Charles Washetine
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Charles Washetine est un homme politique français, né sur l'île de Maré (Nouvelle-Calédonie) le . Kanak, il milite pour l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie en partenariat avec la France.
Dans un premier temps enseignant de 1985 à 1989, il reprend ses études en Métropole et obtient un DEA en sociologie de l'éducation à l'Université Michel de Montaigne - Bordeaux 3 en 1991 avec pour sujet de mémoire le « parcours scolaire des bacheliers mélanésiens »[1]. Il est alors membre d'une équipe de recherche auprès de l'ORSTOM en Nouvelle-Calédonie. En 1998, il devient un temps le chef du service de la Formation professionnelle de la Province des Îles Loyauté ainsi que directeur du centre culturel Yeiwéné Yeiwéné à Maré. Spécialiste des questions d'éducation et de formation professionnelle essentiellement des populations mélanésiennes, il sera l'un des principaux acteurs de la mise en place du projet « 400 cadres » prévu par les Accords de Matignon.
Le militant indépendantiste
Cadre de la Province des Îles, il est très tôt membre du FLNKS et en son sein du Palika qui incarne l'aile la plus à gauche du parti indépendantiste.
Il n'est arrivé toutefois sur le devant de la scène politique que lors des premières élections provinciales qui font suite à l'Accord de Nouméa, le . Lors de ce scrutin, il mène la liste UNI dissidente (essentiellement Palika) de la liste principale du FLNKS. Sa liste obtient alors 2 élus sur 14 à l'Assemblée de la Province des Îles Loyauté, dont Charles Washetine qui devient aussi membre du Congrès. Les élections dans cette province étant annulées par un arrêt du Conseil d'État du [2], il mène à nouveau une liste UNI qui obtient à nouveau 2 élus, le .
Au Congrès, il est élu 3e vice-président du bureau le , et le il devient président de la Commission de la Législation et de la Règlementation générales.
Mais il doit surtout son ascension à sa fidélité au président du Palika, Paul Néaoutyine, dans l'opposition parfois frontale que celui-ci a alors au début des années 2000 avec l'autre composante majeure du FLNKS, l'UC. Charles Washetine devient ainsi porte-parole du Palika et beaucoup le voient alors comme un potentiel successeur du chef du parti.
Lors des élections provinciales du , il laisse la tête de la liste de l'UNI, qui constitue désormais une coalition au sein du FLNKS de toutes ses composantes à l'exception de l'UC, dans la province des Îles Loyauté au maire d'Ouvéa Boniface Ounou et, du fait de la parité, il se retrouve donc à la 3e place de cette liste. Celle-ci n'obtient alors, comme en 1999, que 2 sièges à l'Assemblée de Province et donc Charles Washetine n'est pas élu. Il se retrouve toutefois à la deuxième position de la liste UNI-FLNKS menée par Déwé Gorodey pour la composition du gouvernement local, le . Il a sans cesse été reconduit tout au long de la mandature 2004-2009 dans l'exécutif local, chargé de l'Enseignement et des Questions relatives à la Recherche. Il est notamment chargé de finaliser la préparation des programmes pour l'école primaire publique, initiée par un Colloque de l'enseignement en 2000 : ils sont adoptés par le Congrès le , appliqués à partir de la rentrée 2006 et officiellement présentés aux enseignants par Charles Washetine le [3]. Le , il présente également les nouveaux manuels d'histoire et de géographie pour le primaire[4].
Le , il est désigné lors de la convention du FLNKS à Koné candidat unique du front indépendantiste (c'est la première fois que les quatre composantes se sont mis d'accord sur une candidature unique aux législatives) dans la 1re circonscription (à savoir Nouméa et les Îles Loyauté) lors des législatives de 2007. N'ayant aucune chance d'être élu dans une circonscription largement dominée par le bastion anti-indépendantiste qu'est Nouméa (où Jacques Lafleur, le chef historique du mouvement politique opposé à l'indépendance, fut élu au 1er tour à chaque élection depuis 1988 à l'exception de celles de 2002 qui ont vu s'opposer au second tour deux candidats anti-indépendantistes), il est toutefois le premier candidat indépendantiste à se qualifier pour le second tour d'une élection législative dans cette circonscription depuis sa création en 1988. Néanmoins, il est largement devancé au 1er tour par le candidat du Rassemblement-UMP Gaël Yanno, avec 15,78 % des suffrages exprimés (5 846 voix) contre 30,89 % (et 11 445 suffrages) à son adversaire anti-indépendantiste. Il a également largement bénéficié alors de la division de l'autre grand parti hostile à l'accès à la souveraineté de l'île, l'Avenir ensemble, dont l'électorat s'est dispersé entre deux candidats (Didier Leroux, investi par l'UDF-MoDem, et Philippe Gomès, président de l'Assemblée de la Province Sud et candidat officiel de l'Avenir ensemble) dont les scores cumulés atteignirent 10 539 voix soit 28,45 %. Ces derniers, ainsi que deux autres candidats anti-indépendantistes (dont le député sortant Jacques Lafleur), appelèrent alors à voter au second tour pour Gaël Yanno tandis que Charles Washetine n'obtient que le ralliement du candidat syndicaliste et altermondialiste Louis Kotra Uregei. Il est donc largement battu au 2e tour avec 11 891 voix et 30,79 % des suffrages, contre 26 732 votes et 69,21 % à Gaël Yanno qui est élu député.
N'étant plus présent sur la liste UNI aux îles Loyauté pour les élections provinciales du , il n'est pas non plus avancé sur la liste de son parti pour faire partie du nouveau gouvernement issu de ce scrutin. Cependant, après l'annulation des résultats de ces élections provinciales par le Conseil d'État dès le suivant et l'organisation d'un nouveau scrutin le , il reprend la première place sur une liste entièrement Palika[5]. Avec 1 216 voix et 8,65 % des suffrages exprimés, il arrive en cinquième et avant-dernière position, pour aucun élu, en raison de nombreuses candidatures dissidentes du parti présentes sur d'autres listes. Il reste toutefois présent sur le devant de la scène politique, conservant le poste de porte-parole du Palika et tentant alors de remobiliser sa base militante après sa perte de vitesse aux provinciales, notamment dans les Îles mais aussi dans le Sud[6].
De nouveau candidat en tête de la liste Palika aux provinciales du aux Loyauté, il réalise cette fois un bon score, arrivant troisième avec 2 053 voix (15,06 %) pour deux sièges de conseillers provinciaux sur 14 dont un également élu au Congrès. Charles Washetine revient ainsi dans ces deux institutions qu'il avait quittées dix ans auparavant, devient le 1er vice-président de l'Assemblée de la Province des îles Loyauté (secondant alors le président UC reconduit de cette collectivité, Néko Hnepeune) de 2014 à 2019 et prend la présidence de la commission de l'enseignement et de la culture du Congrès de 2015 à 2019. Il contribue d'ailleurs à l'élaboration et à l'adoption, avec la membre du gouvernement chargée de ces questions Hélène Iekawé, du « Projet éducatif » adopté en 2016 pour servir de « colonne vertébrale » au système scolaire néo-calédonien dans son ensemble[7]. De plus, il est de nouveau candidat dans la 1re circonscription aux élections législatives de 2017, mais, n'ayant cette fois-ci que l'investiture de l'UNI (l'Union calédonienne ayant décidé de boycotter ce scrutin), il est battu dès le premier tour, arrivant en 5e position pour 2 820 voix et 10,1 % des suffrages. Il fait également partie des principaux animateurs de la campagne du FLNKS pour le « oui » au premier référendum sur l'indépendance prévu par l'accord de Nouméa qui se tient le [8],[9],[10] et qui se solde par une victoire du « non » à 56,67 %[11].
Il est réélu pour un troisième mandat lors des provinciales du , toujours en tant que tête de liste du Palika qui obtient alors le meilleur résultat dans les Îles Loyauté de toute son histoire, avec 2 970 suffrages (21,24 %) et 4 sièges sur 14, dont 2 au Congrès. Il laisse la 1re vice-présidence de l'assemblée provinciale à un de ses colistiers, Robert Kapoeri, mais Charles Washetine reste le chef du groupe dans cette institution. Au Congrès, il devient membre de la commission permanente (qui siège durant les intersessions). Il est un défenseur de l'accord de Bougival.
Notes et références
- ↑ Mention du diplôme de Charles Washetine sur le site de la société des Océanistes
- ↑ - 195_arret_15_mai_2000.pdf Arrêté du Conseil d'État du 15 mai 2000
- ↑ « Le destin commun au programme de l’école primaire », Les Nouvelles Calédoniennes, 13/03/2006
- ↑ « La Calédonie entre dans l’histoire », Les Nouvelles Calédoniennes, 24/02/2007
- ↑ P. CH., « Six listes pour quatorze sièges aux Loyauté », Les Nouvelles Calédoniennes, 16/11/2009
- ↑ « Le Palika cherche un nouveau souffle à Lifou », Les Nouvelles calédoniennes, 12 novembre 2010.
- ↑ C. Maingourd, « Demain, une école calédonienne », Demain en Nouvelle-Calédonie, 21 janvier 2016.
- ↑ M. Sp., « Gouvernement contre indépendance-association propose le Palika », DNC.nc, 16 novembre 2017, consulté le 4 décembre 2025.
- ↑ Julien Sartre, « Malgré la «loi du nombre», le FLNKS en campagne pour le référendum », Mediapart, 2 juillet 2018, consulté le 4 décembre 2025.
- ↑ AFP, « A 5 jours du référendum en Nouvelle-Calédonie, ultimes meetings des deux camps », Le Point.fr, 30 octobre 2018, consulté le 4 décembre 2025.
- ↑ Magazine Marianne (Rédaction), « Référendum : la Nouvelle-Calédonie décide de rester française », Marianne.net, 4 novembre 2018, consulté le 4 décembre 2025.
Voir aussi
Articles connexes
- Front de libération nationale kanak et socialiste
- Union nationale pour l'indépendance
- Palika
- Paul Néaoutyine
- Quatrième gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
- Cinquième Gouvernement de Nouvelle-Calédonie
- Sixième Gouvernement de Nouvelle-Calédonie
- Septième Gouvernement de Nouvelle-Calédonie