Ardèche.
Il a la charge, du au , du camp des Milles, situé près d'Aix-en-Provence[2], camp d'internement de ressortissants allemands dont certains fuyaient le nazisme. Les autorités françaises se méfiaient d'eux en raison de leur seule nationalité. Avec les quelques soldats sous ses ordres, ils aménagent comme ils le peuvent la briqueterie des Milles: couchages et latrines rudimentaires sont créés avec l'aide des internés. Les militaires et Charles Goruchon assurent la surveillance et la gestion du camp jusqu'à la défaite de 1940[3].
Charles Goruchon fait acte de résistance: il refuse de remettre aux autorités du Reich les réfugiés allemands internés dans le camp[4] et aide les volontaires (environ deux mille personnes) à fuir le dans le « train de la Liberté »[5],[6]. Cet épisode est mis en images par Sébastien Grall, en 1995, dans le film Les Milles, dans lequel le nom de Goruchon est modifié en Perrochon. Le train n'arriva jamais à destination; il fit demi-tour et les réfugiés qui n'avaient pas réussi à s'enfuir furent enfermés dans un camp de fortune à Saint-Nicolas-de-Campagnac (commune de Sainte-Anastasie), près de Nîmes.
En 1954, le capitaine Goruchon est élevé au grade d'officier de la Légion d'honneur.
↑Guy Marchot, Lettres des internés du Camps de Milles, Aix-en-Provence, Association philatélique du pays d'Aix, , 207p. (ISBN978-2-7466-4216-4), pp 25 27.