Philippe Guerrier

officier militaire et président d'Haïti (1757-1845) From Wikipedia, the free encyclopedia

Philippe Guerrier, né le à Grande-Rivière-du-Nord, Saint Domingue et mort le à Saint-Marc[1], était un officier et général de carrière ayant participé à la guerre d'indépendance d'Haïti, qui fut président de la République du à sa mort.

Élection
Faits en bref Fonctions, 5e président de la République d'Haïti ...
Philippe Guerrier
Illustration.
Portrait de Philippe Guerrier.
Fonctions
5e président de la République d'Haïti

(11 mois et 12 jours)
Élection
Prédécesseur Charles Rivière Hérard
Successeur Jean-Louis Pierrot
Ministre de la Guerre et de la Marine

(9 mois et 3 jours)
Président Charles Rivière Hérard
Prédécesseur André Laudun
Successeur Hérard Dumesle
Membre du Gouvernement provisoire d'Haïti

(9 mois)
Biographie
Nom de naissance Jean-Jacques Louis Philippe Guerrier
Date de naissance
Lieu de naissance Grande-Rivière-du-Nord (Saint-Domingue)
Date de décès (à 87 ans)
Lieu de décès Saint-Marc (Haïti)
Profession Général de division

Signature de Philippe Guerrier

Image illustrative de l’article Philippe Guerrier
Présidents de la République d’Haïti
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Compagnon d’armes de Dessalines, il devient un fidèle soutien de Henri Christophe, lors de la scission d'Haïti en deux régimes, durant laquelle il est élevé au rang de duc lorsque ce dernier devient roi en 1811. Après la chute de la monarchie et une longue période d'exil, il profite de la révolution de 1843 pour revenir sur le devant de la scène, en se ralliant au régime républicain. Il devint membre du gouvernement provisoire et entre au service du nouveau président élu, Rivière Hérard. Après la destitution de ce dernier par le parlement, il est élu pour lui succéder le , à l'âge de 86 ans, devenant ainsi le plus vieux chef d'État au monde au moment de son arrivée au pouvoir[2]. Il conserve le pouvoir jusqu'à sa mort le .

Lors de son entrée en fonction, il réussit à pacifier Haïti avec un programme de réconciliation nationale entre le Nord et le Sud. Son gouvernement établira le service postal même si les premiers timbres ne seront imprimés que sous le règne de Lysius Salomon.

Sous sa présidence, Guerrier donne également la priorité à l'éducation par la création de deux lycées portant son nom, l'un aux Cayes (1845) et le second à Cap-Haïtien (1848) ainsi qu'en exprimant la volonté d'établir au moins une école primaire dans chaque commune, financée par les fonds publics.

Carrière militaire

Né esclave, Philippe est affranchi dans les années 1780. Réputé pour son courage et sa rage, il prend comme nom celui de Guerrier, en référence à ses origines africaines. D'abord officier puis général de division de la jeune armée haïtienne, Guerrier finit par être un vétéran de la guerre d'indépendance.

Noble du Royaume du Nord sous le règne du roi Henri Christophe, il reçoit les titres de duc de l'Avancé et de comte de Mirebalais. Après la chute de la monarchie[3], il s'exile en Jamaïque, puis en Louisiane. Il revient à Haïti sous un faux nom en 1840. Lors de la révolution de 1843 et la chute du dictateur Jean-Pierre Boyer, bien qu'il soit âgé, il retourne dans l'armée avec son grade de général, rallie les républicains et rejoint le nouveau gouvernement présidé par Charles Rivière Hérard.

Il finit par soutenir l’opposition au président Hérard qui provoque sa destitution le 3 mai 1844. Le jour même, le parlement procède à l’élection de son successeur. Réputé pour sa sagesse et son absence d’ambition personnelle, il est élu président pour un mandat de 7 ans.

Président de la République

Le nouveau président

Portrait de Philippe Guerrier, publié par Thomas Madiou.

De la destitution de Rivière Hérard à l'avènement de Jean-Baptiste Riché, une nouvelle politique se met en place appelée « politique de doublure ». Elle consistait à porter au pouvoir un homme fort, comme des généraux, parmi les plus ignorants, pour que le gouvernement et le parlement soit dirigé en son nom par l'élite bourgeoise de la capitale.

Guerrier était un octogénaire remarquable par sa bravoure, doué d'un bon sens pratique qui le rendait conciliant, modéré par tempérament et adversaire des violences inutiles. Mais, avec l'âge, l'ancien commandant de Marmelade et duc de l'Avancé, avait l'habitude de boire immodérément et il était à peu près constamment ivre. Les parlementaires espéraient qu'il ne serait, entre leurs mains, qu'un comparse auquel ils feraient signer les décrets et ordonnances pendant la semi-inconscience de l'ivresse[4].

Soumission d'Acaau

L'accession de Guerrier à la présidence, le prestige de son nom et sa grande popularité dans l'armée procurèrent au pays un calme relatif. Le Nord, enthousiasmé ratifia le choix de Port-au-Prince. Dans le Sud, une délégation extraordinaire, composée du colonel Chardavoine, du capitaine André Thélémaque et du citoyen Étienne Salomon, désarma, par la persuasion et la distribution opportune de quelques fonctions militaires, les principaux ennemis du gouvernement. Le général Acaau seul parut hésiter, mais, abandonné par Jeannot Moline d'abord et Antoine Pierre, puis par Dugué Zamor et Augustin Cyprien, il se soumit. Installé par Salomon comme commandant de l'arrondissement des Cayes, Acaau afficha des velléités inquiétantes d'indépendance et il dut se rendre à la capitale pour comparaitre devant un conseil spécial militaire et, par ordre de Guerrier, résida en permanence à Saint-Marc[5].

Réformes politiques

Parmi les mesures administratives, il convient de noter l'établissement, grâce au ministre Jean de Paul, de la poste aux lettres mais également la création aux Cayes du Lycée Philippe Guerrier, et des encouragements aux vingt-quatre écoles de Port-au-Prince que fréquentaient neuf cent cinquante garçons et trois cent trente filles en 1845[4].

Conspiration de Rivière Hérard

Gravure représentant Philippe Guerrier.

Les hérardistes regrettaient amèrement le pouvoir. Enhardis par la caducité de Guerrier, ces derniers supplièrent Rivière Hérard de rentrer, car, selon eux, tout était prêt pour une nouvelle révolution.

Hérard partit de Kingston le 29 mars 1845 à bord d'une goélette battant pavillon colombien. « Le peuple m'appelle » disait-il aux exilés qui partageaient son voyage. Il tenta de débarquer à Jacmel mais les autorités de la ville, ayant à leur tête le général Geffrard, s'apprêtèrent immédiatement à le repousser. À Tiburon, à l'Anse d'Ainault et à Jérémie, l'attitude fut la même. Devant cet échec, Hérard retourna en Jamaïque, mais pour en repartir aussitôt le 8 avril et débarquer à l'improviste à Grand-Gosier le 19 avril. Les pêcheurs de la localité s'armèrent et le contraignirent à se rembarquer en tout hâte. Profondément déçu, Hérard reprit tristement la route de l'exil[4].

Derniers actes et mort

On procéda à de nombreuses arrestations à Jérémie, aux Cayes, à Léogâne et à Port-au-Prince. Le 12 avril 1845, un arrêté présidentiel mit tout le pays en état de siège, et institua des conseils spéciaux militaires pour juger les complices de Rivière Hérard. Mesure de rigueur dont Guerrier n'est point responsable car il ne savait plus ce qu'il signait. Usé par l'âge et la maladie (alcoolisme), il meurt trois jours plus-tard, le 15 avril. Ses funérailles solennelles furent célébrées à Saint-Marc, le 26 avril seulement, sous la présidence de Jean-Louis Pierrot, son successeur. On transporta ensuite ses restes le 2 mai 1845 au fort Lasource, voisin de la ville de Dessalines.

Notes et références

Liens externes

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