Charles Mourain de l'Herbaudière
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| Maire de Noirmoutier-en-l'Île | |
|---|---|
| - | |
Alexandre-Antoine de La Rue de Francy (d) | |
| Sénéchal Bouin | |
| - |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 58 ans) Les Sables-d'Olonne |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Père |
Pierre Mourain des Bouchauds (notaire, procureur royal) |
| Mère |
Marie Bonnin |
| Conjoint |
Elisabeth Victoire Jacobsen (insurgée royaliste) |
| Parentèle |
Charles Mourain de Sourdeval (petit-fils) Pierre Mourain |
| Religion |
|---|
Charles Mourain de l'Herbaudière, né le à Sallertaine et mort le aux Sables-d'Olonne[1], est un homme politique français ainsi qu'un rebelle royaliste actif au début de la Guerre de Vendée.
Jeunesse et éducation
Par son père Pierre Mourain des Bouchauds, Charles descend d'une famille bourgeoise installée depuis le XIVe siècle en Vendée. L'ancêtre Mourain étant à l'origine de cette branche est Stephen of Moore, soldat anglais ayant été envoyé par son père en France pour combattre lors de la Guerre de Cent Ans. Ayant été vaincu à la bataille de Chizé du , Stephen of Moore refuse de retourner en Angleterre et trouve refuge chez Jacques Baraillon, riche bourgeois de Saint-Jean-de-Monts. Ce dernier l'engage alors comme assistant pour gérer ses affaires et finit même par donner la main de sa fille en récompense de son travail[2]. Dès lors, la famille des Mourain entretient des possessions foncières et/ou des charges à responsabilités qui lui permet de s'implanter durablement dans l'élite locale. Charles Mourain de l'Herbaudière passe donc la première partie de sa jeunesse dans un certain confort de vie, son père étant notaire royal de Sallertaine et procureur à La Garnache. Aux alentours de sa majorité (25 ans pour les hommes à l'époque), il part étudier à l'université de Poitiers, où il décroche ensuite sa licence en Droit canon et Droit civil le [1].
Carrière administrative
Cette licence permet ensuite à Charles Mourain de l'Herbaudière de se rapprocher des élites dirigeant la généralité de Poitiers. Il est ainsi rapidement choisi comme subdélégué par Paul Esprit Marie de La Bourdonnaye, l'intendant de la ville, avec la spécialité de la charge des îles de Noirmoutier et de Bouin[3]. Alternant ses résidences sur les deux îles, il y fréquente notamment la bourgeoisie de Noirmoutier et se lie d'amitié avec la famille Jacobsen. Le membre éminent de cette dernière, Cornil Guislain Jacobsen, est un riche propriétaire ayant fortement encouragé la production agricole de l'île après avoir sauvé Noirmoutier de la disette en 1755. Le mariage qui est donc organisé avec sa fille Elisabeth Victoire Jacobsen, le [4], est le fruit d'une alliance entre la bourgeoisie des villes incarnée par Charles Mourain de l'Herbaudière et celle des campagnes incarnée par les Jacobsen. Pour autant, il est intéressant de constater qu'aucune terre n'est cédée en dot par Cornil Guislain Jacobsen à son gendre[5].
Le , Louis XVI succède à son père qui avait acheté Noirmoutier à Louis V Joseph de Bourbon-Condé pour 1 700 000 livres en 1767. Soucieux de préserver les privilèges de cette île vendéenne, souvent qualifiée d'étrangère[6], Charles Mourain de l'Herbaudière écrit une lettre à l'intendant datée du [3]. En effet, comme à chaque nouvel avènement royal, il est de coutume pour les différentes parties de provinces de faire remonter au roi successeur les demandes de maintien des privilèges locaux. Surtout que, dans le cas de Noirmoutier, l'absorption au domaine royal avait été synonyme de réduction sensible des différences de traitement entre l'île et le reste de la province.
Cependant, à partir de 1776, il quitte les îles pour administrer le domaine familial à Sallertaine alors que son père est de plus en plus âgé, il est alors avocat au Parlement de Paris depuis 1773[7]. Son père meurt le au lieu-dit des Bouchauds[8], hameau de la famille, là où Charles Mourain de l'Herbaudière revient s'installer. Après la naissance de son huitième enfant, en 1784, il retourne enfin s'installer à Noirmoutier. Probablement dans l'espoir d'accéder à la petite noblesse, il achète, aux environs de 1789 et à l'aide du pécule qu'il a pu engranger de sa gestion de ses domaines et de ses rentes, la charge très onéreuse de conseiller-secrétaire du Roi, Maison, Couronne de France[1].
Période révolutionnaire
La Révolution française qui débute le met cependant fin à cet hypothétique projet, notamment avec l'abolition des privilèges féodaux actée le 4 août de la même année. Sans pour autant le priver des avantages de ses possessions, Charles Mourain abandonne sa particule de l'Herbaudière peut-être par méfiance des réactions de certains des plus actifs révolutionnaires locaux contre lui. Pourtant, aux débuts de la Révolution, il n'est pas un opposant absolu et cherche plutôt à tirer profit de cette nouvelle situation en cherchant à gagner en influence. Il arrive donc à se faire nommer maire de Noirmoutier et co-signe, en , avec d'autres vendéens, une lettre destinée à l'Assemblée Nationale critiquant le choix de Fontenay-le-Comte comme chef-lieu du nouveau département de la Vendée, préférant Les Sables-d'Olonne[9]. Plus étonnant encore, il accepte, en 1791, d'être envoyé comme expert pour faire l'inventaire des biens des établissements ecclésiastiques dans le district de Challans[10]. De plus, le de la même année, à l'Abbaye Saint-Philibert de Noirmoutier, il prononce un discours à l'attention des prêtres ayant fait serment : « Votre patriotisme, Messieurs, nous est assez connu au Conseil général de cette Municipalité et paroisse, pour croire que les principes de la Religion le fortifient encore de plus en plus. La dernière instruction décrétée par l'Assemblée Nationale le 21 janvier dernier et sanctionnée par le Roy le 26 du même mois est une preuve bien convaincante que la Religion catholique, apostolique et romaine sera maintenue et conservée moyennant la grâce de Dieu. C'est ce que nous espérons et nous faisons les mêmes vœux que le clergé de France[11]. »
Pourtant, catholique pratiquant, les attaques répétées contre l'Église qui surviennent après l'exécution de Louis XVI le vont faire basculer Charles Mourain dans le camp royaliste anti-républicain. Il participe dès ses débuts à la Guerre de Vendée, en , notamment le 19 avec la prise relativement aisée de Noirmoutier. Le mois suivant, le , les troupes républicaines reprennent l'île et Charles Mourain est probablement blessé lors de la défense[1]. Après la pacification de Noirmoutier par les révolutionnaires, il est destitué et est remplacé par Alexandre-Antoine de La Rue de Francy, originaire de Conches-en-Ouche. Noirmoutier étant une place stratégique pour chercher des soutiens anti-révolutionnaires à l'étranger, elle y a vu passer quelques figures de la révolte comme le général Charette ou Maurice d'Elbée.
Au procès qui se déroule alors le aux Sables d'Olonne, il est accusé de révolte et est condamné à la peine capitale. Son exécution se déroule le soir du avec onze autres insurgés sur le Remblai, proche de la prison (l'actuel palais de justice)[1],[12].
Notes et références
- 1 2 3 4 5 Filleau, H. (s. d.). Dictionnaire historique, biographique et généalogique des familles de l’ancien Poitou. Tome 2., lire en ligne sur Gallica
- ↑ J.-X. Carré de Busserolle (1866). Armorial général de la Touraine ; précédé d’une notice sur les ordonnances, édits, déclarations et règlements relatifs aux armoiries avant 1789. Tome 19, lire en ligne sur Gallica
- 1 2 Annuaire départemental de la Société d’émulation de la Vendée. (1861), lire en ligne sur Gallica
- ↑ « Registre de Noirmoutier - Etat civil. (1771) », Archives de la Vendée.
- ↑ « Favreul », Archives de Vendée
- ↑ BOUHIER, C. (2002). Grand événement en 1767, le Roi a acheté l’île ! Pourquoi ? Que va-t-il en faire ? (Lettre Aux Amis éd., Vol. 126). Les Amis de l’île de Noirmoutier.
- ↑ En 1772, sur l'acte de baptême de son premier enfant, il n'est pas fait mention de son statut d'avocat, contrairement aux suivants.
- ↑ « MAZEROLLE. (1782). Registre d’état-civil - Sallertaine. », Archives de la Vendée.
- ↑ Ch-L. Chassin, La Préparation de la Guerre de Vendée, 1789-1793, t. 1, Paris, Imp Paul Dupont, coll. « Etudes documentaires sur la révolution française. », , 540 p. (lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Amis de l’Ile de Noirmoutier : 21 E - Don La Motte-Jacobsen (abbaye de la Blanche à Noirmoutier, XIIIe s.-1820). (s. d.) »
- ↑ Dr. Julien Rousseau, « Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée : Le clergé vendéen sous la révolution - Noirmoutier », Archives départementales de la Vendée, , p. 19-37 (lire en ligne)
- ↑ « Ouvrard, J.-H. (1793). Registre d’État-civil - Les Sables-d’Olonne. », Archives de la Vendée (consulté le )