Charles Rivière Hérard
homme politique haïtien
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Charles Hérard dit Rivière Hérard, également connu sous le nom de Charles Hérard Aîné, né le à Port-Salut et mort le à Kingston, est un militaire haïtien de la guerre d'indépendance d'Haïti qui fut président de la République d’Haïti entre 1843 et 1844.
(gouvernement provisoire)
(comité révolutionnaire)
| Charles Rivière Hérard | |
Portrait de Charles Rivière Hérard. | |
| Fonctions | |
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| 4e président de la République d'Haïti | |
| – (3 mois et 29 jours) |
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| Élection | |
| Prédécesseur | Lui-même (gouvernement provisoire) |
| Successeur | Philippe Guerrier |
| Président du gouvernement provisoire de la République d’Haïti[1] | |
| – (9 mois) |
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| Prédécesseur | Lui-même (comité révolutionnaire) |
| Successeur | Lui-même (président de la république) |
| Chef du comité exécutif populaire et révolutionnaire d’Haïti | |
| – (21 jours) |
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| Prédécesseur | Jean-Pierre Boyer (président à vie d’Haïti) |
| Successeur | Lui-même (président du gouvernement provisoire) |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Charles Hérard |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Port-Salut, Saint-Domingue |
| Date de décès | (à 61 ans) |
| Lieu de décès | Kingston, Jamaïque |
| Profession | Militaire (général de division) |
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| Présidents de la République d'Haïti | |
| modifier |
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D’abord fidèle à Jean-Pierre Boyer, il devient l’un de ses principaux opposants et participe à plusieurs conspirations, dont celle de Praslin qui aboutit à la révolution de 1843, qui chasse Boyer du pouvoir. Alors que les boyeristes tentent de faire proclamer le « dauphin » de Boyer, le général Borgella, comme nouveau chef de l’État, les forces armées du Sud réclament une assemblée constituante. Devenu chef du gouvernement provisoire, Hérard fait adopter une nouvelle constitution qui met fin à la présidence à vie[1] avant d’être élu président de la République et investit en .
Dès le début de son mandat, il doit faire face à des troubles politiques notamment avec les débuts de la guerre d'indépendance dominicaine, qui est l'un des principaux événements marquants de son administration. Tentant de conserver l'île d'Hispaniola unifiée, il prend la tête d'une nouvelle armée, dite « l'armée souffrante », qui est battue par les indépendantistes dominicains. En Haïti, son pouvoir est contesté par l'armée et certains parlementaires, représentée par son ancien allié et ministre, Philippe Guerrier, qui prend la tête de l’opposition qui procède à la destitution d’Hérard le . L’ex-président est alors exilé en Jamaïque, et tente à trois reprises de revenir en Haïti mais sans succès.
Biographie
Carrière militaire
Charles Hérard, surnommé Rivière, est né à Port-Salut le . Il est le fils du général Charles Hérard, membre du conseil d’État sous Dessalines, et de Marie Peronne[2]. On sait peu de chose de son enfance, sauf qu'il s'est battu avec son père, du côté des révolutionnaires contre les Français lors de la guerre d'indépendance d'Haïti, sous les ordres du général François Capois. Après l'échec de l'expédition française de Saint-Domingue, il intégra l'armée impériale. Avec la mort de Dessalines en 1806, il est contraint de se retirer à la frontière espagnole de Saint-Domingue avant de prêter serment à la république d'Alexandre Pétion. Sous le règne du dictateur Jean-Pierre Boyer, il prête serment au nouvel homme fort de l’île et le sert fidèlement. Il se fait discret et commande quelques bataillons dans la partie Est de l'île (future République dominicaine).
Accession au pouvoir
En 1842, Charles Rivière Hérard conduit un mouvement insurrectionnel à partir du Manifeste de Praslin du . Cette révolte partie du village de Praslin près de la ville des Cayes, se répand dans le pays et débouche sur une véritable révolution. Elle finit par renverser Jean-Pierre Boyer en . Celui-ci part pour l'exil en France où il meurt. Le « dauphin » de Boyer, le général Jérôme-Maximilien Borgella, tente alors de s’emparer du pouvoir avec les quelques partisans boyeristes n’ayant pas pris la fuite. Mais les insurrections populaires dans les villes et les provinces poussent l’armée et le Sénat à écarter une succession boyeristes. Certains sénateurs réclament un retour à l’ancienne constitution républicaine de 1807. Hérard, favorable à une restauration de l’équilibre républicain, prend la tête d’un gouvernement provisoire, chargé de rédiger la nouvelle constitution, avec comme membres : son cousin Hérard Dumesle, Jean-Chrisostôme Imbert, Philippe Guerrier, Nolasque Segrettier, Jean-Louis Pierrot, Jean-Baptiste Riché, Fabre Geffrard et le général Voltaire.
Président de la République

Après l’adoption de la constitution, le parlement procède à l’élection du président de la République. Candidat ultra favori, Hérard est largement élu le , et investit le suivant pour un mandat de 7 ans. Dès son installation, il gouverne le pays en s’appuyant sur de nombreux délégués. Avec son cousin, Hérard Dumesle, il réforme les écoles militaires et fait réorganiser les systèmes de défense des ports et des grandes villes du pays. Dans la partie orientale, les Trinitaires, groupe indépendantiste dominicain, ont gagné la fidélité de deux régiments haïtiens composés de Dominicains de la ville de Saint-Domingue. Ils se sont levés dès le , apparemment pour soutenir Charles Hérard, qui menait alors la révolution contre Boyer. Connu comme "la réforme" ( La Reforma), les dominicains rebelles s'emparèrent de la capitale, Saint-Domingue, le , au nom de Hérard. Le mouvement a rapidement abandonné son prétexte de soutien à Hérard pour réclamer l'indépendance. Pendant ce temps, Hérard, qui souhaite rétablir un équilibre sur l’île, marche sur Saint-Domingue afin de rétablir l'ordre dans la partie dite espagnole. Il dans la capitale le , exécute les Dominicains opposés à l’union avec Haïti et en jette beaucoup d'autres en prison[3]. Le chef indépendantiste, Duarte prend la route de l’exil[4].
À son retour à Port-au-Prince, Hérard est acclamé par la population. Au même moment, Buenaventura Báez, un exportateur d'acajou et représentant de la partie espagnole au Sénat, négocie avec le consulat général de France l'établissement d'un protectorat français. Au cours d'une insurrection pour devancer Báez, les membres de La Trinitaria déclarent le , l'indépendance de la République dominicaine avec le soutien des Pères de la Patrie, Ramón Matías Mella et Francisco del Rosario Sánchez, héros de la guerre d'indépendance, ainsi que Juan Pablo Duarte alors encore en exil. Mais les militaires conduits par le général Pedro Santana, prennent le pouvoir après la prise de Saint-Domingue. Refusant de perdre la partie orientale, Hérard repart en campagne contre les Dominicains.
En , l’opposition parlementaire et militaire profite de l’absence d’Hérard et sa mauvaise gestion pour lancer une procédure de destitution. Philippe Guerrier, vétéran de la guerre d’indépendance et membre du gouvernement, est immédiatement élu pour lui succéder. Officiellement déchu de son mandat, Hérard, qui songeait à faire demi-tour avec son armée pour tenter de reprendre le pouvoir par la force, abandonne finalement le commandement de son armée, fait ses adieux à ses hommes et s’embarque pour la Jamaïque.
Derniers projets et mort
Peu après la déchéance de Rivière Hérard, ses partisans, les « hérardistes », regrettent amèrement le pouvoir. Enhardis par la caducité du nouveau président, le vieux Guerrier, ces derniers supplièrent Hérard de rentrer en Haïti, car, selon eux, tout était prêt pour une nouvelle révolution.
Hérard partit de Kingston le à bord d'une goélette battant pavillon colombien. « Le peuple m'appelle » disait-il aux exilés qui partageaient son voyage. Il tenta d’abord de débarquer à Jacmel mais les autorités de la ville, ayant à leur tête le général Geffrard, s'apprêtèrent immédiatement à le repousser. À Tiburon, à l'Anse d'Ainault et à Jérémie, l'attitude fut la même. Devant cet échec, Hérard retourna en Jamaïque, mais pour en repartir aussitôt le et débarquer à l'improviste à Grand-Gosier le . Les pêcheurs de la localité s'armèrent et le contraignirent à se rembarquer en tout hâte. Profondément déçu, Hérard reprit tristement la route de l'exil où il meurt à l'âge de 61 ans, le [5].